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Émission 1215 - Zacharie 12.10-12.14

Diffusé le 22 août 2016 - ::

Chapitre 12

Verset 10 b, c

Enfant, avec les copains, en hiver, on chassait les moineaux au lance-pierres. Je dis pas que c’était intelligent, mais c’est ce qu’on faisait. On scrutait les arbres jusqu’à ce que l’un d’entre nous chuchote : J’en vois un là sur la branche à tel et tel endroit . Mais si quelqu’un n’arrivait pas à le voir, on lui disait : Ben quoi, t’as de la peau de sos devant les yeux ma parole . Cette expression argotique est bizarre mais très parlante aussi et elle s’applique bien au domaine spirituel. En effet, l’apôtre Paul écrit :

Jusqu’à ce jour, toutes les fois que les Israélites lisent les écrits de Moïse, un voile leur couvre l’esprit (2Corinthiens 3.15).

Mais un jour, ils verront et c’est en masse qu’ils se tourneront vers le Christ, celui que leurs ancêtres ont transpercé. Ce voile spirituel qui aveugle la plupart des Juifs ne signifie pas qu’aujourd’hui ils ne sont pas responsables de leur état d’incrédulité. Au contraire, ils sont sous le même régime que les autres hommes. Or, chaque être humain quel qu’il soit est appelé à reconnaître son péché devant le Créateur et à placer sa confiance en Jésus-Christ pour le pardon de ses fautes.

Dieu nous sauve par pure grâce ; je n’y suis pour rien et je ne participe pas le moins du monde à mon salut. Il n’est dû ni à un quelconque mérite, ni à un rite, ni même à ma foi, mais au précieux sang que Jésus a versé sur la croix. Comme le dit l’apôtre Paul :

C’est en lui seul que se trouve le salut. Dans le monde entier, Dieu n’a jamais donné le nom d’aucun autre homme par lequel nous devions être sauvés (Actes 4.12).

Je continue à lire dans le chapitre douze du livre de Zacharie.

(En ce jour-là, je répandrai alors sur la famille de David et sur ceux qui habitent Jérusalem un Esprit de pitié et de supplication. Alors ils tourneront leurs regards vers moi, celui qu’ils auront transpercé). Ils porteront le deuil pour lui comme on porte le deuil pour un enfant unique ; ils pleureront sur lui tout comme on pleure amèrement pour son fils premier-né (Zacharie 12.10 b, c).

Le sentiment de contrition exprimé dans les regards qui se tournent vers l’Éternel donne naissance à une douleur vive qui saisit le peuple entier, et ce n’est pas un simple deuil national avec drapeaux en berne, mais une lamentation individuelle qui a lieu dans tous les foyers. Ce sera à l’image de ce qui s’est passé suite au jugement de Dieu quand l’Ange de l’Éternel frappa tous les premiers-nés d’Égypte, et chaque famille prit le deuil en pleurant sur la mort du fils aîné.

Après que l’Éternel ait dit : ils tourneront leurs regards vers moi , il ajoute : ils porteront le deuil pour lui. Alors que précédemment, l’unité du Père et du Fils a été amplement soulignée par la prophétie de Zacharie. Ici, le changement de la première à la troisième personne montre que le Messie est une personne distincte de l’Éternel. Même si les trois personnes de la Trinité forment un tout, une unité, elles ne constituent pas une masse uniforme mais se composent de trois êtres séparés.

La douleur du deuil que les Israélites repentants connaîtront sera profonde et poignante, ce qui est exprimé par la double comparaison avec la perte d’un enfant unique et d’un fils premier-né. Le fils aîné possédait des privilèges particuliers et sa disparition était durement ressentie. Si en plus, le premier-né était fils unique, la douleur de sa perte n’en était que plus vive parce que chez les Hébreux la transmission du patrimoine, ainsi que la préservation de la famille et du nom, étaient d’une importance capitale.

L’extinction de la famille par manque d’héritier était suivie de la vente de la propriété familiale à un parent éloigné ayant droit de rachat. Une telle situation n’était pas seulement fâcheuse mais considérée comme un châtiment et une malédiction, ce qui fait que la mort d’un fils unique était la pire des catastrophes qui pouvait arriver à une famille juive.

Quand le prophète Amos a voulu signifier l’horreur de l’invasion du royaume des 10 tribus du Nord, il a dit de la part de l’Éternel :

J’infligerai à ce pays une douleur aussi profonde que lorsqu’on perd un fils unique (Amos 8.10).

