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Émission 178 - Lévitique 15.31-16.29

Diffusé le 30 août 2012 - ::

Chapitre 15

Versets 31-33

J'ai terminé le chapitre 15 du Lévitique qui comme les précédents est rempli de lois sur l'impureté rituelle. Ces règles contraignantes sont un rappel solennel que les Hébreux, tout comme moi d'ailleurs, ont à faire à un Dieu trois fois saint et que l'homme a un besoin impératif d'être purifié. Son état quasi permanent d'impureté lui fait ressentir son incapacité de s'approcher de Dieu, et le renvoie constamment à sa culpabilité intrinsèque que les Textes Sacrés nomment le péché. Ces règles, oh combien lourdes, appellent ainsi un nouveau régime qui libérera réellement et définitivement de toute souillure.

Jésus, comme je l'ai indiqué, a accepté le contact d'une femme atteinte d'hémorragie, donc impure, et il l'a guérie de ce qui causait son état. En touchant Jésus, cette femme, selon la loi, Le rendait impur, ce qui explique qu'elle ait hésité à avouer son geste. Évidemment, Jésus-Christ ne pouvait pas être souillé par elle, pas plus que ne le sont les rayons du soleil qui jettent leur lumière sur un dépôt d'ordures. Par contre, on peut réellement dire que le Christ a pris sur lui les impuretés de ceux qui ont placé leur confiance en Lui et en a disposé sur la croix. Les rites de purification de l'Ancienne Alliance apparaissent comme un type, une préfiguration de l'expiation que le Christ a accomplie sur la croix lorsqu'Il est devenu lui-même le sacrifice pour les péchés.

Chapitre 16

Introduction

Dans le chapitre 16 du livre du Lévitique, où il va être question de la fête annuelle du Yom Kippour, le Jour des expiations aussi appelé Jour du Grand pardon. Jusqu'ici, j'ai traité les sacrifices, les prêtres et les impuretés rituelles. Ici, le problème fondamental de l'homme, sa culpabilité devant Dieu, son péché, est le sujet de cette fête du Grand pardon qui était sans conteste, la plus importante et la plus caractéristique de toute la législation divine telle qu'elle fut donnée au peuple d'Israël par Moïse. C'est le milieu du chapitre qui donne le ton de cette fête avec l'expression :

Le grand-prêtre accomplira le rite d'expiation pour le sanctuaire pour l'impureté et pour les désobéissances des Israélites, pour toutes leurs fautes quelle qu'en soit la nature (Lévitique 16.16).

Cette célébration annuelle avait lieu le dixième jour du septième mois de l'année juive.

Verset 1

Je commence à lire.

L'Éternel parla à Moïse après la mort des deux fils d'Aaron qui périrent lorsqu'ils se présentèrent devant l'Éternel (Lévitique 16.1).

À l'occasion de la faute et de la punition des deux fils d'Aaron, l'Éternel le met en garde lui-même contre une imprudence semblable à celle qui a coûté la vie à ses garçons. Il détermine une fois pour toutes la seule circonstance dans laquelle il pourra sans danger entrer dans le Lieu très saint, ainsi que la manière dont il devra le faire. Malgré les sacrifices expiatoires et les nombreux moyens de purification indiqués jusqu'ici, il reste dans la vie du peuple et des individus et dans celle des prêtres eux-mêmes une multitude de souillures qui ne sont pas couvertes et qui donc demeurent devant le regard du Dieu saint. Il reste des impuretés partout.

Ainsi se comprend l'institution d'une cérémonie annuelle de purification pour le peuple comme pour les prêtres, le tabernacle et tous les objets du culte. Elle concerne tous les péchés non encore couverts, mais expiables parce que n'ayant pas été commis à main levée, c'est-à-dire par un acte déclaré de rébellion contre l'Éternel. Cette grande fête annuelle des Expiations, dont ce chapitre raconte l'institution, n'est point un phénomène isolé dans l'antiquité. D'autres peuples avaient, malgré les sacrifices ordinaires, senti le besoin d'une fête périodique extraordinaire destinée à les purifier et à faire disparaître toute séparation entre eux et leurs dieux. C'est comme si tous les êtres humains ressentaient leur impureté originelle fondamentale dans le plus profond de leur âme.

C'est d'ailleurs l'explication pour toutes les religions aux rites complexes qui abondent en notre bas monde. La loi du jour des Expiations est le couronnement de toutes les règles concernant les sacrifices et les purifications qui ont précédé. Ce grand jour très spécial répond à la fois au besoin d'expiation pour certaines transgressions de la loi divine et à la nécessité de purification résultant de maladies physiques. Cette fête clôt la première partie du Lévitique.

Verset 2

Je continue le texte.

