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Diffusé le 21 août 2012 - ::
Je commence à lire le chapitre 9 du livre du Lévitique :
Le huitième jour, Moïse appela Aaron et ses fils et les responsables d'Israël. Il dit à Aaron : — Prends un jeune veau pour le sacrifice pour le péché et un bélier pour l'holocauste, tous deux sans défaut. Tu les offriras devant l'Éternel (Lévitique 9.1-2).
La semaine de consécration est accomplie. Au premier jour de la nouvelle semaine, Aaron et ses fils entrent en fonction par une cérémonie d'inauguration particulièrement solennelle, comprenant trois sacrifices pour Aaron, ses fils et la nation d'Israël, et trois spécialement pour le peuple, mais de telle sorte que les troisièmes des deux séries soient confondus en un seul. Chaque série comprend un sacrifice d'expiation, un holocauste et un sacrifice d'actions de grâces. Ces nouvelles immolations d'animaux sont là pour rappeler constamment que les prêtres eux-mêmes sont entachés par le péché et qu'il est toujours nécessaire d'offrir une victime au moment de s'approcher du Dieu saint.
Dans les cultes païens, tout tendait à relever l'ordre sacerdotal à un niveau céleste et à maintenir une barrière de béton entre la caste des prêtres et le bas peuple. Dans le culte israélite, les officiants consacrés sont confondus avec le peuple dans une humiliation commune. L'Éternel seul apparaît comme saint. Jésus a Lui aussi commencé son ministère de grand-prêtre un dimanche, le jour de sa résurrection et le premier jour d'une nouvelle semaine. Mais bien sûr, Il n'a pas eu besoin d'offrir de nouveaux sacrifices, car le sien reste valable pour l'éternité en faveur de tous ceux qui lui font confiance.
Je continue le texte.
Puis tu diras aux Israélites : « Prenez un bouc destiné au sacrifice pour le péché, un veau et un agneau sans défaut, dans sa première année, pour l'holocauste, un taureau et un bélier qui seront immolés devant l'Éternel en sacrifice de communion accompagnés d'offrande de farine pétrie à l'huile ; car aujourd'hui l'Éternel vous apparaîtra. » Ils amenèrent devant la tente de la Rencontre tout ce que Moïse avait énuméré. Toute la communauté s'approcha et se tint debout devant l'Éternel. Moïse dit : — Voici ce que l'Éternel vous ordonne ; faites-le, et la gloire de l'Éternel vous apparaîtra (Lévitique 9.3-6).
Tout compte fait, cela fait très peu de victimes, et surtout peu de viande à manger pour le repas qui doit suivre. Le sacrifice d'actions de grâces se compose seulement d'un taureau et d'un bélier. Comparé avec les grands jours de fête, c'est la disette. La raison est que ce jour n'est pas donné pour se réjouir ; c'est pourquoi aussi, même si les victimes sont peu abondantes, ces sacrifices n'en forment pas moins le cycle complet d'un culte destiné à préparer l'éclatante manifestation du bon plaisir de l'Éternel qui doit le couronner par l'apparition de sa gloire.
Je continue.
S'adressant à Aaron, il poursuivit : — Approche-toi de l'autel ; offre ton sacrifice pour le péché et ton holocauste, tu accompliras ainsi le rite d'expiation pour toi et pour le peuple ; offre aussi les sacrifices et les offrandes du peuple et accomplis le rite d'expiation pour lui, comme l'Éternel l'a ordonné. Aaron s'approcha de l'autel et il égorgea le veau de son sacrifice pour le péché. Ses fils lui présentèrent le sang de l'animal ; il y trempa son doigt et en appliqua sur les cornes de l'autel, puis il répandit le reste sur le socle de l'autel. Il brûla sur l'autel la graisse, les rognons et le lobe du foie de l'animal offert en sacrifice pour le péché, comme l'Éternel l'avait ordonné à Moïse. Il brûla sa viande et sa peau à l'extérieur du camp (Lévitique 9.7-11).
Ce premier sacrifice ne concerne qu'Aaron lui-même et les siens. Avant de s'approcher de l'Éternel au bénéfice de quelque Israélite, il doit d'abord régler son propre péché. L'imposition des mains est passée sous silence, mais elle s'entend d'elle-même. Les prêtres sacrificateurs ne pouvant manger une chair offerte pour expier leurs propres fautes, tout est brûlé. Suite à ce sacrifice, Aaron va offrir, toujours pour lui-même, un holocauste et ensuite seulement il entrera dans son rôle de médiateur entre l'Éternel et le peuple.
Je continue en simplifiant le texte.