Le prophète Jérémie prononce des paroles similaires au royaume de Juda concernant l’invasion babylonienne. Il dit :

Ô communauté de mon peuple, revêts ton habit de toile de sac, roule-toi dans la cendre et prends le deuil comme pour un enfant unique ! Répands-toi en lamentations amères car le dévastateur fondra soudain sur nous ! (Jérémie 6.26 ; comparez Ésaïe 47.9).

Verset 11

Je continue le texte de Zacharie.

En ce jour-là, il y aura un très grand deuil dans tout Jérusalem, comme le deuil d’Hadadrimmôn dans la vallée de Meguiddo (Zacharie 12.11).

Ici encore, le prophète utilise l’expression en ce jour-là , qui revient sans cesse comme un refrain tout au long du chapitre ainsi que dans les deux suivants. Je rappelle que c’est une référence au jour de l’Éternel que le prophète Malachie appelle grand et terrible (Malachie 3.23). Il commencera après l’enlèvement de l’Église (1Thessaloniciens 4) par sept années de tribulation, qui seront suivies par les mille ans de règne du Christ. À la fin de ce millénium éclatera une rébellion qui sera vite mâtée. Puis aura lieu le jugement universel et on entrera dans l’éternité.

Zacharie a déjà dit que le futur deuil national des Israélites pour Jésus le Messie qu’ils reconnaîtront avoir crucifié, sera semblable à celui pour un fils unique, pour un enfant premier-né (Zacharie 12.10). Maintenant, le prophète établit une nouvelle comparaison en rappelant un événement historique qui donna lieu à un deuil national à Jérusalem, le deuil d’Hadadrimmôn dans la vallée de Meguiddo .

Hadadrimmôn est un mot d’origine assyrienne et le nom d’un village dans la plaine de Meguiddo au nord-est d’Israël, et proche de la ville de Jesréel dans une vallée magnifique et très fertile. C’est dans ces environs que le bon roi Josias fut tué au combat (2Rois 23.29 ; 2Ch 35.20-24 ; 603 av. J-C) alors qu’il essayait de barrer la route à l’armée du pharaon Néko qui montait dans le nord, à Karkémish exactement, pour prêter main-forte aux Assyriens mis en sérieuses difficultés par le roi de Babylone. En réalité, le bon roi Josias n’aurait jamais dû se mêler des affaires des autres et mal lui en prit. Un proverbe dit :

Vous mêler d’une querelle qui ne vous regarde pas, c’est comme attraper un chien par les oreilles (Proverbes 26.17).

Une très mauvaise idée !

Quoi qu'il en soit, la fin tragique de Josias, un roi très aimé par le peuple, fut l’occasion de lamentations extraordinaires, et qui se répétaient chaque année à l’anniversaire de sa mort. Je lis le passage :

Jérémie composa une complainte funèbre sur lui (le roi Josias). Tous les chanteurs et toutes les chanteuses célèbrent Josias dans leurs complaintes jusqu’à ce jour, car c’est devenu une tradition en Israël. Ces chants sont consignés dans le recueil des complaintes (2Chroniques 35.25).

Longtemps après l’exil babylonien, pleureurs et pleureuses professionnels célébraient toujours la fin tragique du bon roi Josias. Ce grand deuil national et perpétuel est une image des lamentations que feront entendre les Israélites quand ils prendront conscience de leur responsabilité en tant que nation dans la crucifixion du Messie.

Verset 12

Je continue le texte de Zacharie.

Le pays tout entier célébrera ce deuil, chaque famille à part, la famille de David à part, et ses femmes à part, la famille de Nathan à part, et ses femmes à part (Zacharie 12.12).

À partir d’ici, Zacharie décrit l’étendue et l’intensité du deuil national à venir. En Israël, il sera suivi par tous les individus de chaque famille, à commencer par la dynastie de David pour signifier que tous les Israélites, même ceux qui sont d’un rang social élevé, mèneront ce deuil.

Si le prophète nomme Nathan qui est une branche spécifique de la famille royale, c’est pour bien montrer que les lamentations seront ressenties à titre individuel. Nathan est l’un des fils de David (2Samuel 5.14) et l’ancêtre de Zorobabel, le prince de Juda qui conduisit les premiers colons hors de Babylone et en Palestine. C’est aussi de la lignée de Nathan qu’est issu Joseph, le père adoptif de Jésus.

