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Diffusé le 3 septembre 2012 - ::
Cher ami, bonjour ! C'est un privilège pour moi de vous retrouver encore aujourd'hui. De temps en temps, je reçois un courrier de la Croix-Rouge qui me dit que leur capacité d'alimenter les hôpitaux en sang est menacée par des réserves qui diminuent plus rapidement qu'elles ne se constituent. Bien sûr, on me demande si je pourrais les contacter dès que possible afin de participer à un don de cette vie qui coule dans nos veines. Dans le chapitre 17 du Lévitique que je suis en voie de terminer, il est question entre autres de beaucoup de régulations concernant le sang des animaux immolés. C'est aussi dans ce même passage qu'il est expressément dit : La vie de toute créature est dans le sang.
Pour avoir ignoré ce principe, un nombre considérable de personnes sont mortes parce qu'on pratiquait sur elles des saignées pour un oui ou pour un non. Et c'est ainsi, comme je l'ai dit la dernière fois, que Georges Washington, le premier président américain, est décédé. Le rapport étroit entre le sang et les fonctions vitales est maintenant scientifiquement bien établi. De plus, la science a découvert que chaque individu a un sang spécifique et unique. Et c'est toujours celui-là même que nous fabriquons tout au long de notre vie et qui se refait perpétuellement semblable à lui-même.
Je continue le texte jusqu'à la fin du chapitre 17.
Toute personne autochtone ou immigrée, qui mangera une bête morte ou déchiquetée par une bête sauvage, lavera ses vêtements, se baignera dans l'eau et restera impure jusqu'au soir ; ensuite elle sera pure. Si elle ne lave pas ses vêtements et ne se baigne pas, elle sera tenue pour coupable de sa faute (Lévitique 17.15-16).
Cette défense est la conséquence de la précédente. Dans tout animal mort ou déchiré par les bêtes sauvages, il reste une partie du sang, et le manger ce serait infailliblement en consommer une partie. Ces baignade et lavage de vêtements s'appliquent à une faute involontaire, lorsqu’initialement le fautif ignorait dans quelles conditions la bête était morte. Dès qu'il s'aperçoit de son erreur, il doit se purifier. Cette insistance sans cesse répétée de se laver est peut-être barbante, mais toujours d'actualité.
En ce début du troisième millénaire, un prof d'une université de Toronto a étudié les effets de se laver les mains parmi la population étudiante de la ville. Voici la conclusion qui a paru dans le journal canadien du contrôle des maladies infectieuses. Ceux qui se lavent les mains plus de 7 fois par jour sont 4 fois moins susceptibles de tomber malades que les autres. Comme quoi, ces lavages rituels et hygiéniques prescrits par la Loi de Moïse étaient et sont encore à prendre au sérieux. Une fois les Israélites établis en Palestine, la défense de manger un animal mort dans des circonstances douteuses est maintenue dans toute sa rigueur, parce qu'ils sont le peuple consacré à Dieu. Par contre, il sera permis aux Hébreux de donner ou de vendre la bête morte ou déchiquetée aux étrangers pour qu'ils la mangent.
Nous voici arrivés au chapitre 18 du Lévitique, qui donne des précisions concernant le 7e commandement de la Loi : Tu ne commettras pas d'adultère, et qui va mettre les points sur les i concernant les interdits d'ordre sexuel. Jusqu'à présent dans ce livre, il a surtout été question de règles de purification rituelles, ainsi que de celles qui régissent la vie religieuse du peuple d'Israël. À partir d'ici et pendant trois chapitres, il va y avoir un certain nombre de passages, qui vont développer les 10 Commandements sous leurs aspects pratiques et qui vont dicter la vie morale et les mœurs du peuple de Dieu.