Après cela, il offrit les sacrifices et les offrandes du peuple. Il prit le bouc et l'offrit pour expier le péché, puis l'holocauste (Lévitique 9.15).
Aaron offre d'abord un sacrifice d'expiation pour le peuple, puis un holocauste en plus de l'holocauste perpétuel du matin. Auparavant, c'est Moïse qui avait accompli ce rite durant la semaine de consécration. Mais ce matin-là, c'est Aaron qui l'offrit, débutant par là dans l'exercice de ses fonctions. Tous ces sacrifices interminables et pour le moins inefficaces, comme je l'ai déjà noté, préparent Israël et l'humanité au parfait sacrifice que le Christ offrira en lui-même.
Je continue toujours en résumant.
Il immola le taureau et le bélier en sacrifice de communion pour le peuple et Aaron brûla les graisses sur l'autel. Il fit avec les poitrines et le gigot droit le geste de présentation devant l'Éternel, comme Moïse l'avait ordonné (Lévitique 9.18-21).
Le sacrifice d'actions de grâces est offert à la fois pour les sacrificateurs et pour le peuple.
Je continue.
Puis Aaron leva ses mains vers le peuple et le bénit ; il redescendit de l'autel après avoir offert le sacrifice pour le péché, l'holocauste et le sacrifice de communion. Moïse et Aaron entrèrent dans la tente de la Rencontre et, en ressortant, bénirent le peuple (Lévitique 9.22-23).
Ce culte d'inauguration terminé, Aaron prononce pour la première fois sur le peuple la bénédiction sacerdotale qui est donnée dans un autre livre de Moïse et que je cite :
Que l'Éternel te bénisse et te protège ! Que l'Éternel te regarde avec bonté ! Et qu'il te fasse grâce ! Que l'Éternel veille sur toi et t'accorde la paix ! (Nombres 6.24-26).
C'était la première fois qu'Aaron entrait dans le sanctuaire comme souverain sacrificateur. Il prenait possession, sous les auspices de Moïse, de la Demeure sainte où il va désormais exercer son sacerdoce. Et lorsqu'il en ressort, sain et sauf, après cette première rencontre avec l'Éternel, qui habite invisiblement cette Demeure, le peuple peut comprendre qu'il a maintenant, en la personne d'Aaron, un médiateur agréé de Dieu et capable de s'approcher pour lui de cet Être parfaitement saint.
Je termine ce chapitre sur une note grandiose.
Alors la gloire de l'Éternel apparut à tout le peuple. Une flamme jaillit devant l'Éternel et consuma l'holocauste et les graisses sur l'autel. À cette vue, tout le peuple poussa des cris de joie et se jeta face contre terre (Lévitique 9.24).
Déjà, l'holocauste et les morceaux des autres sacrifices brûlaient sur l'autel de bronze. Mais cette flamme céleste qui apparut tout d'un coup consuma en un instant toutes ces offrandes. Cette manifestation est une sanction éclatante donnée par Dieu à tout le culte qui venait d'être inauguré. Cette approbation est le complément de celle qui avait eu lieu lors de l'inauguration du tabernacle rapportée dans le livre de l'Exode. Par celle-ci, l'Éternel avait montré qu'Il acceptait le sanctuaire érigé par Moise pour sa demeure et qu'Il y habiterait désormais au milieu de son peuple.
Par cette manifestation nouvelle, le jour de l'entrée en fonction des prêtres sacrificateurs, Dieu témoigne qu'il agrée le culte qui lui sera désormais rendu dans le Tabernacle ainsi que le sacerdoce exercé par Aaron et ses descendants, qui en auront la charge. Une nouvelle fois, je voudrais terminer ce chapitre en comparant le ministère d’Aaron à celui du Christ tel qu'il nous est donné dans l'Épître aux Hébreux du Nouveau Testament. Je lis le passage.
Jésus est entré dans le lieu très saint pour nous comme un précurseur, devenu souverain sacrificateur pour l'éternité et il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang. C'est ainsi qu'il (nous) a obtenu une rédemption éternelle (Hébreux 6.20 ; 9.12).
La suprématie du sacerdoce que Jésus-Christ exerce actuellement en faveur des croyants est absolument parfaite. Comparé avec l'Ancienne Alliance c'est le jour et la nuit.
Nous voici arrivés au chapitre 10 du Lévitique, un passage particulièrement tragique. Ce livre comporte peu de récits, il donne principalement des rituels, des règles et des lois, qui, comme nous l'avons vu, sont particulièrement complexes et exigeants. Mais toutes ces directives avaient un but très noble, celui de permettre à l'Israélite de s'approcher de son Créateur.
