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Diffusé le 22 août 2012 - ::
Je suis dans le chapitre 10 du Lévitique. L'Éternel vient de frapper de mort les deux fils aînés du grand-prêtre Aaron à cause de leur action par laquelle ils Lui ont manqué de respect. Je continue le texte.
Moïse appela (Michaël et Eltsaphân), les fils (d'Ouzziel) de l'oncle d'Aaron. Il leur dit : — Venez, emportez de devant le sanctuaire, à l'extérieur du camp, ces hommes de votre parenté. Ils s'approchèrent et les emportèrent dans leurs tuniques à l'extérieur du camp, comme Moïse le leur avait ordonné (Lévitique 10.4-5).
Ce sont les cousins des victimes qui sont chargés de la tâche lugubre d'évacuer les corps. Les tuniques sacerdotales que portaient les deux coupables avaient été consacrées. Maintenant, elles étaient souillées par les cadavres de ceux qui les portaient et ne pouvant donc plus être transmises à d'autres, elles devraient être brûlées. Sans aucun doute, la nouvelle de ce jugement exemplaire s'est répandue dans le camp comme une traînée de poudre et a jeté la consternation parmi le peuple. Cet événement aussi tragique soit-il, est très pédagogique. Il enseigne la sainteté de Dieu et je reconnais que c'est dur à admettre. Un des prophètes de l'Ancien Testament, parlant au nom de l'Éternel concernant Israël, dit ceci :
Je vous ai choisis, et vous seuls, de toutes les familles de la terre, aussi vous châtierai-je pour toutes vos transgressions (Amos 3.2).
Je continue.
Moïse dit ensuite à Aaron et à ses fils Éléazar et Itamar : — Ne vous défaites pas les cheveux, ne vous déchirez pas les vêtements, pour ne pas mourir à votre tour et attirer la colère de Dieu sur toute l'assemblée. Ce sont tous vos frères israélites qui pleureront ceux que l'Éternel a brûlés par le feu. Mais vous, vous ne devez pas quitter l'entrée de la tente de la Rencontre, sinon vous mourrez, car vous avez été oints d'huile d'onction de l'Éternel. Aaron et ses fils obéirent à Moïse (Lévitique 10.6-7).
Les manifestations habituelles du deuil consistaient à défaire ses cheveux et à découdre la couture au niveau d'une épaule sur 10 à 20 cm. Ces gestes étaient strictement interdits au grand-prêtre, ce qui est clairement énoncé un peu plus loin dans le Lévitique. Je les lis :
Le prêtre qui a la prééminence sur les autres prêtres, sur la tête duquel a été répandue l'huile d'onction et qui a reçu sa charge pour porter les vêtements sacrés, ne décoiffera pas sa tête et ne déchirera pas ses vêtements. Il ne s'approchera d'aucun corps mort ; il ne se rendra même pas impur, pour son père ou sa mère. Il ne quittera pas le sanctuaire pour ne pas profaner le sanctuaire de son Dieu, car il a été consacré par l'huile d'onction de son Dieu. Je suis l'Éternel (Lévitique 21.10-12).
Si Aaron et ses fils avaient porté le deuil, cela les aurait rendus rituellement impurs et donc dans l'incapacité de rester dans l'enceinte du sanctuaire et d'exercer leur sacerdoce. Ils doivent donc s'en abstenir afin de pouvoir poursuivre les cérémonies en cours. D'autre part, une manifestation visible et bruyante de leur douleur aurait pu donner l'impression qu'ils réprouvaient l'action de l'Éternel. Or en tant que représentants et médiateurs du peuple, ils auraient attiré un jugement sur lui. En conséquence, ce sont les Israélites qui doivent porter le deuil, car alors, cette affliction n'aura rien qui ressemble à une révolte personnelle ; ce sera une douleur purement nationale et de circonstance.
Je continue le texte.
L'Éternel s'adressa à Aaron et lui dit : — Quand tu devras entrer dans la tente de la Rencontre, tu ne boiras ni vin, ni autre boisson fermentée. Cette règle est aussi valable pour tes descendants, afin de ne pas mourir. C'est une prescription en vigueur à perpétuité pour vous et pour toutes les générations. Car il faut que vous soyez en état de distinguer ce qui est saint de ce qui est profane, et ce qui est rituellement pur de ce qui est impur. Vous devez aussi être capables d'enseigner aux Israélites toutes les ordonnances que l'Éternel leur a données par Moïse (Lévitique 10.8-11).
