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Émission 169 - Lévitique 7.21-8.1

Diffusé le 17 août 2012 - ::

Chapitre 7

Verset 21

Je suis dans le chapitre 7 du Lévitique, où il est question de règles rituelles, dont certaines d'hygiène et nettement d'avant-garde. Le peuple d'Israël, lorsqu'il reçut la loi, venait de sortir d'un long esclavage en Égypte et ne possédait pas une brillante culture. Dans ce pays, les connaissances médicales de l'époque étaient des plus rudimentaires comme l'atteste un papyrus qui s'appelle Ebers et qui date de 1552 av. J-C, l'époque approximative de la naissance de Moïse.

Donc, la médecine d'alors était pratiquement réduite à des potions magiques souvent nuisibles et dangereuses. Il s'agissait surtout d'une pharmacopée excrémentielle. En d'autres mots, on utilisait les excréments de crocodile, les fientes de gazelle, l'urine d'un petit garçon, le sang de vers, et le fumier d'âne sur certaines plaies. Il ne faut donc pas s'étonner, dans ces conditions, que la seule maladie décrite à la perfection fut le tétanos. Cette information provient d'un autre papyrus qui lui s'appelle Edwin Smith. Les préparations pharmaceutiques d'alors étaient composées de 12 à 15 ingrédients ; le spécialiste était roi et faisait, comme il l'entendait.

En ce temps-là, la médecine était divisée, de sorte que chaque praticien ne soignait qu'une affection. On ne savait pas bien sûr que les organes étaient connectés et fonctionnaient ensemble, et que la maladie pouvait s'étendre. Les Israélites, en recevant la loi, prirent conscience de l'unité de la personne humaine. En Europe, cette attitude synthétique de la vision de l'être n'apparaîtra qu'au 18e siècle. La Bible rapporte que Moïse était instruit dans toute la sagesse des Égyptiens. Cependant, il n'adopta aucune erreur de l'art médical de son temps.

Tout cet obscurantisme fait de potions et d'occultisme existait dans nos pays au Moyen-Âge et règne encore à l'heure actuelle. La loi de Moïse ne prescrit pas de remèdes spécifiques pour chaque maladie, mais est essentiellement de nature préventive. C'est bien dans les Textes Sacrés qu'on trouve le premier effort de l'institution d'une médecine d'avant-garde. D'où venait donc cette sagesse de Moïse ? La réponse est simple. Il s'agit bien sûr de prescriptions divines et non pas d'un produit de l'ingéniosité humaine. Si on admet l'inspiration des Écritures, c'est-à-dire que c'est Dieu qui en est l'auteur derrière la plume de l'écrivain, alors l'étude expérimentale des préceptes hygiéniques, que nous donne la loi, doit résister à toute vérification scientifique. Qu'en est-il donc ?

À part un lointain précurseur du 16e siècle du nom de Fracastor, qui décrivit en trois livres la contagion, les maladies contagieuses et leur traitement, cette notion de prévention demeura inconnue jusqu'à ce qu'elle soit mise en lumière par John Tyndall, Robert Koch, Joseph Lister et le savant français Louis Pasteur, qui expliqua la cause des fermentations en 1848. Joseph Lister en l'occurrence démontra que des germes nocifs contenus dans l'air étaient à l'origine de la suppuration des plaies. Dans son service, tout était passé au phénol et la mortalité tomba de 60 à 15 % en 1867.

En 1869, un dénommé Just Lucas-Champonnière réussit enfin à convaincre les chirurgiens parisiens ignorants et encore imprégnés de scepticisme de prendre en considération ces notions d'asepsie, de nettoyage des instruments et des mains. Mais au cours de la guerre de 1870, la réticence était toujours l'apanage de la plupart des chirurgiens qui traitaient les blessés. Toutes les blessures suppuraient, les septicémies causaient d'innombrables victimes et une amputation était à peu près équivalente à un arrêt de mort.

Ce n'est qu'en 1878 que l'origine des maladies infectieuses dues aux microbes fut découverte par Pasteur. Toutefois, le microscope avait été mis au point environ 200 ans auparavant, mais sans avoir altéré les mentalités obscurantistes de l'époque. En France, la déclaration des maladies infectieuses ne sera obligatoire qu'à partir de 1902. Mais des millénaires avant cette date, la loi de Moïse donnait des instructions précises à leur sujet, insistant sur l'importance du contact dans la transmission des maladies.

Versets 22-23

Je continue maintenant le texte du chapitre 7 du Lévitique en le résumant.

