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Émission 166 - Lévitique 4.35-5.11

Diffusé le 14 août 2012 - ::

Chapitre 4

Verset 35

Je suis dans le chapitre 4 du Lévitique où il est répété, suite à l'offrande d'un sacrifice : Il lui sera pardonné. Il y a beaucoup de passages du Nouveau Testament qui affirment directement ou par déduction, mais toujours très catégoriquement, que c'est par Jésus-Christ seulement que je peux obtenir le pardon et la vie éternelle. J'en cite deux :

C'est en Jésus-Christ seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n'a jamais donné le nom d'aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés. En Christ, parce qu'il s'est offert en sacrifice, nous avons été délivrés et nous avons reçu le pardon de nos fautes. Dieu a ainsi manifesté sa grâce dans toute sa richesse (Actes 4.12 ; Éphésiens 1.7).

La raison est que Jésus seul était parfaitement saint, sans aucune tache, et que c'est encore Lui seul qui a porté les péchés, c'est-à-dire que tout le mal que contient l'humanité depuis la rébellion initiale de nos premiers parents a été placé sur ses épaules. Un texte du Nouveau Testament précise que Dieu était en Christ, et j'ajouterais en personne d'autre, réconciliant le genre humain avec lui-même, en ne leur attribuant pas leurs offenses (2Corinthiens 5.19). Tout cela est quelque peu mystérieux, mais c'est l'enseignement que nous donne le Nouveau Testament. Non seulement la vie éternelle ne se trouve qu'en la personne de Jésus-Christ, mais réciproquement, c'est aussi par son intermédiaire que se fera le jugement de toute la terre et de tout homme. Je cite là encore un passage du Nouveau Testament :

Aujourd'hui, Dieu annonce à tous, et partout, que les hommes doivent se repentir, car Il a fixé un jour où Il jugera le monde entier en toute justice, par un homme qu'Il a désigné pour cela, ce dont Il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant d'entre les morts (Actes 17.30-31).

Quand l'apôtre Paul a prêché cette vérité en plein centre d'Athènes, les citoyens philosophes se sont moqués de lui. Certes, chacun est libre de lui rire au nez. Malheureusement, le fameux dicton suivant est tout à fait de mise : Rira bien qui rira le dernier !

Chapitre 6

Versets 17-20

Pour en revenir au livre du Lévitique, une partie du chapitre 6 donne des détails supplémentaires concernant le sacrifice d'expiation que je viens de couvrir dans le chapitre 4. Je vais donc les parcourir rapidement. Je commence à lire :

L'Éternel parla à Moïse en ces termes : Dis à Aaron et à ses fils : Voici la loi concernant le sacrifice pour le péché : la victime pour ce sacrifice sera égorgée devant l'Éternel au même endroit que l'holocauste. C'est une chose très sainte. Le prêtre qui officie pour ce sacrifice la mangera ; il le fera dans un lieu saint, dans le parvis de la tente de la Rencontre. Quiconque entrera en contact avec la viande de ce sacrifice sera sacré. Si du sang gicle sur un vêtement, tu le laveras à l'endroit taché dans un lieu saint (Lévitique 6.17-20).

Je vais saisir cette occasion pour faire la distinction entre ce qui est qualifié de « saint » ou sacré par opposition à « très saint ». À première vue, il semble que Dieu est très tatillon et coupe les cheveux en quatre. Dans un sens, c'est vrai, mais je rappelle qu'un de ses objectifs est pédagogique. L'Israélite — et par extension tout homme — doit apprendre ce que ça veut dire quand Dieu dit : Je suis saint. Je peux comprendre des notions comme la justice, l'amour, la bonté, le pardon, etc. Mais la sainteté est un concept qui m'est totalement étranger. C'est la raison pour laquelle le texte donne tant de détails barbants et répétitifs concernant la sainteté.

Je vais juste donner une vue d'ensemble rapide de la portion du chapitre 6. Sont qualifiées de Choses très saintes, les offrandes qui entrent en contact immédiat avec Dieu et qui acquièrent ainsi une sainteté supérieure. C'est là un point essentiel et ça semble évident. Le sang des victimes qui servaient à l'expiation des fautes était tellement saint que pas une goutte ne devait entrer en contact avec quelque chose ou quelqu'un de profane. Seuls les prêtres pouvaient laver leur vêtement taché. Cela n'était pas permis à leur femme ou à un autre Israélite. Sont qualifiés de « très saint » dans les Textes Sacrés : les 12 pains sur la table à l'intérieur du sanctuaire ; le parfum, qui était offert sur l'autel du même nom ; les victimes des sacrifices d'expiation et les autres offrandes, lorsqu'une partie était consacrée sur l'autel de bronze dans la cour extérieure au sanctuaire, les holocaustes très certainement, bien que cela ne soit pas indiqué.