En temps ordinaire, il n'était pas défendu aux prêtres de boire du vin, et c'est pourquoi Dieu ajoute : Quand tu devras entrer dans la tente de la Rencontre, donc pour effectuer leur service sacré, tu ne boirais pas de boisson fermentée. La cervoise était fabriquée avec du grain comme l'orge ou le millet, ou avec des pommes, des dattes, etc. Le point important est que le prêtre de service doit toujours posséder la lucidité nécessaire pour d'une part savoir appliquer les prescriptions légales relatives à la loi, et d'autre part être en mesure de se prononcer sur l'état de pureté rituelle des personnes et des objets. Il devait en tout temps pouvoir distinguer ce qui est saint et pur de ce qui est profane ou souillé. Le paragraphe suivant, que je ne lirai pas, répète les commandements concernant l'offrande végétale et le sacrifice d'actions de grâces en précisant à nouveau ce qui revient de droit aux prêtres et où ils peuvent le manger.
Je continue le texte.
Moïse s'informa de ce qu'était devenu le bouc offert en sacrifice pour le péché ; il découvrit qu'on l'avait brûlé. Alors il se fâcha contre Éléazar et Itamar, les fils qui restaient à Aaron, et leur demanda : — Pourquoi n'avez-vous pas mangé la viande du sacrifice pour le péché dans le lieu saint, puisque c'est une chose très sainte ? L'Éternel vous l'a donnée pour que vous vous chargiez des fautes de la communauté et que vous accomplissiez le rite d'expiation pour eux devant l'Éternel. Le sang de la victime n'a pas été porté à l'intérieur du sanctuaire, vous devez donc en manger la viande dans le lieu saint, comme je l'ai ordonné (Lévitique 10.16-18).
Voici un autre incident, mais bien moins tragique que le précédent. Les deux autres fils d'Aaron se rendent coupables d'un péché d'omission, mais ce n'était pas délibéré comme celui de leurs frères aînés. Donc, l'Éternel n'a rien dit. Par contre, Moïse se fâche. Mais il faut bien aussi avouer que tous les détails des rituels sont fort complexes et qu'il est très facile de faire une erreur surtout de la part de ces prêtres qui commencent tout juste leur sacerdoce.
Je finis le chapitre.
Aaron prit leur défense et dit à Moïse : — Voici, aujourd'hui même ils ont offert leur sacrifice pour le péché et leur holocauste devant l'Éternel et, cependant, il m'est arrivé ce que tu sais ! Si j'avais en un jour comme aujourd'hui mangé la viande du sacrifice pour le péché, l'Éternel l'aurait-il approuvé ? Moïse écouta ces raisons et les trouva bonnes (Lévitique 10.19-20).
Aaron reconnaît humblement le bien-fondé dans l'observation de Moïse. Mais il en appelle à la circonstance poignante qui a troublé la solennité de ce jour. Moïse se rend à ces raisons si légitimes. Il y a des cas où une loi supérieure intervient, et force à violer la lettre du code pour rester fidèle à une moralité d'une autre nature et d'un niveau supérieur. Jésus lui-même a enseigné ce principe aux religieux de son temps qui s'en tenaient à une observation stricte non seulement de la loi, mais aussi de toutes les prescriptions qu'ils y avaient eux-mêmes rajoutées. En parlant de l'observation du sabbat, Il leur a dit :
Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat (Marc 2.27).
En d'autres mots, l'Éternel a institué cette obligation comme toutes les autres, pour le bien de l'homme et non pas l'inverse. Dieu n'a pas créé l'homme afin que celui-ci respecte le sabbat ou la loi. Cela dit, tout le récit de ce chapitre souligne la nécessité de se conformer strictement aux ordres de l'Éternel, ce qui me conduit à la réflexion suivante. Si je veux m'approcher de Dieu, je dois le faire en fonction de ses critères, même aujourd'hui au 21e siècle, sinon je serais rejeté tout comme les fils aînés de Aaron. Cette affirmation sobre m'incite à rappeler ces fameuses paroles de Jésus :
Je suis le chemin, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi (Jean 14.6).
Nous voici au chapitre 11 du Lévitique, qui constitue un tournant radical dans les sujets traités. Nous passons des sacrifices et du sacerdoce des prêtres, à la nourriture prescrite aux Israélites. Il n'est plus question de culte et de l'adoration, mais de la vie quotidienne et en particulier ce qui va être au menu de la table israélite et ce qui ne doit pas y figurer. Il en ressort que l'Éternel aussi immense soit-il, se préoccupe de tout ce qui constitue ma vie, tous les détails de mon quotidien, ce qui remplit mon emploi du temps, l'heure à laquelle je me couche, tout l'intéresse.