Voilà donc un sujet qui me concerne de plus près. Nous vivons à une époque, surtout en Occident, où les fondations morales de la culture judéo-chrétienne ont été démantelées et à peu près supprimées. Maintenant que les notions du bien et du mal ont été réduites à peu de chose, tout le monde ou presque prétend avoir l'autorité voulue pour établir les règles du jeu, à commencer par soi-même bien sûr. Les magazines de vulgarisation à grand tirage parlent des derniers tabous qui doivent tomber. Vous pouvez imaginer ce que vous voulez et vous aurez fait mouche. Et même si vous êtes personnellement horrifié, c'est bien de cela qu'il s'agit. Petit à petit, l'impensable devient acceptable puis se banalise.
Ce chapitre commence par remettre les pendules à l'heure. À trois reprises, dans le préambule, il y a ces paroles « Je suis l'Éternel ! », ce qui bien sûr sous-entend : C'est moi et moi seul qui décide les règles de vie ! C'est Dieu qui fait les lois. Si je ne veux pas les suivre, cela me regarde, mais ne change rien. C'est toujours Dieu qui donne les règles de la vie. À ce propos, si je peux créer un univers entier, un système planétaire comprenant un soleil, une lune et quelques étoiles, alors j'ai aussi le droit de donner des commandements. Mais tant que je vis dans le monde du Créateur, tant que je respire son air, que je profite de son soleil, que je bois de son eau, que je marche sur sa terre, sans même Lui verser un loyer pour tout cela, je ferais mieux de suivre ses directives. D'accord, je ne convaincrai pas le sceptique puisqu'il est son propre dieu qui établit ses propres règles. Néanmoins, si je choisis d'enfreindre les commandements de Dieu, il faut bien que je sache que je fais cela à main levée pour ainsi dire, et donc à mes risques et périls.
L'Éternel désire que son peuple lui obéisse non pas simplement parce que c'est la Loi ou par sens du devoir, mais surtout parce qu'il a une relation d'alliance avec lui. La deuxième raison pour laquelle Israël, tout comme moi d'ailleurs, est sommé d'obéir est donnée à la fin du chapitre 20 en ces termes :
Vous serez saints pour moi, car moi, l'Éternel, je suis saint et je vous ai mis à part des autres peuples pour que vous m'apparteniez (Lévitique 20.26).
Dieu dit donc en substance deux choses : J'ai tous les droits et ma législation est sacrée ! Le texte commence en parlant de la sainteté dans le mariage. Alors que je prononce ces paroles, je me rends compte combien elles peuvent sonner vieux jeu à certains, désuètes et choquantes pour une génération où tout est bon. La perspective de la vie selon le point de vue des Écritures est extrême. En cela, dans une société où tout ce qui est démesuré et outrancier a bonne presse, que ce soit le sport ou d'autres choses moins louables, les Textes Sacrés ont non seulement leur place, mais ils sont le remède parfait et la solution idéale pour celui qui a tout vu et tout fait, pour quiconque est blasé.
Ce texte que nous allons maintenant aborder, après une introduction faite de considérations d'ordre général, va énumérer une série d'unions illicites, puis d'actes abominables, et se terminer par une exhortation pressante à ne pas imiter les habitants du pays de Canaan qui pratiquaient ouvertement toutes ces dépravations.
Je commence à lire.
L'Éternel s'adressa à Moïse en ces termes : — Parle aux Israélites et dis-leur : Je suis l'Éternel, votre Dieu. Vous n'agirez pas à l'exemple de ce qui se fait en Égypte, où vous avez habité, ni de ce qui se fait au pays de Canaan où je vous conduis. Vous ne suivrez pas les coutumes de ces pays. Vous obéirez à mes lois et vous observerez mes ordonnances, vous les appliquerez. Je suis l'Éternel votre Dieu. Vous obéirez à mes ordonnances et à mes lois ; l'homme qui les appliquera vivra grâce à cela. Je suis l'Éternel (Lévitique 18.1-5).