Les choses très saintes ne pouvaient être mangées que par des prêtres sacrificateurs en état de pureté rituelle, et cela, en un lieu consacré dans le parvis autour du tabernacle. Simplement saintes sont les offrandes qui n'entrent pas en contact aussi direct avec Dieu, par exemple les sacrifices d'actions de grâces, les premiers-nés du bétail, les prémices de tous les produits, les offrandes monnayables, ainsi que les dîmes, et enfin ce qui est rituellement consacré à Dieu. Tous les descendants d'Aaron, le premier grand-prêtre et frère de Moïse, hommes et femmes, pouvaient manger des choses simplement désignées comme saintes, à la condition d'être en état de pureté rituelle, et que ce fût en un lieu également mis à part pour Dieu ou pour le culte. Voilà, c'est tout ce que je dirai.

Versets 28-30

Je continue et finis le texte du chapitre 6, qui complète celui du chapitre 4 concernant les sacrifices d'expiations.

Si on fait cuire la viande du sacrifice dans un récipient de terre, on le brisera, si c'est dans une marmite en bronze qu'on la fait cuire, on la nettoiera, puis on la rincera à grande eau. Tous les hommes de la famille du prêtre pourront manger de cette viande ; c'est une chose très sainte. Toutefois, on ne mangera aucune viande d'un sacrifice pour le péché dont on doit porter du sang dans la tente de la Rencontre pour accomplir le rite d'expiation dans le sanctuaire. Elle sera brûlée au feu (Lévitique 6.28-30).

Ces prescriptions ont déjà été données et je les ai commentées à un moment ou à un autre.

Chapitre 5

Introduction

Nous voici arrivés au chapitre 5 du Lévitique. Nous continuons avec le sacrifice d'expiation et puis il y sera aussi question du sacrifice de réparation. Il n'est pas toujours évident de les distinguer l'un de l'autre. On peut y perdre son latin, car c'est plutôt complexe et ça se recoupe pas mal. Que ce soit le sacrifice d'expiation ou de réparation, tous deux sont un sacrifice d'animaux qui couvrait une faute. Pour l'Israélite moyen qui vivait à cette époque et qui était habitué à toute cette liturgie, tout ce cérémonial qui s'appelle lévitique, tout coulait de source, il comprenait parfaitement toutes les nuances subtiles entre les diverses offrandes. Cela faisait partie intégrante de sa culture à la fois sociale et religieuse.

Mais pour ceux d'entre nous qui sommes des gentils, terme technique qui veut dire non-Juifs, et détachés non seulement de cette culture, mais distant de 3 000 ans, c'est un défi que de comprendre et de suivre. L'intérêt à mes yeux c'est que j'y découvre la personne de l'Éternel, car même si les formes extérieures de ses exigences ont été modifiées puisque nous sommes dans la Nouvelle Alliance, les principes sont les mêmes. Dieu, Lui ne change pas. D'ailleurs, c'est ce qu'affirme un verset du Nouveau Testament que je cite :

Toute grâce excellente et tout don parfait descendent d'en haut, du Père des lumières, chez lequel il n'y a ni changement ni ombre de variation (Jacques 1.17).

Le texte nous donne une liste d'infractions qui ne sont pas exhaustives, mais qui servent d'exemples.

Verset 1

Je commence à lire.

Si, dans une procédure de justice, quelqu'un entend la formule d'adjuration et ne dit pas ce qu'il sait alors qu'il est témoin ou qu'il a vu ou appris quelque chose, il portera la responsabilité de sa faute (Lévitique 5.1).

Le début du chapitre va aborder trois cas particuliers où un Israélite a fauté par négligence, faiblesse ou légèreté, et qui peuvent être expiés par des sacrifices. Dans le premier exemple, le témoin d'un fait, après avoir entendu les menaces proférées contre quelqu'un, au lieu de témoigner, il va garder le silence, par timidité ou négligence, ou ne va pas dire tout ce qu'il a vu et tout ce qu'il sait. Cet homme se trouve par là sous le poids d'une faute. Ce n'est pas forcément un mensonge pur et dur, mais ce peut être raconter qu'une partie de ce qui est arrivé de manière à ce que celui qui l'entend soit trompé en comprenant toute autre chose que la vérité globale de l'événement en question. Dans une des épîtres du Nouveau Testament, il est dit :

Celui qui sait faire le bien et ne le fait pas, se rend coupable d'un péché (Jacques 4.17).

