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Émission 1210 - Zacharie 10.2-10.5

Diffusé le 15 août 2016 - ::

Chapitre 10

Verset 2

Entre 1925 et 1931, des archéologues américains entreprirent des fouilles dans l’antique ville de Nuzi (aujourd’hui Yorghan Tepe) qui se trouve en Irak, au sud-est des ruines de Ninive, l’ancienne capitale de l’Empire assyrien. Ils y découvrirent d’innombrables tablettes, certaines remontant à une époque antérieure au patriarche Abraham. La bibliothèque de Nuzi se révéla être une mine d’or d’informations sur les us et coutumes des peuples antiques, dont leurs pratiques occultes. On a ainsi découvert que l’usage des idoles domestiques était très répandu.

À l’origine, c’étaient des statuettes qui avaient une forme humaine et qui représentaient des ancêtres décédés. Elles pouvaient être de toutes tailles et même grandeur nature. Appelées théraphim en hébreu, elles étaient transmises de père en fils et devenaient la propriété de l’héritier du domaine familial. Les gens étaient très attachés à ces idoles domestiques (Juges 18.23-24) parce qu’ils croyaient qu’elles exerçaient une influence bienfaisante sur le lieu où elles se trouvaient, qu’elles avaient le pouvoir de protéger leur propriétaire et qu’on pouvait les consulter pour connaître l’avenir.

Ces croyances peuvent faire sourire l’homme qui se dit moderne, mais elles ne sont pas plus bizarres que d’utiliser une patte de lapin ou un St-Christophe comme porte-clés, ou de clouer un fer à cheval sur la porte de sa grange ou de son garage.

Quand Jacob s’est enfui de chez Laban, son beau-père avec femmes et enfants, armes et bagages, Rachel, son épouse préférée, a volé les théraphim de son père (Genèse 31). Quand ce dernier est revenu des champs et a découvert le larcin, il est devenu fou furieux parce que le possesseur de ces statuettes était de facto le chef de famille et le propriétaire du domaine familial. En d’autres mots, en s’appropriant ces idoles, Rachel faisait de son mari l’héritier de son père.

Je continue à lire dans le chapitre dix de Zacharie.

(Demandez donc à l’Éternel de la pluie au printemps !) Car vos idoles domestiques ont débité des mots trompeurs, les devins ont transmis des révélations fausses. Ils racontaient des songes qui n’étaient que mensonges, et leurs consolations étaient des illusions. Voilà pourquoi ce peuple a dû partir au loin, dans la misère, comme un troupeau qui n’a pas de berger (Zacharie 10.2).

Comme je l’ai dit, les idoles domestiques faisaient partie de tout un arsenal occulte très répandu dans le monde païen, et elles sont encore très prisées aujourd’hui. Le prophète Ézéchiel qui a exercé son ministère en Babylonie parmi les exilés de Juda écrit :

Le roi de Babylone se tient au carrefour d’où partent les deux chemins pour interroger le sort : il tire au sort avec des flèches, il consulte les idoles domestiques, il examine le foie d’animaux (Ézéchiel 21.26).

Zacharie rappelle aux Israélites que la divination et les autres formes d’occultisme que leurs ancêtres pratiquaient leur ont été complètement inutiles et même néfastes puisqu’elles n’ont pas empêché les catastrophes de les frapper et parce qu’ils ont fini massacrés ou exilés.

Quant aux devins, c’étaient des contrefaçons occultes des vrais prophètes. Le peuple les consultait parce qu’ils apportaient des consolations et faisaient des promesses de délivrance, mais elles étaient toutes frivoles et mensongères. Le prophète Jérémie écrit :

Je vais m’en prendre, déclare l’Éternel, à ces prophètes qui ont des songes mensongers, qui les racontent pour égarer mon peuple par leurs mensonges et par leurs balivernes. Car moi, je ne les ai pas mandatés, je ne leur ai pas donné d’ordre, ils ne sont, pour ce peuple, d’aucune utilité, l’Éternel le déclare (Jérémie 23.32).

Vous donc, n’écoutez pas vos prophètes, vos devins, vos oracles, vos augures et vos magiciens qui affirment que vous ne serez pas assujettis au roi de Babylone. Leurs prophéties sont des mensonges qui vous feront bannir de votre pays : je vous en chasserai et vous périrez (Jérémie 27.9-10).

