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Diffusé le 28 août 2012 - ::
Je suis dans le très long chapitre 13 du Lévitique, qui traite dans un premier temps des maladies de peau infectieuses et que j'ai vues la dernière fois. Le texte va maintenant couvrir les affections non pas des personnes, mais des choses. On sait que les germes de certaines maladies contagieuses se transmettent facilement par le moyen des vêtements qui ont appartenu aux malades. Ce qui coule des ulcères des lépreux, non seulement a un caractère infectieux prononcé, mais s'attaque aussi à des fibres végétales dont sont faites certaines étoffes.
Dans le cas présent, le texte va traiter une espèce de moisissure dangereuse et qui ronge, mais dont il est difficile de se faire une idée exacte. Je lis le texte.
Si une tache de moisissure, du genre lèpre, apparaît sur des vêtements en laine ou en lin, ou sur un tissu ou un tricot de lin ou de laine, ou encore sur une peau ou sur un objet en cuir, si elle devient verdâtre ou rougeâtre, sur le vêtement ou sur la peau, sur le tissu ou le tricot ou sur tout objet en cuir, c'est une sorte de « lèpre » des tissus : on la montrera au prêtre. Celui-ci l'examinera et enfermera l'objet atteint pendant sept jours (Lévitique 13.47-50).
En général, les vêtements de cette époque étaient tissés et le cuir tanné avant qu'il ne soit façonné en un quelconque objet d'utilité courante.
Je continue.
Le septième jour, il examinera la tache. Si elle s'est étendue sur le vêtement, le tissu ou le tricot, sur la peau ou l'objet en cuir, il s'agit d'une moisissure maligne ; l'objet est impur. Il le brûlera, quel qu'il soit, car il s'agit d'une moisissure maligne ; l'objet doit être brûlé au feu. Mais si le prêtre constate que la tache ne s'est pas étendue sur l'objet, il ordonnera de le laver, puis il le tiendra enfermé une deuxième semaine. Après ce lavage, il examinera à nouveau la tache ; si elle n'a pas changé d'aspect de façon visible, même si elle ne s'est pas étendue, l'objet est impur et devra être brûlé, que la moisissure l'ait corrodé à l'endroit ou à l'envers (Lévitique 13.51-55).
Si la tache, bien que ne s'étant pas étendue, n'a pas perdu sa couleur verdâtre ou rougeâtre, il y a corrosion intérieure, comme le prouvera la diminution d'épaisseur. Cela signifie que la moisissure agit en profondeur, soit à l'envers, soit à l'endroit du vêtement. À cette époque, les habits avaient considérablement plus de valeur qu'aujourd'hui où presque tout est fait à la machine à grande vitesse en utilisant des produits de synthèse. Donc, les gens essayaient de faire durer leurs vêtements, un maximum de temps.
Je continue le texte jusqu'à la fin du chapitre 13.
Mais si le prêtre voit que la tache s'est estompée après le lavage, il arrachera cette partie du vêtement, de la peau, du tissu ou du tricot. Si la tache réapparaît plus tard sur l'objet, c'est une moisissure qui se développe, tu brûleras l'objet où est la tache. Quant au vêtement, au tissu, au tricot, ou à l'objet en cuir que tu auras lavé et d'où la tache aura disparu, tu le laveras une seconde fois, et il sera pur. Telle est la loi relative à une tache de moisissure sur un vêtement de laine ou de lin, sur un tissu ou un tricot ou sur tout objet de cuir selon laquelle on déterminera s'il est pur ou impur (Lévitique 13.56-58).
Dans ce cas le plus favorable, il suffit d'enlever le morceau attaqué, quitte à brûler le tout plus tard si une nouvelle moisissure se produisait, prouvant de ce fait que cet objet est irrémédiablement infesté. Dans le cas le plus favorable, un simple lavage suffit ce qui n'a rien d'une révélation pour vous. Et pourtant ! Sachez que ce moyen tout simple de désinfection par l'eau courante, appelée eau vive dans les Textes Sacrés, était inconnu des chirurgiens du 19e siècle, ce qui est incroyable, mais vrai.
Dans l'Ancien Testament, le lavage des mains avant et après les repas était obligatoire, parce qu'à cette époque on prenait la nourriture directement avec les doigts. Le lavage à l'eau courante, séparé par des intervalles permettant de sécher la peau au soleil, est efficace pour éliminer de nombreux microbes et assurer une bonne perspiration de la peau. Il ne fallait pas non plus hésiter à laver une deuxième fois un objet infecté comme le mentionne le texte que je viens de lire et que je rappelle :
Quant au vêtement, au tissu, au tricot, ou à l'objet en cuir que tu auras lavé et d'où la tache aura disparu, tu le laveras une seconde fois, et il sera pur (Lévitique 13.58).