Ce chapitre est tout à fait différent des précédents, mais l'histoire qui nous est racontée donne froid dans le dos. Le récit est celui d'un acte arrogant de la part des deux fils aînés d'Aaron qui ont été consacrés prêtres. Cet événement constitue une autre tache dans l'histoire longue et sordide de la désobéissance constante de l'homme, de son obstination et de sa révolte contre son Créateur. Cet épisode survient, semble-t-il, à la fin du jour glorieux de la dédicace des membres du clergé qui ont reçu la charge du culte à rendre à l'Éternel. Après l'ivresse de la victoire survient une amère défaite.
À la lumière de tout l'enseignement que Dieu a donné au peuple d'Israël par l'intermédiaire de Moïse depuis leur sortie d'Égypte, l'attitude de ces deux hommes est difficile à comprendre. On se demande s'il ne s'agit pas du genre de révolte que les Écritures appellent : à main levée. L'Éternel avait bien spécifié :
Même les prêtres qui s'approchent de moi doivent se purifier, sous peine de voir l'Éternel décimer leurs rangs (Exode 19.22).
En d'autres mots, on ne pénètre pas dans la demeure du Dieu Tout-Puissant comme dans un moulin. Il y a tout un cérémonial précis à respecter. Comme nous l'avons déjà amplement vu, cette démarche sainte et sobre se fait à un certain moment, avec les habits appropriés, pour une raison donnée et après s'être purifié de toute souillure. Nous sommes dans un contexte de joie. Aaron et ses fils viennent d'entrer dans leur charge. Par la manifestation de sa gloire, l'Éternel venait de donner une sanction positive et éclatante au culte inauguré en ce jour. Malheureusement, Il va maintenant en donner une d'un tout autre genre, par le châtiment dont il frappe ceux qui se permettent de porter atteinte aux institutions cérémoniales qu'Il a établies.
Je commence à lire le chapitre 10.
Nadab et Abihou, deux des fils d'Aaron, prirent chacun son encensoir, y mirent des braises incandescentes sur lesquelles ils répandirent de l'encens. Ils présentèrent ainsi à l'Éternel un feu profane, en contradiction avec ce qui leur avait été ordonné (Lévitique 10.1).
Nadab et Abihu, les deux fils aînés d'Aaron, avaient eu l'honneur d'accompagner leur père et leur oncle Moïse au sommet du mont Sinaï, ce qui nous est raconté dans le livre de l'Exode. Étaient-ils quelque peu enflés d'orgueil depuis ce jour-là ? Leur première faute fut d'entrer dans le sanctuaire pour offrir ensemble du parfum sur l'autel, qui est devant le rideau qui sépare le Lieu saint du Lieu très saint. L'encensoir servait à faire brûler de l'encens en poudre que l'on répandait sur des braises. Un passage un peu plus loin semble indiquer que ces deux garçons avaient également pénétré dans le Lieu très saint. Je le lis :
L'Éternel parla à Moïse après la mort des deux fils d'Aaron qui périrent lorsqu'ils se présentèrent devant l'Éternel. Il lui dit : — Dis à ton frère Aaron de ne pas entrer à tout moment dans le sanctuaire au-delà du voile, devant le propitiatoire qui repose sur le coffre sacré afin qu'il n'encoure pas la mort ; car j'apparais dans la nuée au-dessus du propitiatoire (Lévitique 16.1-2).
Or le propitiatoire et le coffre sacré se trouvaient dans le Lieu très saint, où seul le grand-prêtre pouvait entrer une fois l'an, le Grand Jour des expiations aussi appelé Yom Kippour. En second lieu, et cela était particulièrement grave, ils apportèrent un feu profane quelconque, et non celui qui brûlait en permanence sur l'autel des holocaustes et qui était consacré, réservé à l'Éternel. En troisième lieu, ils firent ce rite à un moment qui n'était pas approprié. Ils ont pris une initiative des plus fâcheuses. Il semble qu'ils voulaient une répétition de ce qu'ils avaient vécu auparavant. Ils avaient bien aimé la manifestation grandiose de L'Éternel et désiraient jouir à nouveau d'un spectacle son et lumière. En quatrième lieu, ils étaient très certainement exaltés par les cérémonies de ce jour, dans lesquelles ils avaient joué un rôle considérable aux yeux de tout Israël : le péché d'orgueil donc. Ce n'est pas tout. Un peu plus loin dans ce chapitre, il est dit :
Ne bois ni vin, ni cervoise, ni toi, ni tes fils, quand vous entrerez dans la Tente d'assignation, de peur que vous ne mouriez (Lévitique 10.9).