La loi de Moïse interdisait sévèrement d’avoir recours aux devins (Deutéronome 18.9-14) parce que l’Éternel accorde les révélations qu’il juge nécessaires à ses vrais prophètes, et finalement par Jésus-Christ, le prophète messianique (Actes 3.22-23). Mais parce que le peuple de Juda a fait confiance aux idoles qui représentent des fausses divinités, il a dû partir au loin , littéralement décamper, lever le camp , pour partir en exil.

De ce fait, il a été comme un troupeau de brebis qui n’a pas de berger et qu’on emmène à l’abattoir, ou au marché pour le vendre. Dans les temps antiques, les dirigeants étaient appelés « bergers » (2Samuel 5.2 ; Jérémie 23.2). Or, avant l’exil, le peuple d’Israël n’avait plus de vrais bergers pour lui dicter la bonne voie à suivre, et en Babylonie il a dû se soumettre aux bergers d’une autre nation. Le prophète Ézéchiel écrit :

Mes brebis se sont dispersées, faute de berger, et elles sont devenues la proie de toutes les bêtes sauvages (Ézéchiel 34.5).

Une fois de retour dans leur pays et après la gouvernance de Zorobabel, la situation des colons juifs s’est à nouveau dégradée parce que certains de leurs dirigeants se sont comportés comme des loups. Le gouverneur Néhémie écrit :

Mes prédécesseurs dans cette charge avaient pressuré le peuple, exigeant qu’on leur remette chaque jour, outre le pain et le vin, quarante pièces d’argent. Même leurs fonctionnaires exerçaient leur domination sur le peuple. Pour moi, je n’ai jamais agi de la sorte, car je révérais Dieu (Néhémie 5.15).

Verset 3

Je continue le chapitre dix.

C’est contre les bergers que je suis en colère, je châtierai les boucs. Le Seigneur des armées célestes vient s’occuper de son troupeau, le peuple de Juda, et il va faire d’eux son cheval glorieux pour la bataille (Zacharie 10.3).

Les bergers et les boucs désignent les puissances païennes qui dominent le peuple de Dieu depuis qu’il a perdu son dirigeant, le roi légitime de la lignée de David. Cette prophétie a une application partielle au temps de Zacharie, mais son accomplissement complet aura lieu à la fin de la grande tribulation, juste avant le retour de Jésus-Christ, le Messie.

Dans les Écritures, le mot hébreu pour « boucs » sert à désigner les grands de ce monde, ceux qui détiennent le pouvoir. Le prophète Ésaïe écrit :

Le monde du séjour des morts en bas est en émoi à ton sujet pour t’accueillir à ta venue. Pour toi, on réveille les ombres et tous les princes (boucs) de la terre. On a fait lever de leurs trônes tous les rois des nations (Ésaïe 14.9).

Environ 135 ans avant l’exil de Juda en Babylonie (en 587-586), les Israélites des 10 tribus du Nord furent déportés en Assyrie (722). Quand les Perses ont pris le pouvoir en détruisant Babylone qui avait elle-même conquis l’Empire assyrien, les membres de toutes les tribus d’Israël étaient éparpillés dans leur vaste empire. Comme Juda est la tribu royale, celle d’où est issu le roi légitime, au retour de l’exil babylonien, elle est devenue la tribu dominante autour de laquelle se rallièrent toutes les autres. Juda devint synonyme d’Israël.

Il faut aussi savoir que quand les Israélites étaient scindés en deux royaumes, celui du Nord comptait 9 tribus entières plus une majorité de lévites dispersées parmi elles, d’où l’appellation 10 tribus.

Quant au royaume de Juda, dans le sud de la Palestine, il incluait toujours la tribu de Benjamin, ainsi que celle de Siméon. En effet, au moment du partage du pays de Canaan, par tirage au sort, la tribu de Siméon s’est vue installée au sud-ouest de Juda. Un texte dit :

L’héritage des fils de Siméon fut pris sur la portion des fils de Juda ; car la portion des fils de Juda était trop grande pour eux, et c’est au milieu de leur héritage que les fils de Siméon reçurent le leur (Josué 19.9 ; NEG ; comparez Josué 21.4).

Comme il fallait s’y attendre, en très peu de temps, le plus gros a mangé le petit et la tribu de Siméon a disparu, absorbée par Juda. Quoique logique, cette annexion fut en réalité l’accomplissement d’une malédiction prophétique que Jacob a prononcée sur deux de ses fils. Je la lis :

Siméon et Lévi sont frères, ils se sont mis d’accord pour semer la violence. […] Maudit soit leur emportement, car il est implacable ! Moi je les éparpillerai au milieu de Jacob, je les disperserai en Israël (Genèse 49.5, 7).