Zacharie prend soin de mentionner les femmes à part pour deux raisons. Premièrement, parce que dans la vie privée et chez ceux qui en avaient les moyens, les femmes d’une maisonnée vivaient dans des appartements privés, séparées des hommes. Dans la vie publique aussi, les femmes et les hommes avaient des rôles distincts, bien définis et ne se fréquentaient pas. De telles séparations existent toujours et sont respectées dans la plupart des pays musulmans.

Deuxièmement, Zacharie parle des femmes à part parce qu’elles jouaient un rôle important dans les cérémonies de deuil. En effet, c’était la coutume pour les familles aisées d’honorer leurs défunts en faisant appel à des pleureuses professionnelles qui accompagnaient le cortège funéraire en se lamentant à grands cris. Par exemple, le prophète Jérémie écrit :

Voici ce que déclare le Seigneur des armées célestes : Considérez ces choses, convoquez les pleureuses et faites-les venir, envoyez appeler celles qui sont habiles à la lamentation et qu’elles viennent ! (Jérémie 9.16).

Une fois pendant son ministère, Jésus est arrivé dans la maison du chef d’une synagogue dont la petite fille venait de mourir. Le texte dit :

Jésus vit une foule bruyante et des gens qui pleuraient et poussaient de grands cris (Marc 5.38 ; NEG).

Et quand lui-même marchait en direction du mont Golgotha où il fut crucifié, Luc écrit :

Une foule de gens du peuple le suivait. Il y avait aussi beaucoup de femmes en larmes, qui se lamentaient à cause de lui (Luc 23.27).

Verset 13

Je continue le texte de Zacharie.

(Le pays tout entier célébrera ce deuil, chaque famille à part,) la famille de Lévi à part, et ses femmes à part, la famille de Shimeï à part, et ses femmes à part (Zacharie 12.13).

Après avoir choisi la famille royale comme premier exemple, le prophète prend maintenant une famille sacerdotale et plus précisément, le clan de Shimeï fils de Guershôn et petit-fils de Lévi (Nombres 3.17-18) pour montrer, comme précédemment, que les lamentations seront individuelles.

Dans un sens, un premier accomplissement de cette prophétie a déjà eu lieu quand, suite à la prédication des apôtres, de nombreux prêtres ont reconnu en Jésus leur Messie. Luc écrit :

La Parole de Dieu se répandait toujours plus. Le nombre des disciples s’accroissait beaucoup à Jérusalem. Et même de nombreux prêtres obéissaient à la foi (Actes 6.7).

Verset 14

Je finis le chapitre 12.

(Le pays tout entier célébrera ce deuil) et toutes les autres familles, chacune à part, et les femmes à part (Zacharie 12.14).

Après avoir mentionné les deux lignées royale et sacerdotale, Zacharie étend l’universalité des lamentations à tout Israël. Tout le monde sera en deuil ; chaque famille et chaque individu sans distinction de sexe ou de rang social, participera à cette repentance nationale.

Jusqu’à présent nous avons déroulé les prophéties de Zacharie en notant au passage qu’elles concernent surtout le jour de l’Éternel, le programme à venir pour Israël et pour toutes les nations jusqu’à l’établissement du royaume de Dieu sur terre. Tout au long du livre, le prophète parle aux Israélites de son temps. Il cherche à les encourager à persévérer dans la piété en les exhortant à regarder l’avenir glorieux que l’Éternel réserve à son peuple.

La première fois que Jésus est venu, il a été rejeté, humilié, vendu et livré aux Romains qui l’ont crucifié. Puis une longue parenthèse dont Zacharie ne parle pas s’est ouverte dans le plan de Dieu. Elle dure depuis presque deux mille ans et consiste en un temps de grâce pendant lequel Dieu se constitue un peuple qui lui appartient. L’Éternel refermera la parenthèse par l’enlèvement de l’Église. Ensuite apparaîtra l’Antichrist qui imposera un régime totalitaire pendant sept ans, un temps appelé tribulation marqué par des souffrances plus terribles que tout ce que le monde a connu.

Cette période de jugements prendra fin soudainement au retour de Jésus-Christ qui écrasera les ennemis de son peuple puis établira son royaume sur toute la terre. Lui seul apportera la paix auquel le monde aspire et soupire mais qui a toujours été élusive. Pourtant, certains hommes d’État ont vraiment tout mis en œuvre pour établir au moins une sorte de pax romana, l’absence de conflits, mais en vain.