L'Éternel parla à Moïse en ces termes : — Dis aux Israélites : Vous ne mangerez pas de graisse de bœuf, de mouton, ni de chèvre (Lévitique 7.22-23).

Il s'agit de la graisse interne à l'animal et non de celle qui est attachée à la viande. Cette interdiction n'avait pas un motif hygiénique, mais elle provenait bien d'une défense religieuse. La graisse était la part de l'Éternel.

Versets 26-27

Je continue.

Nulle part où vous habiterez, vous ne consommerez aucun sang, que ce soit celui d'un oiseau ou d'un quadrupède. Si une personne consomme du sang, quel qu'il soit, elle sera retranchée de son peuple (Lévitique 7.26-27).

Le motif n'est pas hygiénique, mais religieux comme le spécifie le texte suivant que je cite :

Le sang, c'est la vie de toute créature. Et moi, je vous l'ai donné afin qu'il serve à accomplir sur l'autel le rite d'expiation pour votre vie. En effet c'est parce qu'il représente la vie que le sang sert d'expiation (Lévitique 17.11).

Versets 28-32

Le texte continue avec d'autres précisions concernant les sacrifices d'actions de grâces. Je continue en résumant.

L'Éternel parla à Moïse en ces termes : — Dis aux Israélites : Celui qui offre à l'Éternel un sacrifice de communion en apportera la part qu'il donne à l'Éternel. Il l'apportera de ses propres mains pour qu'elle soit consumée par le feu pour l'Éternel. Il apportera la graisse avec la poitrine de l'animal et il fera avec la poitrine le geste de présentation devant l'Éternel. Le prêtre brûlera la graisse sur l'autel ; quant à la poitrine, elle reviendra à Aaron et à ses fils. Vous donnerez aussi comme offrande au prêtre le gigot droit de vos sacrifices de communion (Lévitique 7.28-32).

L'Israélite doit présenter ce sacrifice comme quelque chose qu'il est heureux d'offrir à son Dieu. Il s'avançait portant les morceaux à offrir. Le prêtre plaçait alors ses mains sous les siennes et ils opéraient le geste de présentation. C'était un balancement horizontal d'avant en arrière, pour indiquer qu'il donnait ces parties à l'Éternel, et en même temps que Dieu les rendait en les cédant aux prêtres sacrificateurs, ses représentants.

Versets 36-38

Je finis le chapitre.

C'est là ce que l'Éternel ordonna aux Israélites de donner aux prêtres à partir du jour où ceux-ci reçoivent l'onction. C'est une règle en vigueur à perpétuité, pour toutes les générations. Telles sont les lois concernant l'holocauste, l'offrande, le sacrifice pour le péché, le sacrifice de réparation, celui de l'investiture et le sacrifice de communion. L'Éternel les a données à Moïse sur le mont Sinaï, le jour où il commanda aux Israélites de lui offrir leurs sacrifices et leurs offrandes dans le désert du Sinaï (Lévitique 7.36-38).

Ces derniers versets résument à grands traits tout ce que l'Éternel ordonna à Moïse sur les sacrifices et les offrandes végétales depuis la construction du tabernacle. Les deux derniers chapitres que je viens de traiter s'adressaient plus spécialement aux prêtres qui officiaient. En tant que représentants de l'Éternel, ils avaient droit aux choses saintes, c'est-à-dire à une part des sacrifices et des offrandes. En tant que représentant du peuple devant Dieu, le prêtre, en consommant ces aliments, prenait sur lui symboliquement la faute de l'adorateur, un rôle assumé par Jésus-Christ dans la Nouvelle Alliance sous laquelle nous vivons aujourd'hui.

Voilà terminée la première grande section du Lévitique qui couvrait les sacrifices. Avant de passer aux chapitres suivants qui expliquent le cérémonial de l'installation des prêtres, je voudrais faire une courte mise au point pour qu'on puisse se situer dans toutes ces offrandes que j'ai traitées.

L'Ancien Testament distingue deux espèces de fautes : celles qui sont appelées les péchés commis à main levée, et aussi les offenses, qui sont commises par erreur. C'est pour ces dernières seules que la loi institue des sacrifices destinés à les couvrir. Une transgression commise à main levée ne peut être expiée de la sorte, car il s'agit d'une faute capitale, une révolte déclarée qui rompt l'alliance avec Dieu. Elle tombe sous le coup des condamnations prévues par le Code pénal.

