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Diffusé le 29 août 2012 - ::
Je suis dans le chapitre 14 du Lévitique qui concerne la purification des lépreux guéris ainsi que les lois qui régissent les moisissures et lichens qui attaquent les choses et les habitations. Ce passage qui traite d'une maison rongée par une maladie quelconque, nous est donné par l'Esprit de Dieu pour nous rappeler que nous vivons dans un corps périssable et dans un monde contaminé par la lèpre du mal. Mais le jour viendra où Dieu va remplacer l'un comme l'autre et créer une nouvelle terre et un nouveau monde, où la justice habitera et qui sera peuplé par des êtres sans faute aucune.
L'ensemble des lois des deux derniers chapitres que j'ai couverts rappelle que les affections de tous ordres sont une anomalie, une conséquence des calamités qui sont entrées dans le monde. L'impureté des vêtements et des maisons suggère que le péché de l'homme a des répercussions sur son environnement. C'est là une affirmation constante de l'Ancien Testament. Les guérisons de lépreux opérés par Jésus étaient le signe qu'il était venu délivrer ceux qui avaient foi en Lui de leur impureté spirituelle, les purifier de leurs fautes en même temps que de toute maladie, celle-ci étant d'une manière générale, la conséquence de la culpabilité de l'homme.
Si les deux chapitres que je viens de couvrir traitaient un ensemble de terribles affections cutanées, le pire n'est pas les maladies physiques, mais bien plutôt le cœur humain dépravé assimilable à un égout plein à ras bord de ce qu'il y a de plus infect. Non seulement, il est répugnant, mais il a le potentiel de corrompre tout ce qui est autour de lui, car selon la loi d'influence, il est impossible de ne pas communiquer et tout le monde influence tout le monde sans arrêt. Je vis ma vie chez toi et tu vis la tienne chez moi. Chacun d'entre nous proclame des messages haut et fort qu'il le veuille ou pas. La lèpre est essentiellement contagieuse par contact corporel. Il n'en est pas de même des autres impuretés qui dorment dans mon for intérieur. Et si vous trouvez que j'exagère, je vais donner l'opinion de quelques grands hommes. Mais avant je voudrais lire un passage de l'Ancien et du Nouveau Testament qui confirme également mes dires.
L'Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal (Genèse 6.5).
Et le grand apôtre saint Paul d'écrire :
Car je sais que le bien n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ce que je suis par nature. Vouloir le bien est à ma portée, mais non l'accomplir. Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas, je le commets. Lorsque je veux faire le bien, je découvre cette loi : c'est le mal qui est à ma portée (Romains 7.18, 19, 21).
Voici maintenant ce que pensait le poète allemand Goethe : Il n'y a aucune faute que je ne pourrais moi-même commettre. Un autre fameux écrivain, anglais celui-ci, du 18e siècle, a dit : Chaque homme connaît certaines choses sur lui-même qu'il n'avouerait pas à ses meilleurs amis. Le comte de Maistre, homme politique, écrivain et philosophe français, grand défenseur de la Providence divine, a déclaré : Je ne sais pas ce qui se trouve dans le cœur d'un pervers, seulement ce qu'il y a dans un cœur vertueux et c'est effrayant ! Et pour finir, cette parole du grand homme d'État et auteur tragique latin Sénèque le Philosophe, contemporain de Jésus-Christ et certainement un des plus grands orateurs que le monde ait connus. Il a dit : Pourquoi aucun homme ne confesse ses vices ? C'est parce qu'il ne les a pas encore abandonnés. Seul un homme éveillé peut raconter ses rêves.
Nous voici maintenant au seuil du chapitre 15 du livre du Lévitique qui traite de l'état d'impureté amené chez l'homme et la femme par certaines affections des organes génitaux ; les unes normales, les autres maladives. Les prescriptions données, tout en ayant dans plusieurs cas, une importance hygiénique, traitent aussi de sécrétions naturelles, mais exigent néanmoins une purification. C'est donc l'effet moral que cette législation a en vue. L'Israélite était ainsi rendu attentif à l'état de souillure dans lequel il se trouvait naturellement, avant d'avoir commis le moindre petit délit. Notre espèce étant polluée à la source, je ne peux produire qu'une progéniture telle que moi, c'est-à-dire dégénérée, comme l'affirme le roi David dans un des Psaumes de l'Ancien Testament que je cite :
Je suis, depuis ma naissance, marqué du péché ; depuis qu'en ma mère j'ai été conçu, le péché est attaché à moi (Psaumes 51.7).
