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Émission 1224 - Malachie 2.6-2.9

Diffusé le 2 septembre 2016 - ::

Chapitre 2

Versets 6-7 a, b

Nous sommes habitués à voir des affiches mais aussi des militaires en chair et en os qui cherchent à engager des jeunes en leur décrivant les multiples avantages d’une carrière dans l’Armée. On les trouve même dans les grands centres commerciaux avec tout un arsenal de guerre. Par contre, ce qui est moins courant et plus modeste, sont les publicités qui vantent les mérites d’une vocation religieuse. Comme les temps sont durs, on recrute pas seulement des jeunes, mais aussi des adultes et même des hommes mariés. Oui, mais si l’Éternel est Dieu, ne devient pas prêtre qui veut.

Dans l’Israël ancien, pour exercer un ministère sacerdotal, il fallait remplir plusieurs conditions. Premièrement, être membre de la tribu de Lévi, la seule habilitée à s’occuper du culte de l’Éternel. Pendant les pérégrinations des Hébreux dans le désert, c’étaient uniquement les Lévites qui montaient et démontaient le Tabernacle et qui le transportaient jusqu’à la prochaine halte des tribus d’Israël.

Deuxièmement, ne pouvait devenir prêtre que le Lévite qui faisait partie de la famille d’Aaron, le frère de Moïse et le premier grand-prêtre d’Israël. Et troisièmement, il fallait que cet homme soit sans défaut corporel même passager comme un membre cassé. Je lis le passage :

L’Éternel parla à Moïse, et dit : Parle à Aaron, et dis : Tout homme de ta race et parmi tes descendants, qui aura un défaut corporel, ne s’approchera point pour offrir l’aliment de son Dieu. Tout homme qui aura un défaut corporel ne pourra s’approcher : un homme aveugle, boiteux, ayant le nez camus ou un membre allongé ; un homme ayant une fracture au pied ou à la main ; un homme bossu ou grêle, ayant une tache à l’œil, la gale, une dartre, ou les testicules écrasés. Il n’ira point vers le voile, et il ne s’approchera point de l’autel, car il a un défaut corporel ; il ne profanera point mes sanctuaires, car je suis l’Éternel, qui les sanctifie (Lévitique 21.16-20, 23 ; auteur).

Je sais bien que ces règles vont à contre-courant de notre culture décadente où tout et tout le monde est accepté et acceptable. On peut crier que c’est pas juste à pleins poumons, mais ça ne changera rien.

Je continue à lire dans le chapitre deux de Malachie.

(J’ai conclu mon alliance avec Lévi.) Sa bouche dispensait un enseignement vrai et l’on ne trouvait sur ses lèvres aucune fausseté. Il vivait avec moi dans la paix et avec droiture, il a détourné de leurs fautes un grand nombre de gens. Car le prêtre doit s’attacher à enseigner la connaissance, c’est vers lui que l’on vient pour recevoir l’enseignement (Malachie 2.6-7 a, b).

Lévi représente toute la tribu, l’ensemble des Lévites, et les prêtres en particulier.

En hébreu, l’enseignement vrai que dispensait la tribu de Lévi est la loi de vérité , celle de Moïse, qui énonce les responsabilités de l’homme envers son Créateur. Avant de quitter ce monde, Moïse s’est adressé à la seconde génération d’Hébreux sortis d’Égypte et leur a dit qu’au moment de la fête du Jubilé qui était l’occasion de la remise des dettes, vous rassemblerez tout le peuple, les hommes, les femmes, les enfants et les étrangers qui résident chez vous, afin qu’ils entendent la lecture de la Loi, qu’ils apprennent à révérer l’Éternel votre Dieu et à obéir à toute cette Loi en en appliquant toutes les ordonnances. Ainsi leurs enfants, qui ne la connaîtront pas encore, l’entendront aussi et apprendront à révérer l’Éternel votre Dieu (Deutéronome 31.12-13).

La tribu de Lévi a le mieux mérité l’éloge que lui adresse Malachie durant la période historique qui coïncide à l’époque de Moïse puis de Josué son aide de camp. Lévites et prêtres étaient alors des exemples pour les autres Israélites parce qu’ils étaient intègres, obéissaient à la loi et d’une façon générale, menaient une vie pieuse.

Tel qu’il fut mis en place par Moïse, le ministère des prêtres avait plusieurs facettes. Ce sont eux qui avaient la responsabilité d’enseigner la connaissance de Dieu et de sa volonté telles qu’elles sont révélées dans la Loi. Moïse a dit à son frère Aaron et ses fils :

Vous devez être capables d’enseigner aux Israélites toutes les ordonnances que l’Éternel leur a données (Lévitique 10.11).

Parallèlement, les prêtres devaient trancher dans les questions relatives à l’application de la loi. Pour employer un langage du jour, on pourrait presque dire que ce sont les prêtres qui signaient les décrets d’application de la loi dans le journal officiel.

Ils avaient aussi un rôle dans l’administration de la justice ce qui sous-entend bien sûr qu’ils devaient rendre des sentences impartiales. L’Éternel a dit à Moïse :

S’il se présente une affaire de meurtre, de litige, de coups et blessures ou quelque autre affaire qu’il est trop difficile au tribunal local de traiter, vous vous rendrez au lieu que l’Éternel votre Dieu aura choisi et vous irez trouver les prêtres-lévites et le juge qui sera alors en fonction. Vous les consulterez, et ils rendront pour vous leur verdict. Alors vous vous conformerez au verdict qu’ils auront rendu dans le lieu que l’Éternel aura choisi, et vous aurez soin de suivre pleinement leurs instructions. Vous agirez selon les instructions qu’ils vous auront données et selon le verdict qu’ils auront rendu sans vous en écarter ni dans un sens ni dans l’autre (Deutéronome 17.8-11).