L'Éternel dit à Moïse : — Dis à ton frère Aaron de ne pas entrer à tout moment dans le sanctuaire au-delà du voile, devant le propitiatoire qui repose sur le coffre sacré afin qu'il n'encoure pas la mort ; car j'apparais dans la nuée au-dessus du propitiatoire (Lévitique 16.2).

On ne paraît pas en Orient devant le souverain sans être appelé, sous peine de mort. Cette nuée dont il est ici question est celle qui représente l'Éternel et qui guidait les Israélites dans le désert. Cette mise en garde est à prendre au sérieux au vu de l'événement dramatique qui a vu la mort de Nadab et Abihu, les fils aînés d’Aaron. L'Éternel est un feu consumant, même pour le grand-prêtre. Car en dehors des fonctions de son sacerdoce, il parait devant l'Éternel comme un simple homme et comme tout un chacun, il est lui aussi chargé de fautes, et alors malheur à lui !

Dieu nous encourage pourtant à nous approcher de Lui, seulement il faut venir selon ses conditions. En ce qui nous concerne, celles-ci nous sont précisées dans un texte du Nouveau Testament que je cite :

Ainsi donc, mes frères, nous avons une pleine liberté pour entrer dans le lieu très-saint, grâce au sang du sacrifice de Jésus. Il nous en a ouvert le chemin, un chemin nouveau et vivant à travers le rideau du sanctuaire, c'est-à-dire à travers son propre corps. Ainsi, nous avons un grand-prêtre éminent placé à la tête de la maison de Dieu. Approchons-nous donc de Dieu avec un cœur droit, avec la pleine assurance que donne la foi, le cœur purifié de toute mauvaise conscience, et le corps lavé d'une eau pure (Hébreux 10.19-22).

Versets 3-4

Je continue le texte.

Voici de quelle manière Aaron pourra pénétrer dans le sanctuaire : il prendra un jeune taureau pour le sacrifice pour le péché et un bélier pour l'holocauste. Il se revêtira d'une tunique sainte en lin, il mettra des caleçons de lin, se ceindra d'une écharpe de lin et se coiffera d'un turban de lin. Il mettra ces vêtements sacrés après s'être lavé le corps dans l'eau (Lévitique 16.3-4).

Le fin lin était l'emblème de la pureté. Aaron était vêtu de blanc de la tête aux pieds. Comme ces vêtements étaient sacrés, il devait se laver avant de s'en vêtir. Ces habits simples contrastaient avec son costume d'apparat. Ils étaient un signe de l'humilité nécessaire pour se présenter devant l'Éternel et recevoir le pardon au nom du peuple dans l'exercice de cette fonction solennelle. Ils annonçaient également que le Christ se délaisserait de toute sa gloire pour s'humilier et devenir un simple homme.

Dans l'Ancien Testament, l'ange de l'Éternel lui-même, c'est-à-dire une incarnation de Jésus-Christ, paraît vêtu de lin blanc à plusieurs reprises. C'est à ce médiateur parfait entre Dieu et les hommes que ressemble le grand-prêtre et souverain sacrificateur quand il entre un jour par an dans le Lieu très saint du sanctuaire.

Versets 5-9

Je continue le texte en le compressant.

L'assemblée des Israélites lui fournira deux boucs pour le sacrifice pour le péché et un bélier pour l'holocauste. Aaron prendra les deux boucs et les placera devant l'Éternel à l'entrée de la tente de la Rencontre. Il tirera au sort pour savoir lequel des deux sera destiné à être sacrifié à l'Éternel et lequel sera destiné à être un bouc émissaire. Il fera approcher le bouc que le sort aura attribué à l'Éternel, et l'offrira en sacrifice pour le péché (Lévitique 16.5-9).

L'expression « bouc émissaire » provient de ce passage du Lévitique. D'après la tradition juive, les deux boucs étaient devant le grand-prêtre. Celui-ci, de ses deux mains, tirait deux bulletins d'une corne où ils avaient été déposés, et plaçait celui de sa main droite sur le bouc qui était à sa droite, et celui de sa main gauche sur le bouc qui était à sa gauche.

Versets 10-11

Je continue.

Quant au bouc désigné par le sort comme bouc émissaire, on le présentera vivant devant l'Éternel, pour servir à l'expiation et pour être chassé comme bouc émissaire dans le désert. Aaron offrira ensuite pour lui-même le taureau du sacrifice pour le péché afin de faire l'expiation pour lui-même et pour sa famille. Il immolera le taureau de son sacrifice pour le péché (Lévitique 16.10-11).