Les Israélites venaient tout juste de sortir du pays d'Égypte où en plus de l'idolâtrie, ils avaient les mêmes mœurs que leurs voisins autochtones. Ils doivent donc abandonner la manière de vivre des Égyptiens du milieu desquels ils sortent, mais aussi ne pas adopter celle des Cananéens dans le pays desquels ils se dirigent. Le peuple de Dieu est pris entre l'enclume et le marteau. Six fois dans ce chapitre, l'Éternel avertit Israël de ne pas suivre l'exemple de ces nations. La corruption sexuelle des Cananéens était légendaire. Même aujourd'hui à Los Angeles, en Californie, pourtant la capitale mondiale de la porno et de la perversion sexuelle, ces gens sont des enfants de chœur au regard des Cananéens. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'Éternel va en grande partie les exterminer.
Jusqu'à présent, il a souvent été question d'être « retranché du milieu de son peuple ». Ici apparaît un nouveau concept, celui de vivre grâce à l'obéissance aux ordonnances et aux lois de l'Éternel. Ce principe est double. Il renferme à la fois la notion de prospérité terrestre et de salut, l'obtention de la vie éternelle en somme. Cette petite phrase souligne que la Loi est bonne pour l'homme. En effet, son respect favorise la vie sous toutes ses formes, car il crée les conditions nécessaires pour que les humains puissent bien vivre. En second lieu, la mort étant la sanction de la transgression de la Loi, celui qui lui obéirait pleinement aurait donc un plein droit à la vie tout court, et à la vie éternelle.
L'apôtre saint Paul dans le Nouveau Testament citera ce texte pour démontrer l'impossibilité d'être considéré juste par Dieu dans le système de la Loi de Moïse. Son raisonnement est simple : la Loi stipule que pour avoir droit à la vie, il faut l'accomplir dans sa totalité. Celui qui la transgresse ne peut donc pas obtenir la vie éternelle. Il faut en effet se souvenir que la possibilité d'une réparation pour des fautes volontaires était très limitée sous l'Ancienne Alliance. Si on ajoute à cela que selon les Écritures, il est impossible que du sang de taureau et de boucs ôte les péchés, on mesure que la Loi de Moïse à elle seule laissait le coupable sous la condamnation à mort, et donc dans l'impossibilité d'obtenir la vie éternelle.
Je continue le texte.
Aucun d'entre vous n'aura de relations sexuelles avec une proche parente. Je suis l'Éternel (Lévitique 18.6).
Le texte va maintenant entrer dans les détails de ce qu'on a coutume d'appeler : le tabou de l'inceste, et qui a déjà fait couler beaucoup d'encres parmi les anthropologues et sociologues en particulier. En Égypte, non seulement les unions légales entre proches parents étaient fréquentes, mais il en était de même de l'inceste. Dieu condamne les mariages formels connus ou secrets ainsi que les actes isolés entre même sang.
Je continue le texte.
Tu ne porteras pas atteinte à ton père en ayant des relations sexuelles avec ta mère. Puisque c'est ta mère, tu ne lui porteras pas atteinte. Tu n'en auras pas non plus avec une autre femme de ton père, ce serait porter atteinte à ton père (Lévitique 18.7-8).
En découvrant la nudité de sa mère, on porte atteinte à l'honneur de son père. Cette défense n'était pas du tout superflue, car de pareilles unions étaient permises parmi des peuples puissants comme les Perses, les Mèdes, les Indous et les Éthiopiens. C'est la même interdiction lorsqu'il s'agit d'une épouse de second rang, qui n'est pas la mère de celui auquel s'adresse le commandement. Dans le premier cas ou lorsqu'il s'agit de la femme légitime du père, c'est la peine de mort qui est édictée, mais pas lorsqu'il s'agit d'une simple concubine. Cela sera précisé plus loin dans le livre. Aussi incroyable que cela puisse paraître ce problème se trouvait dans une des Églises fondées par l'apôtre saint Paul. Je cite le passage où il s'insurge contre cette liaison sordide :
On entend dire partout qu'il y a de l'immoralité parmi vous, et une immoralité telle qu'il ne s'en rencontre même pas chez les païens : l'un de vous vit avec la deuxième femme de son père ! Et vous vous en vantez encore ! Vous devriez au contraire en être vivement affligés et faire en sorte que l'auteur d'un tel acte soit exclu du milieu de vous (1Corinthiens 5.1)
Je continue le texte.