Le pus du mal coule du cœur humain comme l'a dit Jésus-Christ que je cite :
Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c'est cela qui rend l'homme impur. Car, c'est du cœur que proviennent les mauvaises pensées qui mènent au meurtre, à l'adultère, à l'immoralité, au vol, aux faux témoignages, aux blasphèmes (Matthieu 15.18-19).
L'homme étant perverti de nature, tout ce qui concerne l'organe de reproduction est à la fois le résultat et la cause d'impuretés rituelles qui nécessitent comme la lèpre un cérémonial de purification.
Je commence à lire :
L'Éternel s'adressa à Moïse et à Aaron en ces termes : — Parlez aux Israélites et dites-leur : Si un homme est atteint d'une gonorrhée, l'écoulement de semence qu'elle provoque le rend impur. — Qu'il y ait écoulement ou obstruction des organes il y a impureté — (Lévitique 15.1-3).
Qu'il y ait une blennorragie, c'est-à-dire une éjection de mucus ou une gonorrhée, c'est-à-dire, un écoulement de semence, en général dû à une infection genre MST, ou maladie sexuellement transmissible, ces pertes sont considérées comme impures.
Le texte continue avec la liste des contacts entre un malade et un bien-portant, qui souillent ce dernier. Je lis :
Tout lit sur lequel cet homme couchera et tout meuble sur lequel il s'assiéra seront impurs. Celui qui touchera son lit lavera ses vêtements, se baignera dans l'eau et sera impur jusqu'au soir. Celui qui s'assiéra sur le siège utilisé par cet homme lavera ses vêtements, se baignera dans l'eau et sera impur jusqu'au soir. Celui qui touchera le malade lavera ses vêtements, se baignera et sera impur jusqu'au soir. Si le malade crache sur quelqu'un qui est pur, ce dernier lavera ses vêtements, se baignera et sera impur jusqu'au soir. Toute selle sur laquelle aura voyagé le malade sera impure. Quiconque touchera à un objet quelconque placé sous lui sera impur jusqu'au soir ; et quiconque prendra un tel objet lavera ses vêtements, se baignera et sera impur jusqu'au soir. Celui que le malade aura touché, sans s'être rincé les mains à l'eau, lavera ses vêtements, se baignera et restera impur jusqu'au soir. Tout récipient de terre cuite que le malade aura touché sera brisé et tout objet en bois sera lavé à l'eau (Lévitique 15.4-12).
Outre cette notion d'impureté, oserais-je dire barbante, qui revient sans cesse, ce qui saute aux yeux est cet ordre draconien de se laver après contact avec une personne qui peut être infectée. Ces notions d'hygiène, comme je l'ai déjà dit auparavant, nous semblent des plus élémentaires, et pourtant elles ne sont pas encore en application à l'heure actuelle dans le monde entier. Si ces règles étaient observées, en particulier dans les pays tropicaux, la contagion ne représenterait plus un fléau tel qu'on le connaît encore de nos jours. Dans nos pays occidentaux aussi, le mépris de la propreté eut la vie dure.
Au 17e siècle, l'hygiène était encore déplorable et l'usage de l'eau plus que réduit. Depuis le Moyen-Âge, le progrès était allé à reculons, et malpropreté générale semblait être la devise du royaume de France. Il me semble me souvenir de mes leçons d'école, que le roi Louis XIV se parfumait beaucoup, mais ne se lavait pour ainsi dire jamais. À la fin du 18e siècle, tous ceux qui étaient hospitalisés à l'hôtel-Dieu à Paris voisinaient dans la même salle, pêle-mêle, lépreux, sujets contagieux ou non. 5 à 6 malades étaient entassés dans le même lit. La mortalité était alors évidemment forte.
Au début du 19e siècle, les maîtres du bistouri, quelles que soient leur nationalité et leur réputation, opéraient en jaquette ou en habit de ville. Le chirurgien, les manches retroussées et le col dur, plongeait dans la plaie opératoire ses mains qu'il venait bien souvent de souiller en vérifiant un pansement sale ou lors d'une autopsie. Il y avait même un certain Desprès, chirurgien de l'hôpital Cochin, qui était en campagne contre la moindre propreté et qui gardait son bistouri dans la poche de son gilet. Outre les infections et septicémies, le tétanos était monnaie courante comme suite opératoire et à la fin du 19e siècle faisait encore des ravages parmi les opérés.