Cet homme, pour ne pas avoir fait ce qu'il aurait dû, est chargé de son manquement. Il reste dans un état de culpabilité tant que cette faute n'a pas été expiée. Il est évident qu'il ne s'agit pas ici d'un faux témoignage proprement dit, car celui-ci était puni de mort, ne pouvant être expié par un sacrifice. Jésus nous donne un excellent exemple des situations où on se doit de parler ou bien ne rien dire lorsqu'Il comparut devant la cour suprême juive qui cherchait par n'importe quel moyen à le faire condamner. Devant les inepties des faux témoins qui l'accusaient, il ne s'est pas défendu. Mais quand le grand-prêtre, le personnage le plus important de la nation d'Israël et le représentant de Dieu, lui a posé une question sous serment, alors Jésus a dit toute la vérité présente et future. Je lis le passage.

Alors le grand-prêtre se leva et demanda à Jésus : — Tu n'as rien à répondre aux témoignages qu'on vient de porter contre toi ? Jésus garda le silence. Alors le grand-prêtre reprit en disant : — Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous déclarer si tu es le Messie, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : — Tu l'as dit toi-même. De plus, je vous le déclare : À partir de maintenant, vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir en gloire sur les nuées du ciel (Matthieu 26.62-64).

Je continue le chapitre 5.

Si quelqu'un touche par inadvertance une chose rituellement impure, que ce soit le cadavre d'une bête sauvage ou domestique impure, ou celui d'un reptile impur, il deviendra lui-même impur et sera coupable. Si quelqu'un touche par mégarde une impureté humaine dont le contact rend impur, dès qu'il s'en rendra compte, il sera coupable (Lévitique 5.2-3).

C'est ici le second exemple de ce début de chapitre. Si l'on s'apercevait immédiatement de ces contacts, il suffisait de s'en purifier par des ablutions. Mais si l'on ne remarquait la chose que plus tard, ou si on l'omettait par négligence, par inadvertance ou par oubli, alors on devenait responsable d'une faute qu'il fallait expier par un sacrifice de culpabilité. Il y a dans ce cas quelque chose à faire pour se décharger non seulement de cette impureté, mais aussi de la responsabilité qu'on a contractée par le fait que l'on ne s'est pas purifié plus tôt. Pour ce qui est des bêtes domestiques, il y avait des animaux domestiques impurs, dont on ne devait pas manger, comme le cheval, le chien, etc. Mais les cadavres des animaux purs souillaient aussi, sauf bien sûr lorsqu'ils étaient immolés en vue d'un sacrifice à l'Éternel.

Verset 4

Je continue le texte.

Si quelqu'un s'est laissé aller de façon irréfléchie à prononcer un serment, qu'il lui fasse tort ou qu'il soit à son avantage, quel que puisse être ce serment, dès qu'il s'en rendra compte, il sera coupable (Lévitique 5.4).

C'est ici le troisième exemple qui nous est donné : des serments inconsidérés, des promesses employées d'une manière frivole et par légèreté des lèvres. Ce n'est pas la nature de l'acte auquel on s'est engagé qui rend coupable dans ce cas, mais la manière désinvolte dont on l'a fait, parce qu'elle témoigne d'un manque de respect envers Dieu : que quelqu'un me l'ait fait remarquer ou que je m'en sois aperçu moi-même, il y a culpabilité. Quelques fois, on promet de faire ceci ou cela, de rendre un livre ou un outil empruntés et puis le temps passe et l'oubli s'installe. Cela semble peu de chose, mais c'est un manquement à sa parole et moi qui parle, je suis tout aussi coupable que vous qui m'écoutez.

Versets 5-6

Je poursuis le texte.

Si donc quelqu'un se trouve en faute dans l'un de ces cas, il avouera son péché, et, comme réparation envers l'Éternel pour la faute qu'il a commise, il apportera une femelle de petit bétail, brebis ou chèvre, en sacrifice pour le péché. Le prêtre accomplira pour lui le rite d'expiation pour son péché (Lévitique 5.5-6).

La confession accompagnait tous les sacrifices d'expiation ou de culpabilité. Dans le fameux Sermon sur la Montagne, Jésus fait référence à ceux-ci lorsqu'il dit :

Si donc, au moment de présenter ton offrande devant l'autel, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis tu reviendras présenter ton offrande (Matthieu 5.23-24).