Jacob a prononcé une imprécation contre ses deux fils parce qu’ils avaient fait un massacre suite à une sordide affaire de mœurs comme on dit aujourd’hui. Ces deux frères avaient une sœur et le texte dit :

Dina, la fille que Léa avait enfantée à Jacob, sortit pour voir les filles du pays. Sichem, fils de Hamor le Hévien qui gouvernait la région, la remarqua : il l’enleva et coucha avec elle en lui faisant violence. Il s’attacha à Dina, la fille de Jacob, en tomba amoureux et chercha par ses paroles à conquérir le cœur de la jeune fille (Genèse 34.1-3).

Il va sans dire que ce viol fut extrêmement mal pris par les fils de Jacob, surtout par Siméon et Lévi, fils de Léa, la mère de Dina. Les deux frères décidèrent alors de venger leur sœur en montant un stratagème qui a si bien fonctionné qu’ils ont réussi à exécuter froidement tous les hommes de la ville où le viol avait eu lieu. Bien qu’à cette époque, les méthodes expéditives étaient admises, Lévi et Siméon y sont allés un peu trop fort, ce qui leur valut d’être maudits par leur père. Jacob étant patriarche, il était aussi prophète, ce qui fait que sa parole s’est accomplie et les tribus de Lévi et Siméon furent éparpillées parmi les autres.

Non seulement le Seigneur des armées vient s’occuper du peuple de Juda, mais il va faire d’eux son cheval glorieux pour la bataille . L’Éternel va utiliser les Israélites pour triompher de ses ennemis. C’est ce qui est arrivé quand la famille de prêtres appelée Maccabées a vaincu les Grecs de la dynastie des Séleucides qui régnaient sur la Syrie.

Un scénario semblable aura lieu pendant la bataille d’Armaguédon. Israël cerné de toutes parts sera délivré soudainement par le retour de Jésus-Christ. Alors aura lieu un retournement complet de situation et le peuple de Dieu, composé d’Israélites et de non-Juifs, anéantira tous ses ennemis. Cette prophétie confirme ce qui a déjà été dit par l’Éternel :

Je tends mon arc : c’est Juda ; j’y place une flèche : Éphraïm. […] je ferai de toi une épée de guerrier (Zacharie 9.13).

Verset 4 a

Je continue à lire dans le chapitre dix.

Car la pierre angulaire sortira de Juda (Zacharie 10.4 a).

Ce passage explique la situation et la position de Juda-Israël au tout début du millénium. Les Israélites du nord et du sud ont longtemps été subjugués par des puissances étrangères, un châtiment dû à leur rébellion persistante contre Dieu. Cependant, un jour, Israël unifié sera à la fois indépendant et à la tête des nations parce qu’il bénéficiera de la protection du Messie. Ce roi qui sortira de Juda n’est autre que Jésus-Christ et il est décrit de trois façons différentes.

Premièrement, le Messie est la pierre angulaire, le fondement sur lequel repose l’édifice tout entier, c’est-à-dire la nation d’Israël ainsi que les non-Juifs soumis à l’Éternel. Le prophète Ésaïe et le psalmiste écrivent respectivement :

C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : « Je vais placer en Sion, une pierre servant de fondation, une pierre éprouvée, une pierre angulaire d’une grande valeur, servant de fondement solide : celui qui la prend pour appui ne sera pas réduit à fuir » (Ésaïe 28.16).

La pierre rejetée par ceux qui bâtissaient est devenue la pierre principale, la pierre d’angle (Psaumes 118.22).

Cette prophétie a une première application au temps de l’Église. L’apôtre Pierre écrit :

Voici, en effet, ce qu’on trouve dans l’Écriture […] : J’ai choisi une pierre de grande valeur et je la pose en Sion à l’angle de l’édifice. Celui qui met sa confiance en elle ne connaîtra jamais le déshonneur. Pour vous donc qui croyez : l’honneur ! Mais pour ceux qui ne croient pas : La pierre rejetée par les constructeurs est devenue la pierre principale, à l’angle de l’édifice, une pierre qui fait tomber, un rocher qui fait trébucher (1Pierre 2.6-8 ; comparez Actes 4.11 ; Romains 9.33).

Pour les apôtres Pierre et Paul, la pierre est le Seigneur Jésus, mais l’édifice est l’Église. Paul écrit :

Dieu vous a intégrés à l’édifice qu’il construit sur le fondement que sont les apôtres, ses prophètes, et dont Jésus-Christ lui-même est la pierre principale (Éphésiens 2.20).