Cependant, nous voyons dans le livre des Psaumes et dans les déclarations des prophètes que Dieu peut décider quand il veut de les couvrir par un effet de sa miséricorde en accordant le pardon au pécheur repentant, et cela, avec ou sans châtiment, selon qu'il le trouve bon. Pour ce qui est des fautes commises par erreur, c'est le sang des victimes immolées qui est le moyen choisi par l'Éternel pour les couvrir. Il était appliqué autour de l'autel des sacrifices qui se trouve dans le parvis extérieur et parfois aussi à l'intérieur du sanctuaire, dans le Lieu saint au pied de l'autel d'or ou même dans le Lieu très-saint selon les situations.

Le Dieu trois fois saint voulait ainsi sauvegarder la vie d'un être coupable et indigne de paraître en sa présence. C'est Lui qui a choisi que le sang de la victime répandu en divers endroits serve à couvrir le péché et à protéger la vie de celui qui l'a commis. Ce sang d'un animal renferme ainsi une vie qui le rend capable de couvrir une autre vie. Et cela explique la raison pour laquelle la victime, avant d'être immolée, devait en général recevoir l'imposition des mains du coupable, accompagnée de la confession de la faute commise. Le coupable reconnaissait ainsi qu'il avait lui-même mérité la peine, et le sang de la victime consacrée remplaçait le sien.

On comprend quelle était l'intention de Dieu en instituant un tel moyen de pardon. Ce n'est pas qu'Il ait soif de sang, sinon il réclamerait tout simplement celui du coupable. Mais il voulait montrer que toute violation de sa loi est une atteinte à sa majesté souveraine et que s'il traitait le violateur à la rigueur du droit, il lui redemanderait sa vie. Ce sens du sacrifice était d'autant plus saisissant et poignant pour le coupable que c'était lui-même qui frappait de mort la victime. Il reconnaissait ainsi et, le plus solennellement possible, le droit de la sainteté divine offensée. Dieu ne pardonnait sous la loi qu'en sauvegardant les exigences de sa sainteté dans la conscience du pécheur.

De plus, tous les détails à l'infini qui font partie de tous les rituels ajoutent considérablement à la complexité des rites. Tout ce cérémonial qu'on peut trouver à juste titre très pesant a pour but de me faire comprendre combien mes fautes sont lourdes pour l'Éternel. Les sacrifices sanglants ne servaient pas uniquement à couvrir les offenses et le transgresseur, mais aussi le Tabernacle qui est la demeure de Dieu ainsi que les meubles qu'elle renferme. En effet, ceux-ci sont souillés par le contact des hommes pécheurs qui s'en approchent, ce qui fait qu'un hommage réparateur est dû à l'Éternel pour cette profanation ainsi que pour les violations qui portent atteinte à sa sainteté dans le cours de la vie quotidienne.

Il existait deux espèces de sacrifices avant la Loi de Moïse : l'holocauste d'une part, qui répondait au besoin de réconciliation et de consécration, et le sacrifice d'actions de grâces d'autre part, destiné à exprimer la reconnaissance de l'Israélite envers son bienfaiteur céleste pour ses bontés en général, ou pour quelque faveur particulière.

À ces sacrifices anciens, la Loi de Moïse en ajoute deux nouveaux, plus particulièrement en rapport avec le péché. Ce sont le sacrifice d'expiation et celui de réparation. Ils ont en vue la réconciliation et le pardon. Ces deux types de sacrifices adressent les deux aspects du péché.

  • La faute dirigée contre l'Éternel et qui est couverte par le sacrifice d'expiation.
  • Le sacrifice de réparation. quant à lui, corrige l'offense qui est une injustice portant atteinte au droit civil ou à la propriété d'une part du prochain comme dans les cas de tromperie, refus de reconnaître un dépôt, accusation fausse, etc., et d'autre part de Dieu en ne payant pas les dîmes et les prémices par exemple.

Voilà résumé tout ce que j'ai couvert jusqu'ici. D'accord, d'un côté c'est fastidieux, j'en conviens. Mais d'un autre, quel admirable ensemble que ce cérémonial des sacrifices israélites ! Il répondait à tous égards aux besoins de l'Israélite dans ses relations diverses avec son Dieu. L'inviolabilité de la sainteté divine ressortait de tous les détails d'un pareil culte. La grâce divine éclatait en même temps dans l'institution de tous ces moyens multiples de couvrir le péché, tout en le condamnant, et de ramener à Dieu l'Israélite qui s'égarait.