Ces règles de lavage à l'eau sont souvent mentionnées dans le chapitre 15 de ce livre.
Mais avant cela, nous voici maintenant rendus au chapitre 14 du Lévitique. Après les prescriptions qui permettent de reconnaître un état d'impureté, viennent les lois concernant la purification de personnes qui se sont trouvées dans cet état, mais qui ont vu leur maladie disparaître. La guérison une fois constatée par le prêtre, on procède à des cérémonies qui ont pour objet de purifier rituellement le malade guéri et de réparer la transgression involontaire qu'a constitué son impureté, en l'occurrence son impossibilité de rendre un culte à l'Éternel pendant tout le temps de sa maladie.
Comme le lépreux avait été exclu non seulement du sanctuaire, mais aussi de tout contact avec des bien-portants, la cérémonie de purification et de réhabilitation comprenait deux parties. La première avait lieu hors du camp et lui donnait le droit d'y rentrer et de se mêler à ses frères, tandis que la seconde, célébrée dans le parvis aux abords du tabernacle sept jours plus tard, lui rendait tous les privilèges de l'alliance entre Israël et l'Éternel.
Je commence à lire.
L'Éternel parla à Moïse en ces termes : — Voici la loi concernant la purification de l'homme atteint d'une maladie de peau évolutive, du genre lèpre : on l'amènera au prêtre, qui sortira du camp pour l'examiner (Lévitique 14.1-3).
Lorsqu'un malade estimait être guéri, il n'était pas libre pour autant de rentrer au camp de sa propre initiative. Il devait en premier lieu faire prévenir le prêtre qui venait l'examiner hors du camp. Cette mise à l'écart des lépreux est aussi mentionnée dans l'Évangile que je cite :
À l'entrée d'un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre ; ils s'arrêtèrent à distance et se mirent à le supplier à haute voix : — Jésus, Maître, aie pitié de nous ! (Luc 17.12-13).
Si on accepte la perspective biblique que la lèpre est un symbole du mal spirituel incurable qui affecte l'homme, il existe un certain parallèle entre le prêtre et le Christ. Cependant, si tous deux sortent pour aller au-devant du malade, Jésus, qui a quitté le ciel pour nous venir en aide, est d'une supériorité incommensurable sur l'officiant du culte israélite, lui-même pécheur coupable. Jésus a non seulement en tant que Dieu établi le diagnostic de ma maladie, mais Il m'a aussi apporté la guérison en me purifiant de ma lèpre spirituelle, comme le soulignent bien des textes du Nouveau Testament tel que celui-ci :
Ce Fils est le rayonnement de la gloire de Dieu et l'expression parfaite de son être. Il soutient toutes choses par sa parole puissante et, après avoir accompli la purification des péchés, il siège dans les cieux à la droite du Dieu suprême (Hébreux 1.3).
Je continue le texte du Lévitique.
S'il est guéri de sa maladie de peau, le prêtre ordonnera que l'on apporte en vue de sa purification deux petits oiseaux vivants et purs, un morceau de bois de cèdre, un fil de laine teint en rouge éclatant et une branche d'hysope (Lévitique 14.4).
Le lépreux est accompagné par des parents ou des amis qui s'occupent de la logistique du rituel de purification. Le bois de cèdre est d'excellente qualité. Dur, incorruptible et durable, car il ne se pétrifie pas, il dégage par ailleurs une odeur agréable. Il est utilisé de nos jours dans certains pays comme en Amérique du Nord pour faire des coffres, des armoires et des commodes pour vêtements. L'hysope est une petite plante qui pousse sur les murs et qui était très utilisée dans les cérémonies de purification. En touffe et attachée à un brin de cèdre par un ruban écarlate, elle formait un goupillon pour l'aspersion.
Je continue.
Il donnera ordre d'égorger l'un des oiseaux au-dessus d'un récipient de terre cuite rempli d'eau de source. Puis il prendra l'oiseau vivant, le bois de cèdre, le fil de laine rouge et l'hysope, et il les trempera avec l'oiseau vivant dans le sang de l'oiseau égorgé, sur l'eau de source. Il en fera sept fois aspersion sur celui qui doit être purifié de la lèpre, il le déclarera pur et lâchera l'oiseau vivant dans la nature (Lévitique 14.5-7).