C'est Semmelweis, un obstétricien hongrois, qui travaillait à Vienne en Autriche qui découvrit le principe de l'infection. Il inaugura la pratique du lavage des mains dans une cuvette, après les autopsies, à cause du décès de son camarade à la suite d'une piqûre au cours d'une dissection de cadavre. Il conclut que le contact avec les corps morts était dangereux. Dans son service de gynécologie, le taux de mortalité tomba de 1 sur 6 à 1 sur 84. Il ordonna alors le lavage des mains dans une solution de chaux après chaque examen ainsi que de tous les instruments, des vêtements et du linge des patientes. La mortalité tomba à moins de 1 %. Mais l'orgueil et les préjugés du monde de la médecine prévalurent et il mourut méprisé dans un asile d'aliénés.
Cette notion d'infection fut remise en valeur au 20e siècle par le professeur Vincent, du collège de France et du Val de Grâce. Bactériologiste éminent, c'est lui qui découvrit que dès que la mort survient, le corps devient infecté et contagieux. Il se couvre entièrement de colibacilles très virulents. Tout cela nous renvoie aux notions de lavage à l'eau courante ou vive telles qu'elles nous sont rapportées par Moïse 1500 ans av. J-C. Ces prescriptions de la Loi gardent aujourd'hui encore toute leur importance. Selon les statistiques de l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé, les pays, qui ne les appliquent pas encore, mais qui commenceraient à le faire, doubleraient l'espérance de vie à la naissance.
Je continue maintenant le texte.
Quand le malade sera guéri de sa gonorrhée, il comptera sept jours comme temps de purification, puis il lavera ses vêtements, se baignera dans de l'eau de source, et il sera pur. Le huitième jour, il prendra deux tourterelles ou deux pigeonneaux, il se présentera devant l'Éternel, à l'entrée de la tente de la Rencontre, et donnera les oiseaux au prêtre. Celui-ci les offrira, l'un comme sacrifice pour le péché, l'autre comme holocauste. Il accomplira ainsi pour lui le rite d'expiation de son écoulement devant l'Éternel (Lévitique 15.13-15).
La guérison seule ne purifie pas le malade. Il faut d'abord une semaine d'attente pour s'assurer qu'effectivement le mal a disparu, puis une cérémonie de purification avec sacrifices, tout à fait justifiée puisque la gonorrhée résulte ordinairement d'une conduite sexuelle déviante et a pour conséquence l'exclusion du culte et des Lieux saints. Dans l'Ancien Testament, cette affection était envisagée comme tout aussi grave que la lèpre.
Je continue le texte.
Lorsqu'il arrivera à un homme d'avoir un épanchement séminal, il baignera tout son corps dans l'eau et sera impur jusqu'au soir. Tout vêtement ou cuir qui en aura été atteint sera lavé dans l'eau et restera impur jusqu'au soir (Lévitique 15.16-17).
Plusieurs peuples avaient et ont encore des usages analogues. Ainsi, les Hindous doivent se baigner et adresser une prière au soleil ; d'autres, prier et purifier leurs habits ou draps avec de la soude diluée dans l'eau. Selon le Coran, les Musulmans, qui sont dans cette situation, doivent se laver avant de prier.
Je continue.
Quand un homme et une femme ont eu des relations sexuelles, ils se baigneront tous deux dans l'eau et seront impurs jusqu'au soir (Lévitique 15.18).
Cette souillure impliquait la défense de s'approcher de Dieu et de manger des choses saintes. Des prescriptions analogues se retrouvent chez de nombreux peuples y compris les Grecs et les Romains. Ces ordonnances avaient sans doute aussi pour but de modérer les relations sexuelles.
Je continue.
Quand une femme perd du sang parce qu'elle a ses règles, elle sera considérée pendant sept jours comme étant indisposée, quiconque la touchera sera impur jusqu'au soir (Lévitique 15.19).
Suit alors une liste d'impuretés par contact, semblable au cas précédent, celui de l'homme atteint d'une perte séminale.
Je continue un peu plus loin.
Si une femme a des pertes de sang pendant plusieurs jours en dehors de la période de ses règles ou au-delà du temps normal de son indisposition, elle sera impure tout le temps que durent ses pertes, comme au temps de ses règles (Lévitique 15.25).