Ce cérémonial complexe était idéal pour préparer ce peuple à la grande manifestation de grâce et de sainteté en la personne du Messie qui allait venir. Tous ces rites préfiguraient le Fils de Dieu, parfaitement saint, et qui, reconnaissant les droits de Dieu et acceptant librement de subir toutes les conséquences du mal, s'immolerait lui-même sur la croix pour effacer le péché du monde et donner ainsi accès au pardon tous ceux qui le voudraient, ce qu'affirme résolument le Nouveau Testament duquel je tire le passage suivant :

Ainsi donc, frères, nous avons l'assurance d'un libre accès au sanctuaire par le sang de Jésus, accès que Jésus a inauguré pour nous comme un chemin nouveau et vivant au travers du voile, c'est-à-dire de sa chair (Hébreux 10.19-20).

Chapitre 8

Introduction

Nous voici maintenant arrivés au chapitre 8 du livre du Lévitique. Nous abordons une section tout à fait différente. Nous laissons derrière nous l'autel de bronze des sacrifices et nous allons vers ceux qui vont officier le culte que les Israélites doivent rendre à l'Éternel. Ce chapitre va exposer le cérémonial nécessaire à l'installation des prêtres. En réalité, ce livre du Lévitique est d'abord écrit pour les Lévites, la tribu qui était chargée du démontage, transport et montage du tabernacle ainsi que de tous les objets du culte. À l'origine, l'Éternel voulait que tout le peuple d'Israël soit une nation de prêtres comme le dit ce passage du livre de l'Exode que je cite :

Maintenant, si vous m'obéissez et si vous restez fidèles à mon alliance, vous serez pour moi un peuple précieux parmi tous les peuples, bien que toute la terre m'appartienne. Mais vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres, une nation sainte (Exode 19.5-6).

Malheureusement, il y eut le fâcheux incident du veau d'or où idolâtrie et partouse se mêlèrent comme dans certains rites des plus païens. Cet événement changea tout. Une seule tribu fut désignée pour assurer le culte et un grand-prêtre fut choisi : Aaron, le frère de Moïse. Aujourd'hui, les vrais croyants, qui composent l'Église de Jésus-Christ, sont tous considérés comme prêtres selon l'enseignement du Nouveau Testament. Voici un passage qui l'affirme :

Mais vous, vous êtes une race élue, une communauté de rois-prêtres, une nation sainte, un peuple que Dieu a libéré pour que vous célébriez bien haut les œuvres merveilleuses de celui qui vous a appelés à passer des ténèbres à son admirable lumière (1Pierre 2.9).

Jésus-Christ, quant à lui, est le grand-prêtre des chrétiens et il exerce un ministère en leur faveur dans les cieux. Je cite un texte du Nouveau Testament :

Nous avons bien un grand-prêtre qui siège dans le ciel à la droite du trône du Dieu suprême. Il y accomplit le service du grand-prêtre dans le sanctuaire, c'est-à-dire dans le véritable tabernacle, dressé non par des hommes, mais par le Seigneur. Maintenant, c'est un service bien supérieur qui a été confié à notre grand-prêtre car il est le médiateur d'une alliance bien meilleure fondée sur de meilleures promesses (Hébreux 8.1, 2, 6).

Un prêtre, selon les Textes Sacrés, c'est quelqu'un qui représente l'homme devant Dieu. Son rôle est l'inverse de celui du prophète qui est envoyé par Dieu auprès du peuple pour agir et parler en son nom. Jésus-Christ est d'abord venu sur terre et a fonctionné en tant que prophète. Il était le doigt, la bouche de l'Éternel. Il est devenu prêtre en s'offrant lui-même comme sacrifice. Maintenant, il est le grand-prêtre qui représente devant Dieu tous ceux qui lui ont fait confiance. Je lis un passage du Nouveau Testament à ce propos :

Car ce n'est pas dans un sanctuaire construit par des hommes, simple image du véritable, que le Christ est entré : c'est dans le ciel même, afin de se présenter maintenant devant Dieu pour nous (Hébreux 9.24).

Le tabernacle des Israélites était entouré d'un parvis où se trouvait entre autres l'autel de bronze des sacrifices. Ce périmètre symbolisait le monde ici-bas tandis que l'autel préfigurait la croix. Le sanctuaire, la partie intérieure du tabernacle, représentait le troisième ciel, la demeure de l'Éternel. Le Lieu très saint en est l'endroit où en ce moment même, où je vous parle, Jésus-Christ siège en Grand Maître de l'univers.