Étant lui-même pécheur, Aaron avait aussi besoin journellement d'être purifié de ses fautes avant de s'approcher de Dieu pour le peuple. Une fois que tout est prêt pour la cérémonie solennelle, la première chose qu'il doit faire est d'immoler le taureau pour couvrir ses propres fautes ainsi que celles de sa famille. L'Épître aux Hébreux dans le Nouveau Testament rappelle cette réalité tout en contrastant les grands-prêtres avec la personne de Jésus-Christ. Je cite le passage :

Jésus est donc bien le grand-prêtre qu'il nous fallait : il est saint, pleinement innocent, indemne de tout péché, séparé des pécheurs et il a été élevé plus haut que les cieux. Les autres grands-prêtres sont obligés d'offrir chaque jour des sacrifices, d'abord pour leurs propres péchés, ensuite pour ceux du peuple. Lui n'en a pas besoin, car il a tout accompli une fois pour toutes, en s'offrant lui-même (Hébreux 5.1, 3).

Versets 12-13

Je continue le texte.

Après cela, il prendra un plein encensoir de charbons ardents de l'autel, de devant l'Éternel, et deux pleines poignées de parfum à brûler réduit en poudre, et il emportera le tout au-delà du voile. Là, il répandra le parfum sur le feu devant l'Éternel, de sorte que le nuage de fumée couvre le propitiatoire qui se trouve au-dessus de l'acte de l'alliance. Ainsi il ne mourra pas (Lévitique 16.12-13).

Maintenant, Aaron entre dans le Lieu très-saint avec dans une main l'encensoir plein de braises prises sur l'autel de bronze des holocaustes, et dans l'autre un vase renfermant deux poignées de poudre aromatique. Dans le Lieu dit très saint se trouvait l'arche de l'alliance, une sorte de coffre en bois, avec un couvercle en or qui s'appelle le propitiatoire ou siège de miséricorde. En brûlant, la poudre aromatique produisait un nuage d'encens qui remplissait le sanctuaire. Ce voile de fumée faisait écran entre le grand-prêtre et l'Éternel, marquant ainsi la distance qui subsistait encore entre Israël et son Dieu au moment même où le représentant du peuple se trouvait pourtant le plus près de l'Éternel. Ceci suggère que même ce Jour des expiations très spécial ne réglait pas totalement le problème du péché, ce que confirme bien le Nouveau Testament qui précise qu'il est impossible que du sang de taureaux et de boucs ôte les péchés (Hébreux 10.4).

Après cela, le grand-prêtre ressortait du Lieu très saint et retournait à l'autel de bronze où il prenait du sang du taureau qu'il avait égorgé et revenait en faire l'aspersion avec le doigt, une fois sur le devant du couvercle propitiatoire, du côté de l'orient, puis sept fois sur le sol devant le couvercle du coffre, c'est-à-dire le propitiatoire. Le grand-prêtre devait tout faire parfaitement, méticuleusement et dans le bon ordre s'il voulait rester en vie. Autant que nous sachions, aucun d'entre eux n'est jamais mort dans l'exercice de ses fonctions sacerdotales. Maintenant que les fautes du grand-prêtre sont réglées, il va s'occuper de celles du peuple.

Versets 15-16

Je continue le texte.

Il immolera le bouc du sacrifice pour le péché du peuple et en portera le sang au-delà du voile ; il procédera avec ce sang comme avec celui du taureau : il en fera des aspersions sur le propitiatoire et devant lui. C'est ainsi qu'il accomplira le rite d'expiation pour le sanctuaire pour l'impureté et pour les désobéissances des Israélites, pour toutes leurs fautes quelle qu'en soit la nature. Il procédera de même pour la tente de la Rencontre, parce qu'elle est dressée au milieu d'eux et de leur impureté (Lévitique 16.15-16).

Selon la tradition, le grand-prêtre et souverain sacrificateur sortait de nouveau du Lieu très saint et allait égorger le bouc consacré à l'Éternel pour le péché du peuple. Il apportait alors de son sang dans le Lieu très saint et en faisait l'aspersion comme la première fois pour couvrir les péchés du peuple et même du sanctuaire, la demeure de l'Éternel qui était souillée par le contact avec les prêtres qui y exerçaient leur sacerdoce. Le Nouveau Testament précise que :

Selon la Loi, presque tout est purifié avec du sang, et il n'y a pas de pardon des péchés sans que du sang soit versé (Hébreux 9.22).

Verset 17

Je continue.

Personne ne devra se trouver dans la tente de la Rencontre depuis le moment où il y entrera pour accomplir le rite d'expiation dans le sanctuaire jusqu'à ce qu'il en ressorte. Il accomplira ces rites d'expiation pour lui-même, pour sa famille et pour toute l'assemblée d'Israël (Lévitique 16.17).