Il s'agit de pertes hors du cycle menstruel, soit en dehors, soit au-delà de l'indisposition normale. Cela fait penser à une histoire du Nouveau Testament où justement il est question d'une femme souffrant de pertes vaginales graves et constantes, et qui vint voir Jésus. La réglementation du Lévitique aide à comprendre combien la situation de cette femme était dramatique. Elle était coupée des autres et du culte, toute participation à l'adoration publique de l'Éternel au temple lui étant interdite. Je cite ce passage extraordinaire et que je commenterais brièvement un peu plus loin :
Dans la foule se trouvait une femme atteinte d'hémorragies depuis douze ans. Elle avait été soignée par de nombreux médecins et en avait beaucoup souffert. Elle avait dépensé toute sa fortune sans trouver la moindre amélioration ; au contraire, son état avait empiré. Elle avait entendu parler de Jésus, et dans la foule, elle s'était approchée de lui par derrière et avait touché son vêtement, en se disant : Si j'arrive à toucher ses vêtements, je serai guérie. À l'instant même, son hémorragie s'arrêta et elle se sentit délivrée de son mal. Aussitôt Jésus eut conscience qu'une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule et demanda : — Qui a touché mes vêtements ? Ses disciples lui dirent : — Tu vois la foule qui te presse de tous côtés et tu demandes : « Qui m'a touché ? » Mais lui continuait à parcourir la foule du regard pour voir celle qui avait fait cela. Alors, saisie de crainte et toute tremblante, la femme, sachant ce qui lui était arrivé, s'avança, se jeta aux pieds de Jésus et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit : — Ma fille, parce que tu as eu foi en moi, tu es guérie ; va en paix et sois guérie de ton mal (Marc 5.25-34).
Ce texte magnifique révèle en plus le ministère de compassion du Christ, ainsi que son rôle de porteur de la misère et de l'impureté humaines lorsqu'Il était sur terre. Il s'est littéralement chargé de nos maladies et de nos fautes comme le dit le prophète Ésaïe que j'ai déjà maintes fois cité. Pour en revenir au Lévitique, le texte continue en nous donnant une nouvelle fois une liste semblable à la précédente et dont je vous ferais grâce. Lorsque l'hémorragie s'arrêtait et que donc la femme était guérie, elle devait comme l'homme atteint de pertes séminales, attendre une semaine puis offrir deux pigeonneaux ou tourterelles en sacrifice pour, et je cite le verset, faire devant l'Éternel l'expiation des pertes qui la rendaient impure (Lévitique 15.30).
Je continue un peu plus loin et finis le chapitre 15.
C'est ainsi que vous tiendrez les Israélites à l'écart de ce qui pourrait les rendre rituellement impurs et les exposerait à être frappés de mort s'ils venaient à rendre impur mon tabernacle qui est au milieu d'eux. Telle est la loi concernant celui qui a une gonorrhée ou des pertes séminales et qui est ainsi rendu impur, concernant la femme durant ses règles, toute personne, homme ou femme, atteinte d'un écoulement, et l'homme qui partage la couche d'une femme en état d'impureté (Lévitique 15.31-33).
Les Israélites sont exhortés, d'une part à éviter les fautes d'ordre sexuel, les MST, pourrait-on dire, qui entraînent une infection avec les symptômes précédemment décrits. D'autre part, les Hébreux doivent bien prendre soin de se purifier des souillures qui résultent du fonctionnement normal du corps humain. S'ils ne tenaient pas compte des avertissements divins, en participant au culte ou en entrant en état d'impureté rituelle dans le parvis du tabernacle qui est la demeure de Dieu, sa colère s'enflammerait et les frapperait de mort. Ce chapitre choque.
Non seulement les maladies vénériennes, mais les fonctions sexuelles normales rendent les Israélites rituellement impurs. Les règles écartent la femme de son environnement social pendant sept jours. Quiconque touche une personne en état d'impureté, ou un objet qu'elle a touché, devient lui-même souillé. Une femme est donc en état d'impureté rituelle une bonne partie de sa vie. Son mari en est menacé pendant tout ce temps. Ce risque est accru s'il a des filles, ou des belles-filles sous son toit. Lui et son épouse sont impurs lorsqu'ils ont eu un rapport sexuel. L'Israélite se trouvait donc en état d'impureté rituelle une bonne partie de sa vie et ne pouvait alors pas rendre un culte à l'Éternel. Il devait donc ressentir vivement la distance qui le séparait de Dieu. La loi apparaît bien comme l'esclavage dont parle saint Paul dans ses lettres et comme le joug pesant dont parle l'apôtre Pierre dans le Nouveau Testament lorsqu'il dit :
Pourquoi donc maintenant imposer à ces disciples un joug que ni nos ancêtres ni nous n'avons jamais eu la force de porter ? (Actes 15.10).