Dans ces cas, le coupable avouait d'abord sa faute et faisait réparation. Ensuite seulement il offrait le sacrifice demandé. Dans les sacrifices qui sont dits apaisants pour l'Éternel comme l'holocauste ou d'actions de grâces que nous verrons plus loin, il y avait l'immolation de l'animal sans confession spécifique.

Versets 7-10

Je continue le texte.

Si l'homme n'a pas les moyens de se procurer une brebis ou une chèvre, il apportera à l'Éternel, comme réparation pour son péché, deux tourterelles ou deux pigeonneaux ; l'un sera offert comme sacrifice pour le péché, l'autre comme holocauste. Il les apportera au prêtre qui offrira en premier lieu l'oiseau destiné au sacrifice pour le péché ; il lui rompra la nuque sans détacher complètement la tête, puis il fera l'aspersion du sang du sacrifice pour le péché sur la paroi de l'autel ; le reste du sang sera répandu sur le socle de l'autel. C'est un sacrifice pour le péché. Il offrira le second oiseau en holocauste selon la règle. Le prêtre accomplira ainsi pour cet homme le rite d'expiation pour sa faute, et il lui sera pardonné (Lévitique 5.7-10).

L'Éternel accorde des facilités à l'Israélite qui n'a pas les moyens de se procurer une tête de menu bétail, littéralement, dont la main n'atteint pas à ce qui est suffisant pour. Au lieu d'une brebis ou d'une chèvre, il peut offrir deux tourterelles ou deux pigeonneaux, l'une comme victime expiatoire, et l'autre comme holocauste. Alors, la question se pose : pourquoi toutes les deux n'étaient pas traitées de la même façon ? Parce que, dans le sacrifice d'expiation, on offre une vie pour une autre vie, et pas deux ou trois victimes.

Mais, d'autre part, une seule tourterelle ne suffisait pas aux deux conditions du sacrifice, c'est-à-dire, l'aspersion du sang et la combustion de la graisse. C'est pour cela qu'une seconde tourterelle devait fournir les morceaux de graisse. Quant à celle qui avait fourni le sang, elle était donnée au prêtre. On voit ici le soin avec lequel la Loi tenait compte de la position des pauvres, et en même temps la rigueur avec laquelle elle procédait dans ses moindres détails.

Versets 11-13

D'une manière générale, le pardon s'obtenait en échange d'une vie, que ce soit celle d'un taureau ou d'un petit oiseau à une exception près que je lis maintenant.

S'il n'a pas les moyens de se procurer deux tourterelles ou deux pigeonneaux, il apportera en offrande pour sa faute trois kilogrammes de fleur de farine, en guise de sacrifice pour le péché. Il n'y versera pas d'huile, il n'y ajoutera pas d'encens, car c'est un sacrifice pour le péché. Il l'apportera au prêtre, qui en prendra une pleine poignée pour servir de mémorial et la brûlera sur l'autel, sur les sacrifices et offrandes consumés par le feu qui appartiennent à l'Éternel. C'est un sacrifice pour le péché. Le prêtre accomplira ainsi le rite d'expiation pour la faute que cet homme a commise, dans l'un ou l'autre des cas énumérés, et il lui sera pardonné. Le reste sera pour le prêtre, comme dans le cas de l'offrande (Lévitique 5.11-13).

Pour les très grands pauvres, l'Éternel accorde encore davantage de facilités. L'huile et l'encens servaient à rendre hommage à Dieu. Or ici, il s'agit d'un sacrifice destiné à expier une faute, donc ces deux éléments sont absents. En conclusion de l'exposé sur le sacrifice d'expiation, on peut dire qu'il mérite bien son nom. C'est le premier nouveau sacrifice que la Loi de Moïse a ajouté à ceux qui étaient déjà en usage. Un tel rite convenait bien au moment où la double idée d'un Dieu saint et d'un peuple appelé à l'être également était solennellement proclamée.

Le rôle du sang est d'une part de satisfaire la justice de l'Éternel en ce qu'une victime sans défaut a donné sa vie pour couvrir celle d'un Israélite qui s'est souillé et, d'autre part, de montrer au coupable que Dieu a été irrité et qu'il en coûte le prix d'une vie d'enfreindre, même sans intention réfléchie, sa volonté sainte. Voilà de sombres paroles qui expliquent un rite tragique et cruel. Je préférerais de loin, bien sûr, que tous, riches et pauvres, puissent brûler de la farine au lieu d'immoler un animal. Malheureusement, c'était l'exception et non la règle.