Cette cérémonie est extrêmement inhabituelle. Le sang de l'oiseau devait être mêlé à de l'eau d'un ruisseau ou d'un puits, mais non à celle d'un étang ou d'une citerne. Puisque le lépreux était exclu du sanctuaire, la victime était égorgée hors du camp et loin de l'autel où se pratiquaient d'ordinaire les sacrifices. La tradition, pas les Écritures, ajoute que le corps de l'oiseau était ensuite enterré en présence du lépreux guéri et du prêtre. L'oiseau vivant était plongé dans l'eau teintée de sang avant les trois objets. L'aspersion, répétée 7 fois, signifie la transmission rituelle d'une pleine vie à cet être qui était auparavant souillé et voué à la mort. L'eau ensanglantée dans laquelle le goupillon est trempé symbolise la purification physique et morale du lépreux.
L'oiseau immolé est une figure du malade sur lequel la mort avait déjà imprimé son sceau et le sort vers lequel il marchait avant sa guérison. Il préfigure aussi le sacrifice à venir de Jésus-Christ. L'oiseau vivant est littéralement baptisé dans l'eau ensanglantée. En cela, il est identifié à celui qui est mort. Lâché dans la campagne, il symbolise d'une part la résurrection à venir de Jésus-Christ et d'autre part, dans le cas présent, la nouvelle vie de cet homme, qui est maintenant rendu à la liberté et qui va pouvoir rentrer joyeusement dans le camp et dans la société de ses frères, après ce long temps d'isolement.
Toute cette cérémonie est un tableau dramatique et saisissant de la victoire éclatante de la vie sur la mort, du triomphe de la résurrection après la croix, de la purification opérée par le Christ de mon péché, ma lèpre spirituelle qui me vouait à la mort éternelle. L'oiseau volant librement est aussi une figure du chrétien, qui a été affranchi de tous ces rites imposés par Dieu au peuple d'Israël, qui jouaient le rôle de pédagogue et de préparation jusqu'à ce que vienne le Christ. C'est d'ailleurs ce que précise un court passage du Nouveau Testament que je cite :
Le Christ nous a rendus libres des rites de l'alliance établie au mont Sinaï pour que nous connaissions la vraie liberté. C'est pourquoi tenez bon et ne vous laissez pas réduire à nouveau en esclavage (Galates 5.1).
Toutes les exigences rituelles, oh combien encombrantes et pesantes du système religieux juif, ont été rendues caduques par la venue du Christ. En conséquence, n'en créons pas d'autres.
Je continue le texte du Lévitique.
Celui qui est soumis au rite de purification lavera ses vêtements, se rasera tous les poils et se baignera dans l'eau, ainsi il sera pur. Après cela, il pourra réintégrer le camp, mais il restera hors de sa tente pendant sept jours (Lévitique 14.8).
C'est ainsi que se termine la première phase de purification. Après un grand nettoyage, l'ancien lépreux peut retourner au camp. Cependant, cela ne lui donnait pas encore le droit de recommencer la vie de famille ni de participer au culte. Il lui fallait encore sept jours de préparation certainement mentale et psychologique pour lui et les siens. En effet, quand on a vécu seul ou sans la présence de quelqu'un pendant fort longtemps, la reprise d'une vie commune et sociale est plutôt stressante comme d'ailleurs tout changement.
On s'habitue relativement vite à un certain mode de fonctionnement et l'adjonction d'une nouvelle personne modifie considérablement le petit traintrain et c'est cela qui peut vite devenir une source de conflits. Alors, il faut s'habituer à l'idée d'un nouveau système de fonctionnement. Cette semaine de réflexion et de préparation est une brillante idée, et pour cause, puisque c'est l'Éternel qui l'ordonne. Ce nouveau bien-portant passe donc 7 jours dans le camp, mais sans reprendre la vie commune avec sa femme et ses enfants. Ensuite commence la deuxième phase de sa réintégration progressive. Ce long processus est destiné à favoriser le rétablissement d'une vie familiale harmonieuse.
Je continue le texte.
Le septième jour, il rasera tous les poils de sa peau, cheveux, barbe, sourcils et tout autre poil, il lavera ses vêtements, se baignera dans l'eau et alors il sera pur. Le huitième jour, il prendra deux agneaux sans défaut et une brebis dans sa première année, sans défaut, il y ajoutera neuf kilogrammes de fleur de farine en offrande pétrie à l'huile et un demi-litre d'huile. Le prêtre qui procède à sa purification le placera avec tout cela devant l'Éternel à l'entrée de la tente de la Rencontre (Lévitique 14.9-11).
C'est encore une nouvelle purification radicale au bout de sept jours, suivie de trois sacrifices, dont une réparation, une expiation et un holocauste avec offrande végétale. Tous ces rites indiquent que l'ancienne vie de ce lépreux est terminée et qu'une nouvelle avec son Dieu commence. Or je le rappelle, on ne s'approche de Dieu qu'au moyen de sacrifices.
Je continue en raccourcissant le texte.