On raconte l'histoire d'une petite dame qui vint poser une question à un fameux prédicateur du siècle passé.
Elle lui demanda : Pensez-vous, Monsieur le pasteur, que nous devrions prier concernant les petites choses de notre vie de tous les jours ?
Sur quoi, il lui répondit : Pouvez-vous me citer une seule chose dans votre vie qui ne soit pas petite au regard du Dieu de l'univers ?
Certes, j'ai tendance à diviser mes circonstances en petits ou grands problèmes, en décisions importantes et futiles. Dieu ne voit pas les choses ainsi, il veut participer à tout ce qui concerne ma vie.
D'ailleurs, le Nouveau Testament m'exhorte à tout confier et surtout mes soucis au Père céleste et à ne m'inquiéter de rien. Donc, l'Éternel va maintenant entrer dans le quotidien de son peuple puisque l'essentiel a été réglé. En effet, Israël possède les hommes chargés d'offrir en sa faveur les sacrifices et autres offrandes qui lui sont dus dans le culte à lui rendre.
Les ordonnances de ce chapitre portent sur certains animaux dont les Israélites ne doivent pas se nourrir, sur la maladie de la lèpre, une image si frappante du péché tout au long de l'Ancien Testament, sur ce qui a rapport à la naissance et à la propagation de l'espèce humaine. Le caractère des souillures contractées à ces diverses occasions est considéré plus ou moins important. Les unes s'attachent seulement aux personnes et aux vêtements ; les autres affectent même les ustensiles. Certaines durent jusqu'au soir alors que d'autres s'étendent sur une semaine, voire même bien davantage. Parfois, la seule fin de journée y met un terme sans aucun cérémonial ; d'autres fois, il faut un lavage rituel ou même un sacrifice. Tout comme la célébration du culte, cela est fort complexe. On se pose naturellement la question sur l'objectif visé par Dieu concernant ces règles de vie.
À première vue, ces lois sur les animaux purs et impurs ont un but hygiénique. En effet, il devait y avoir un certain avantage à suivre ce régime. Il se trouve que la viande qu'il était interdit de manger était dans la majorité des cas porteuse de parasites, qui se transmettent à l'homme. Je voudrais citer à ce sujet les propos du Dr Noël de Mussy adressés à l'Académie de médecine de Paris en 1885. Je lis : La question des maladies infectieuses et parasitaires semble avoir occupé considérablement l'esprit de Moïse et avoir dominé toutes ses règles d'hygiène. Il excluait du régime des Hébreux tout animal particulièrement sujet aux parasites ; et comme c'est dans le sang que les microbes et les spores des maladies infectieuses circulent, il ordonna de vider ces animaux de leur sang avant de les consommer comme nourriture. Donc, il y avait bien un élément santé qui dictait le choix de l'Éternel.
Bien sûr, Moïse ne savait pas cela, mais c'est Dieu qui est à l'origine de ces règles d'hygiène. Une autre raison pour laquelle certaines bêtes sont considérées impures est leurs mœurs répugnantes comme celles de certains oiseaux qui se nourrissent de charognes et celles des carnassiers qui s'abreuvent de sang. Par ailleurs, un grand nombre de ces animaux faisaient l'objet de l'idolâtrie des peuples avoisinants et leur servaient de nourriture lors de leurs rites païens. Le symbolisme religieux dans le choix de Dieu a donc aussi son importance. Le mobile hygiénique n'écarte en rien la raison spirituelle. Les deux sont présents.
À cause de leurs règles de vie, les Juifs d'Europe échappèrent presque complètement aux ravages de la peste, au point où cela suscita d'abord la méfiance à leur égard, puis la colère de leurs voisins survivants, qui les accusèrent d'avoir empoisonné les puits et les sources. En temps d'épidémie quelle qu'elle soit, le peuple d'Israël s'en est toujours mieux tiré que les autres justement à cause de leurs lois sur l'alimentation et sur les impuretés. Dans les hautes sphères de l'assurance-vie, on dit même, à ce qu'il paraît, que la vie d'un Juif vaut davantage que celle des autres groupes ethniques.
Si Dieu se souciait du corps physique dans l'Ancien Testament, il est également important dans l'enseignement du Nouveau Testament surtout au niveau spirituel. Ainsi, pour un croyant, il est considéré comme le tabernacle de l'Esprit de Dieu, sa demeure en quelque sorte. Cela veut dire qu'il faut en prendre soin autant que possible et suivre les règles hygiéniques maintenant confirmées par la médecine moderne. Pour ce qui est du respect des animaux purs et impurs, les chrétiens ne sont plus sous la loi religieuse de l'Ancien Testament et peuvent donc manger ce qui bon leur semble. Je ne citerais qu'un petit passage du Nouveau Testament sur ce sujet :
Ce n'est pas un aliment qui nous rapprochera de Dieu : si nous n'en mangeons pas, nous n'avons rien de moins ; si nous en mangeons, nous n'avons rien de plus (1Corinthiens 8.8).