Ce n'est qu'à la condition qu'il soit seul, lui, le grand-prêtre et souverain sacrificateur, le personnage saint par excellence, qu'il pourra y avoir, au moins pour un moment, un sanctuaire pur. Cet office accompli lors de la fête du Yom Kippour pointe vers Celui qui accomplira seul l'œuvre d'expiation pour l'humanité comme l'atteste le Nouveau Testament dont je cite un passage :

Or, le Christ est venu en tant que grand-prêtre. Il a pénétré une fois pour toutes dans le sanctuaire céleste ; il y a offert, non le sang de boucs ou de veaux, mais son propre sang. Il nous a ainsi acquis un salut éternel (Hébreux 9.12).

Le grand-prêtre a d'abord offert du sang d'un taureau pour couvrir ses propres fautes, ensuite du sang d'un bouc pour celles des Israélites. Il a aussi fait la purification rituelle du tabernacle et du mobilier cultuel. Maintenant, Il doit également assainir l'autel de bronze des holocaustes qui est à l'extérieur du sanctuaire dans le parvis et qui sert à toutes les immolations d'animaux. Il le purifie des souillures passées, c'est-à-dire du contact avec les humains, et le sanctifie en le consacrant à nouveau pour l'avenir. Décidément, du point de vue de Dieu, on a tous la lèpre spirituelle et partout où nous allons et quoi que nous touchions, nous souillons tout autour de nous ; pensée fort désagréable : je suis un pestiféré !

Versets 20-22

Je continue le texte.

Quand il aura achevé le rite d'expiation pour le sanctuaire, pour la tente de la Rencontre et pour l'autel, il fera amener le bouc vivant. Il posera ses deux mains sur la tête du bouc et confessera sur lui toutes les désobéissances, tous les péchés et toutes les fautes des Israélites ; ainsi il les fera passer sur la tête du bouc, puis il le fera chasser au désert par un homme désigné pour cela. Le bouc emportera sur lui tous leurs péchés dans une contrée déserte quand l'homme le chassera au désert (Lévitique 16.20-22).

Maintenant vient la cérémonie concernant le bouc émissaire. Les péchés pardonnés en raison du sacrifice du premier bouc sont maintenant renvoyés à Satan qui est figurativement considéré habiter le désert. On pourrait dire qu'Israël symboliquement renvoie à la case départ, procède à un retour à l'envoyeur, rend à l'Esprit impur ce qu'il tient de lui. En effet, c'est le diable qui à l'origine est responsable d'avoir tenté nos premiers parents à désobéir à Dieu.

Voilà pourquoi les péchés, quoique pardonnés, sont confessés par le grand-prêtre et rituellement déposés sur la tête du bouc, avant que celui-ci ne soit envoyé dans le désert pour y périr. Car le péché pardonné doit périr, disparaître à tout jamais. Voici d'ailleurs ce que dit un Psaume de l'Ancien Testament :

Autant l'Orient est loin de l'Occident, autant l'Éternel éloigne de nous nos mauvaises actions (Psaumes 103.12).

Ce bouc vivant chargé du péché et conduit au désert a un sens opposé à l'oiseau rendu à la liberté dans la cérémonie de la guérison du lépreux que j'ai décrite précédemment. Le rite proprement dit est maintenant terminé, mais pas la cérémonie que je résume. Aaron rentre dans le tabernacle et y dépose les vêtements de lin blanc qu'il ne reprendra que l'année suivante le même jour. Puis, après s'être baigné, il reprend son riche costume sacerdotal et offre les deux béliers en holocaustes, un pour lui et un pour le peuple. Un homme a conduit le bouc au désert et un autre a été chargé d'emporter hors du camp et de brûler le taureau et le bouc dont le sang avait respectivement été offert pour les fautes d’Aaron et du peuple. En ce faisant, ces deux hommes ont rituellement participé à la souillure des victimes et ne peuvent rentrer dans le camp qu'après s'être baigné et avoir lavé leurs vêtements.

Versets 29-34

Je lis la suite du texte en la résumant.

Ceci sera pour vous une règle en vigueur à perpétuité. Le dixième jour du septième mois vous humilierez vos âmes et vous ne ferez aucun travail ce jour-là, aussi bien les autochtones que les étrangers résidant au milieu de vous. Car en ce jour-là, on accomplira le rite d'expiation pour vous afin de vous purifier de toutes vos fautes ; ainsi vous serez purs devant l'Éternel. Ce sera pour vous un sabbat, un jour de repos, pendant lequel vous humilierez vos âmes ; c'est là une institution pour toujours, une fois par an, il faut accomplir le rite d'expiation pour toutes les fautes des Israélites. Aaron fit tout ce que l'Éternel avait ordonné à Moïse (Lévitique 16.29-31, 34).