Le prêtre prendra l'un des agneaux et l'offrira en sacrifice de réparation avec l'huile offerte ; il fera devant l'Éternel le geste de présentation. Il égorgera l'agneau au lieu où l'on immole le sacrifice pour le péché et l'holocauste (Lévitique 14.12-13).
Le sacrifice de réparation est le premier en rang. Il a ici une importance prépondérante, à cause de la faute cachée, non connue peut-être du malade lui-même, qui avait pu attirer sur lui le châtiment de la lèpre. En effet, le sacrifice de réparation était prescrit pour des cas de culpabilité sur la nature desquels planait une certaine obscurité. En temps ordinaire, c'est l'Israélite qui égorgeait lui-même l'agneau de réparation. Mais comme cet ancien lépreux n'est pas encore totalement réhabilité, c'est le prêtre qui va le faire à sa place.
Je résume la suite du texte dans lequel on retrouve les mêmes gestes que pour la purification et la consécration du prêtre, c'est-à-dire un peu de sang sur l'oreille, le pouce et le gros orteil droit. Cela signifie que la personne est re-consacrée à l'Éternel après son temps d'impureté rituelle. Suite à quoi, de l'huile est en partie répandue devant l'Éternel, et en partie appliquée au convalescent toujours sur l'oreille, le pouce et l'orteil, mais aussi sur sa tête ce qui est un élément de joie. Après le sacrifice de réparation, vient celui pour le péché afin d'expier toutes les fautes que le malade avait pu commettre durant sa maladie. L'holocauste figure en dernier lieu, car il exprime le sentiment d'adoration et le besoin de consécration qui animent le malade rendu à la santé. Finalement, le convalescent est définitivement déclaré pur.
La suite du texte donne les directives pour le lépreux indigent. La diminution est autorisée partout sauf pour le sacrifice de réparation qui était d'ailleurs dans ce cas l'acte le plus important, et c'est là la raison pour laquelle les prescriptions qui s'y rapportent sont de nouveau énoncées dans tous les détails dont je vous fais grâce.
Ensuite, il est question de la purification d'une maison atteinte d'une sorte de moisissure. Je lis des extraits de cette nouvelle section.
L'Éternel parla à Moïse et à Aaron en ces termes : — Lorsque vous serez entrés au pays de Canaan que je vous donne en propriété, si je produis une tache de moisissure, du genre lèpre, à une maison du pays que vous posséderez. Alors le prêtre examinera la tache : s'il voit qu'elle se présente sous forme de plaques verdâtres ou rougeâtres, formant un creux visible dans le mur, il mettra pour sept jours la maison sous séquestre. Il y retournera le septième jour, et s'il constate que la tache s'est étendue sur les murs de la maison, il ordonnera d'arracher les pierres tachées puis il fera racler toutes les parois intérieures et tout jeter à l'extérieur de la ville dans un endroit impur. On remplacera les pierres enlevées par de nouvelles et l'on prendra un nouveau mortier pour recrépir la maison. Si la tache réapparaît dans la maison après qu'on a enlevé les pierres, raclé et recrépi les murs, le prêtre viendra l'examiner ; s'il constate que la tache s'est étendue dans la maison, c'est une moisissure maligne, une sorte de « lèpre » : cette maison est impure. On la démolira (Lévitique 14.33-45).
Ces ordonnances sont données en vue du temps où Israël habitera en Palestine, dans des maisons. C'est pour cela qu'elles sont placées les dernières parmi les ordonnances sur là lèpre. Il est difficile de se rendre compte de la nature du mal dont il est question dans cette partie du texte. Il ne peut s'agir de taches de salpêtre ou de la carie des murailles, car ces taches sont blanches ou grises, et non pas verdâtres ou rougeâtres ; puis, elles se montrent à l'extérieur plutôt qu'à l'intérieur des murailles. Sans doute, on ne connaît pas aujourd'hui des faits de ce genre. Mais anciennement, les moisissures étaient plus violentes qu'aujourd'hui et avaient des effets qu'elle ne produit plus de nos jours. Il semble de plus que ce soit un mal envoyé directement par Dieu puisqu'il est dit : si je produis une tache de moisissure, du genre lèpre, à une maison du pays que vous posséderez. Cette expression indique une intention particulière de l'Éternel lorsque cette moisissure destructrice se manifeste dans une maison.
Le Talmud, le livre de traditions juives, considère la lèpre des murailles comme le premier avertissement envoyé à ceux qui ont construit leurs maisons avec des gains illicites. Il n'est question ici que de souillure légale et non point de contagion. Les rites de purification d'une habitation guérie, si je peux m'exprimer ainsi, suivent de très près la cérémonie pour le lépreux convalescent avec un oiseau rendu à la liberté, qui symbolise ici la maison rendue à sa destination première.