Le deuxième accomplissement de la prophétie aura lieu quand Jésus-Christ établira son royaume sur terre. Alors, l’édifice sera le nouvel Israël et non plus l’Église car elle aura disparu, enlevée dans les cieux (1Thessaloniciens 4).

Tout comme Pierre, Jésus a cité la prophétie du psalmiste mais il en ajoute une autre du prophète Ésaïe (Ésaïe 8.14-15) et se les approprie toutes les deux. Parlant aux chefs religieux, il leur a dit :

N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale, celle de l’angle ; c’est du Seigneur que cela est venu, et c’est une merveille à nos yeux ? C’est pourquoi, je vous le dis, le royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à une nation qui en produira les fruits. Quiconque tombera sur cette pierre s’y brisera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera (Matthieu 21.42-44 ; SER).

Jésus est la pierre d’angle de l’édifice, que ce soit l’Église ou la future nation d’Israël, et il écrasera tous ses adversaires. C’est aussi ce que dit le prophète Daniel quand il interprète la vision de Nabuchodonosor dans laquelle le roi a vu une statue qui représente plusieurs empires successifs. Je lis ce passage :

À l’époque de ces rois-là, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit et dont la souveraineté ne passera pas à un autre peuple ; il pulvérisera tous ces royaumes-là et mettra un terme à leur existence, mais lui-même subsistera éternellement. C’est ce que représente la pierre que tu as vue se détacher de la montagne sans l’intervention d’aucune main humaine pour venir pulvériser le fer, le bronze, l’argile, l’argent et l’or (Daniel 2.44-45).

Verset 4

Je continue la prophétie de Zacharie.

Car la pierre angulaire sortira de Juda, de lui aussi viendra le piquet de la tente ainsi que l’arc de guerre. Oui, de lui tous les chefs seront issus (Zacharie 10.4).

En second lieu, de Juda viendra le piquet de la tente . Le mot ainsi traduit veut aussi dire cheville ouvrière ou porte-manteau . Ici, il s’agit très certainement du pieu central qui sert de point d’appui à la tente tout entière. Mais quelle que soit la traduction envisagée, elle présente le Messie qui consolide et soutient le nouvel Israël, tant dans les domaines politique, économique que militaire. Parlant du roi à venir, le prophète Ésaïe écrit :

Oui, je le planterai fermement comme un clou dans un endroit solide, comme un trône glorieux pour la famille de son père. Toute la gloire de sa parenté y sera suspendue, les rameaux, les brindilles et tous les ustensiles depuis les bols et jusqu’aux jarres (Ésaïe 22.23-24).

Troisièmement, de Juda viendra l’arc de guerre . Le Messie est décrit sous l’aspect d’un arc qui décoche contre ses ennemis les traits infaillibles de l’Éternel. Dans un psaume messianique, l’auteur écrit :

Et dans ta gloire, remporte des victoires ! Conduis ton char de guerre, défends la vérité, la douceur, la justice ! Que ta main se signale par des actions d’éclat ! Tes flèches acérées atteindront en plein cœur les ennemis du roi et tu feras tomber des peuples sous tes pas (Psaumes 45.5-6).

Finalement, de Juda tous les chefs seront issus . Le mot traduit par « chefs » signifie oppresseurs , ou encore magistrats, gouverneurs dans le sens de dirigeants à la poigne de fer, genre führer (comparez Ésaïe 3.12 ; 60.17). Ici, il s’agit des nouveaux maîtres du monde, les ministres et hauts fonctionnaires qui feront partie de l’administration du Messie et qui, sous ses ordres, dirigeront les nations.

Verset 5

Je continue le texte.

Pareils à des guerriers foulant la boue des rues au cours de la bataille, ils combattront. L’Éternel sera avec eux. Alors leurs ennemis montés sur des chevaux seront couverts de honte (Zacharie 10.5).

Les forces armées de Juda étaient surtout composées d’infanterie tandis que leurs ennemis avaient des chars de guerre et une cavalerie.

Comme précédemment, ce passage décrit la bataille d’Armaguédon. Le nouvel Israël, constitué à la fois d’Israélites et de non-Juifs fidèles à l’Éternel, est décrit sous les traits d’une armée de fantassins attaquant avec vaillance un ennemi militairement supérieur parce que monté sur des chevaux. Ceux-ci représentent la cavalerie de cette époque encore à venir et qui comme aujourd’hui, sera peut-être composée de chars d’assaut et d’hélicoptères d’attaque. Mais grâce à l’aide divine, le peuple de Dieu remportera une victoire écrasante. Avec Dieu, toujours vainqueur !