Un jeudi soir de décembre 1959, un Boeing 707 décolla d’une base militaire de l’état du Maryland et prit la direction du soleil levant. L’avion portait l’emblème du président des États-Unis. C’est ainsi que commença le plus long voyage qu’un président ait jamais entrepris. Eisenhower se rendait dans trois continents afin de rencontrer une douzaine de chefs d’état. Son objectif principal était de promouvoir la paix. Avant de partir, le président avait dit qu’il voulait œuvrer avec tous les hommes de bonne volonté pour promouvoir dans le monde une paix durable avec justice. C’était là une bien noble entreprise.

Eisenhower parcourut 36 000 km en 19 jours au nom de la paix. Depuis ce mémorable voyage, la plupart des présidents se sont démenés, essayant d’une manière ou d’une autre d’établir la paix en ce bas monde. Quand Eisenhower s’est envolé, il était accompagné des prières et des bons vœux de plus d’un milliard de personnes parce que le monde veut vraiment la paix ; c’est le profond désir du cœur humain.

L’ironie du sort a voulu que le président américain s’embarque dans cette aventure en décembre, le mois de l’année où la chrétienté célèbre l’enfant Jésus dont la naissance fut acclamée par une multitude d’anges qui se sont écriés :

Gloire à Dieu, dans les lieux très hauts et paix sur la terre ! (Luc 2.14).

Eisenhower avait toute une carrière militaire derrière lui ; il n’était pas dupe et savait fort bien ce qui est dans le cœur de l’homme. Il ne nourrissait pas d’idées grandioses et ne se faisait guère d’illusions mais il espérait apaiser les tensions du moment en expliquant clairement les intentions de la nation dont il était le président afin de dissiper la méfiance de ceux qui lui étaient hostiles.

Ça fait maintenant plus de 50 ans que ce voyage historique a eu lieu et hier soir au journal de 20 h, il était question de conflits armés et de pays au bord d’une guerre civile, la rengaine habituelle quoi, sans parler des maux sociaux et individuels qui de temps en temps font la une des journaux. Comme l’écrit le prophète Ésaïe :

(L’Éternel a dit) il n’y a pas de paix pour les méchants ! (Ésaïe 48.22 ; 57.21).

Or, c’est ce que nous sommes. L’enfant Jésus qui est né voilà presque 2000 ans est notre seule espérance d’une paix durable. Lui seul peut et va apporter la paix sur cette terre parce pour l’éternité, il détient le titre de Prince de la paix (Ésaïe 9.5). Jésus a un programme pour instaurer la paix sur terre car elle fera partie du royaume de Dieu. Il régnera de Jérusalem qui depuis toujours est pour Dieu le centre du monde et le trône de sa majesté, autant pour Israël que pour toutes les autres nations.

Dans les trois derniers chapitres de Zacharie, la ville de Jérusalem est mentionnée 23 fois si j’ai bien compté et il ne s’agit jamais d’une ville mythique ou emblématique située on ne sait où, mais de la capitale actuelle de l’état hébreu, un endroit que tous les chefs d’État évitent comme la peste car comme l’a dit Zacharie précédemment, Jérusalem est une très lourde pierre pour toutes les nations (Zacharie 12.3).

La restauration et la conversion d’Israël qui auront lieu quand Jésus-Christ le Messie reviendra ne peuvent être comprises que littéralement afin de satisfaire l’étendue de la révélation prophétique qui annonce le changement total, la métamorphose profonde des Israélites afin qu’ils soient transformés en peuple de Dieu.

Contrairement à ce que beaucoup de croyants de bonne foi pensent, l’interprétation littérale des prophéties de l’Ancien Testament est enracinée dans l’inspiration et l’interprétation des Écritures. Ce n’est donc pas un simple détail ou une petite divergence d’opinions. Là, je sens que je vais me faire des ennemis.

Les prophéties de Zacharie ou des autres prophètes, et qui concernent ce jour-là, c’est-à-dire le jour de l’Éternel, ne sont pas applicables à notre époque qui est le temps de l’Église parce qu’elles sont en dehors de la vision prophétique de l’Ancien Testament. Je sais bien que l’alliance nouvelle dont parle Jérémie (Jérémie 31.31) a été instaurée par Jésus-Christ quand il a célébré la Pâque avec ses disciples dans la chambre d’hôte. Le texte dit qu’après le repas, Jésus a dit :

Ceci est la coupe de la nouvelle alliance conclue par mon sang qui va être versé pour vous (Luc 22.20).

Cette prophétie est remarquable et nous concerne directement vous et moi. Cependant, ce qui est plus extraordinaire encore est qu’elle s’appliquera au peuple d’Israël et de Juda en ce jour-là .