Tu n'auras pas non plus de relations sexuelles avec ta sœur ou ta demi-sœur, fille de ton père ou fille de ta mère, née dans la maison ou au dehors (Lévitique 18.9).
Ce passage condamne l'union avec une sœur de sang ou par mariage, née ne serait-ce que du père ou de la mère. Les mariages entre frères et sœurs étaient permis chez les peuples barbares comme les Perses et les Égyptiens, mais non chez les Grecs et les Romains. Toutefois, à Athènes et à Sparte, on pouvait épouser sa demi-sœur. Le fait que dans le livre de la Genèse, les patriarches contractaient des mariages avec une demi-sœur ou avec deux sœurs simultanément comme dans le cas de Jacob, prouve que dans ce domaine la loi de Moïse a réellement innové. La suite du texte interdit les croisements entre grands-parents et petits-enfants et entre neveu et tante également condamnés par les Romains et les Musulmans, mais permis partout ailleurs. La prohibition entre un oncle et une nièce n'est cependant pas mentionnée dans la Loi de Moïse.
Je continue.
Tu ne porteras pas atteinte au frère de ton père en t'approchant de son épouse, car elle est ta tante (Lévitique 18.14).
L'union avec une tante par alliance est interdite. Plus loin, il est précisé que ceux qui violent cette défense restent chargés de leur faute et leur union sera stérile. Cependant, le mariage avec la veuve d'un oncle maternel n'est pas défendu.
Je continue.
Tu n'auras pas de relations sexuelles avec ta belle-fille ; c'est la femme de ton fils, tu ne lui porteras pas atteinte (Lévitique 18.15).
Le contraire, une femme avec son gendre, est sous-entendu, mais impensable dans la culture hébraïque. Plus loin dans le livre, la Loi de Moïse précise que c'est la peine de mort qui est imposée pour ce crime, appelé une chose monstrueuse, un renversement des lois naturelles ; une expression très forte qui ne se retrouve qu'à propos des relations sexuelles avec les animaux.
Je continue.
Tu n'auras pas non plus de relations sexuelles avec la femme de ton frère ; car à travers elle, c'est à ton frère que tu porterais atteinte (Lévitique 18.16).
C'est en vertu de cette loi que Jean-Baptiste dans l'Évangile a repris le roi Hérode pour avoir épousé Hérodiade, épouse de son demi-frère Hérode Philippe. L'intégrité et l'audace de Jean-Baptiste lui ont coûté la vie. Même s'il est vrai qu'un peu plus loin le texte appelle une telle union une impureté, une tache, et déclare qu'elle demeurera stérile, cette interdiction est à tempérer dans un cas précis. En effet, dans le livre du Deutéronome, le 5e écrit par Moïse, l'auteur ordonne qu'une telle union ait lieu, lorsqu'il n'y a pas d'enfant du premier mariage de la veuve, et cela, afin de conserver le nom du défunt. Je lis le passage :
Si deux frères demeurent ensemble et que l'un d'eux vienne à mourir sans laisser d'enfant, sa veuve ne se remariera pas en dehors de la famille ; son beau-frère l'épousera pour accomplir son devoir de beau-frère envers elle (Deutéronome 25.5).
Nous avons donc ici la règle générale, tandis que le Deutéronome indique une exception pour un cas particulier et dans un but spécifique. Cela m'enseigne que pour bien comprendre l'esprit des Écritures, il me faut bien les connaître, car tout n'est pas dit dans le même passage.