En revanche, la gloutonnerie et l'ivrognerie sont fortement condamnées.
Je commence maintenant à lire ce chapitre 11 du Lévitique.
L'Éternel s'adressa à Moïse et à Aaron, et leur dit : Parlez aux Israélites et dites-leur : — Voici, parmi tous les grands mammifères terrestres, ceux que vous pourrez manger (Lévitique 11.1-2).
À partir d'ici, Dieu s'adresse aux deux frères en même temps, car Aaron a été établi dans sa fonction de grand-prêtre et souverain sacrificateur. Les prêtres sacrificateurs auront la charge d'enseigner au peuple les lois alimentaires et certaines maladies sur lesquelles ils seront appelés à statuer. En vertu de ces ordonnances, ils pourront même être eux-mêmes suspendus de leurs fonctions et déclarés impurs. C'est une éducation de fond que l'Éternel vise. Il veut que l'homme apprenne à discerner le bien du mal. Avant d'en arriver là, Il lui enseigne qu'il y a des différences entre le noir et le blanc, la nuit et le jour, la lumière et les ténèbres. Il commence par établir une liste stricte des animaux purs et impurs.
Aujourd'hui, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, la distinction entre le bien et le mal est devenue des plus floues et nos contemporains ne savent plus bien comment élever leurs enfants et surtout quoi leur enseigner. Ils s'en remettent à l'école qui, elle-même, suit la pensée d'une société à la dérive. La mode est de tout voir comme amoral. Dire que les temps ont changé est loin de la réalité. En fait, ils ont été complètement chamboulés. Quand j'étais au Collège, on avait toutes les semaines un cours de morale, c'est comme ça qu'il s'appelait, puis il a pris le nom d'instruction civique, je crois.
Comment prendre une décision dans le domaine éthique ? C'est très simple. C'est l'Éternel qui décide le bien du mal et le vrai du faux et cet enseignement est contenu dans les Textes Sacrés. C'est là et seulement là que se trouve l'absolu, les points de référence et d'ancrage dans le domaine éthique et spirituel. Si on veut choisir de suivre d'autres critères, on ne s'en sort plus, car l'opinion de Pierre, qui qu'il soit, est tout aussi valable que celle de Paul.
Je continue maintenant le texte.
Parmi les grands quadrupèdes, vous pourrez manger tous ceux qui ont le sabot fendu et qui ruminent (Lévitique 11.3).
Ce sont ceux qui ont le sabot partagé, la corne fendue en somme, qui ont le pied fourchu et qui ruminent. De ces trois caractères, les deux premiers ne paraissent pas différer ; le second sert uniquement à préciser le premier : le sabot doit être partagé par une fissure complète, allant jusqu'à la base. Dans la suite, ces 3 caractères sont ramenés à deux traits. Cependant, ceux-ci ne sont pas de simples signes au moyen desquels le législateur veut qu'on reconnaisse les quadrupèdes dont il est permis ou interdit de manger ; ils ont tous deux une signification. Le premier concerne le moyen de locomotion, et le second, le mode de digestion. Il est permis de penser que les ruminants, qui ne sont pas carnassiers et qui ruminent, c'est-à-dire qui assimilent par une trituration plus complète la nourriture végétale, appartiennent à un domaine de vie plus élevé que les non ruminants.
Les animaux qui réunissent les deux caractères cités et qui ne sont pas nommés ici, sont mentionnés ailleurs et au nombre de dix. En voici la liste : le bœuf, la brebis, la chèvre, le cerf et la gazelle ; le daim, le bouquetin, l'antilope, le bœuf sauvage et la chèvre sauvage. La distinction ne correspondait nullement à la nature de l'animal, censée représenter un vice ou une vertu. Ainsi, le lion était considéré impur et pourtant c'est l'emblème de la tribu de Juda dont fut issu Jésus-Christ. D'ailleurs, Il en a lui-même pris le titre dans le livre de l'Apocalypse que je cite :
Et l'un des vieillards me dit : Ne pleure point ; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux (Apocalypse 5.5).
Il n'existe aucun lien mystique entre le corps et l'esprit comme l'enseignent un certain nombre de sectes païennes. Les caractéristiques de l'animal ne se communiquent pas à celui qui le mange par l'intermédiaire de la fourchette.