Cela fait penser que les deux jeunes gens s'étaient sans doute laissé aller à la bouteille, et c'était en état d'ébriété qu'ils avaient commis cet acte d'outrecuidance et de légèreté.
Je continue le texte qui raconte le châtiment qu'ils encoururent.
Alors, une flamme jaillit de devant l'Éternel et les consuma ; ils périrent là devant l'Éternel (Lévitique 10.2).
Le même feu, qui a consacré l'autel, consume ceux qui ont manqué de respect envers Dieu et le sanctuaire. Il est fait allusion à cet événement tragique à plusieurs reprises par la suite dans les Textes Sacrés. Il y a même un petit passage du Nouveau Testament qui y fait lui aussi référence et qui dit :
Notre Dieu est un feu dévorant (Hébreux 12.29).
Que s'est-il exactement passé ? Par recoupements, voici les faits. Alors qu'ils s'approchaient de Dieu avec leur encensoir, ces deux prêtres ont dû voir quelque chose qui les a effrayés. Alors, ils sont sortis du sanctuaire en toute hâte et en reculant. Mais une fois dehors, dans le parvis extérieur, l'Éternel les a foudroyés, et leurs cadavres sont tombés sur place. Cela paraît sévère. Mais il faut garder à l'esprit que l'Éternel prend grande peine à enseigner ce que ça veut dire qu'Il est un Dieu saint. Il a expliqué en long, en large et en travers, si je peux me permettre cette expression, que pour s'approcher de Lui il fallait franchir un parcours d'obstacles en suivant certains rites précis et pas d'autres. Soit j'obéis, soit je subis les conséquences de ma rébellion.
Quitte à me répéter, je veux à nouveau souligner que l'Éternel n'est absolument pas assimilable à un papa gâteau qui se promènerait sur un petit nuage rose. Ça semble évident, mais en fait la majorité de nos contemporains traitent Dieu de cette manière et se croient tout permis. C'est bien dans le Nouveau Testament qu'il est dit :
Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi (Galates 6.7).
Dans le livre des Actes du Nouveau Testament, il y a une histoire un peu semblable à celle qui nous est racontée ici. Un couple commit une faute entièrement différente, mais le résultat fut le même. Tous deux, l'un après l'autre, mentirent effrontément aux apôtres dans le but de se faire admirer par les disciples. Le péché d'orgueil donc. Ils furent terrassés par Dieu comme les fils aînés d'Aaron.
Je continue le texte.
Moïse dit à Aaron : — Nous voyons se réaliser ce que l'Éternel a annoncé lorsqu'il a déclaré : « Ma sainteté doit être respectée par tous ceux qui s'approchent de moi, et je manifesterai ma gloire aux yeux de tout le peuple. » Aaron garda le silence (Lévitique 10.3).
Moïse s'empresse de prévenir une quelconque protestation qui allait peut-être s'élever du cœur et des lèvres d'Aaron. C'eut été compréhensible. Il vient de perdre d'un seul coup ses deux fils aînés. Dure ! Dure la journée ! Quand l'Éternel se choisit des serviteurs particuliers, sa sainteté doit infailliblement être manifestée en eux, soit par leurs actions, s'ils le servent fidèlement, soit par un châtiment éclatant, s'ils déshonorent la charge qui leur a été confiée. Seuls les prêtres sacrificateurs ont le droit de s'approcher de Dieu et de servir d'intermédiaires entre Lui et le peuple.
Dans tout cela, la conduite d'Aaron est remarquable. Il comprend que la moindre parole serait déplacée en face d'un événement aussi tragique où la main de l'Éternel s'est si fortement révélée, c'est pourquoi il se soumet entièrement à sa volonté. D'ailleurs, nous trouvons cette même attitude chez le Psalmiste lorsque lui aussi subit la punition divine. Je le cite :
Voici : je veux rester muet, ne plus ouvrir la bouche, car c'est toi qui agis. Détourne donc de moi tes coups, car je succombe sous les attaques de ta main. Pour corriger les hommes, tu les punis de leurs péchés, et tu détruis comme une teigne ce qu'ils ont de plus cher. Tout homme n'est qu'un souffle (Psaumes 39.9-11).
Cette contenance réservée d'Aaron est d'autant plus frappante que chez les Orientaux en deuil, les manifestations de la douleur sont particulièrement bruyantes. Il faut noter que le verbe hébreu : se taire, ne veut pas forcément dire garder le silence. Il signifie ne pas manifester de colère ni argumenter certes, mais il peut aussi être traduit par entonner une complainte, ce qui aurait été tout à fait approprié, car se lamenter n'est pas une protestation, mais l'expression d'un profond chagrin, ce qui est très fréquent tout au long des Textes Sacrés.