Alors les prêtres descendants de Lévi s’avanceront, car ce sont eux que l’Éternel votre Dieu a choisis pour être à son service et pour donner la bénédiction en son nom. Leurs décisions trancheront tout litige et tous les cas de coups et blessures (Deutéronome 21.5 ; comparez Deutéronome 19.16-20).

Peu avant de quitter ce monde, dans sa bénédiction patriarcale, Moïse a rendu hommage à la tribu de Lévi ; il a dit :

Les lévites enseignent tout ton droit à Jacob, ta Loi à Israël, ils font monter vers toi le parfum de l’encens et offrent l’holocauste sur ton autel (Deutéronome 33.10).

Il est bien vrai que leur ministère dégénéra en même temps que la vie politique et religieuse de la nation. Cependant, même dans les moments les plus sombres de l’histoire d’Israël, d’une manière générale, la tribu de Lévi a exercé une influence spirituelle et morale bienfaisante sur le peuple.

Verset 7 c

Je continue le texte.

Il (le prêtre) est le messager du Seigneur des armées célestes (Malachie 2.7 c).

Comme je l’ai dit, l’une des responsabilités des prêtres était l’enseignement : faire connaître la volonté de l’Éternel aux Israélites en expliquant comment la loi s’appliquait dans les diverses circonstances de la vie quotidienne. En cette capacité, le prêtre représentait le Seigneur parlant à sa place ; il était son porte-parole, son messager.

Après l’ascension de Jésus, dans l’Église du premier siècle, ce sont les apôtres qui ont remplacé les prêtres dans la fonction d’enseignement et qui sont devenus les messagers du Seigneur. Cela est clairement indiqué dans un passage du livre des Actes suite à un incident qui n’est que trop humain. Dans l’Église de Jérusalem, la première qui a vu le jour, Luc écrit :

À cette époque-là, comme le nombre des disciples ne cessait d’augmenter, des tensions surgirent entre les disciples juifs de culture grecque et ceux qui étaient nés en Palestine : les premiers se plaignaient de ce que leurs veuves étaient défavorisées lors des distributions quotidiennes. Alors les douze apôtres réunirent l’ensemble des disciples et leur dirent : – Il ne serait pas légitime que nous arrêtions de proclamer la Parole de Dieu pour nous occuper des distributions. C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes réputés dignes de confiance, remplis du Saint-Esprit et de sagesse. Nous les chargerons de ce travail. Cela nous permettra de nous consacrer à la prière et au service de l’enseignement (Actes 6.1-4).

Depuis que les apôtres ont quitté ce monde, ce sont les pasteurs et responsables d’Église qui ont la charge d’enseigner le peuple de Dieu et de les conduire dans le droit chemin par leur exemple.

Sous le régime de l’Ancien Testament, les prêtres devaient faire connaître la loi au peuple, mais comme leur nom l’indique, ils avaient une autre responsabilité majeure qui était de servir d’intermédiaire entre l’homme et Dieu, par la prière qui était très formelle, mais surtout au moyen des sacrifices d’animaux, accomplissant ainsi les rituels d’expiation des péchés. Cette fonction est aujourd’hui assumée par Jésus-Christ lui-même qui est ressuscité ! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous (Romains 8.34), écrit l’apôtre Paul, qui dit encore qu’ il y a un seul Dieu, et de même aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, un homme : Jésus-Christ (1Timothée 2.5).

Comme à l’époque de Malachie, les prêtres remplissaient très mal leur ministère de messager du Seigneur . Ils ont été sévèrement repris et rabroués par le prophète, dont le nom, justement et ironiquement, signifie mon messager . Les prêtres n’assumant plus leur rôle , l’Éternel a envoyé à son peuple, Malachie, c’est-à-dire, mon messager pour les remplacer. Le prophète Aggée se donne le nom de messager du Seigneur (Aggée 1.13) mais son nom signifie fête solennelle .

Quand les prêtres étaient fidèles dans l’exercice de leurs fonctions, ils enseignaient la loi aux Israélites de manière à ce que ceux-ci honorent l’Éternel leur Dieu par leur conduite. Et si le peuple se détournait de la bonne voie, le devoir des prêtres était de l’amener à se repentir, s’amender, et de le remettre dans le droit chemin (2Chroniques 17.9).

Comme on l’a vu, à l’époque de Malachie, les prêtres fermaient les yeux quand on leur apportait à sacrifier un animal chétif, une vache folle ou un taureau avec une patte cassée. Ce comportement répréhensible est la première raison pour laquelle Malachie prononce un oracle de condamnation sur eux. L’Éternel veut en effet que ces mauvais prêtres se repentent de leurs mauvaises actions et respectent les clauses de la loi.

Verset 8

Je continue le texte.

Mais vous vous êtes écartés du bon chemin : par votre enseignement, vous avez fait tomber beaucoup de gens dans le péché. Oui, vous avez rompu l’alliance avec Lévi, déclare le Seigneur des armées célestes (Malachie 2.8).

Il est inconcevable que les prêtres aient donné verbalement un enseignement opposé à la loi car ils auraient pu être accusés de blasphème et exécutés sans autre forme de procès. Par contre, les prêtres se rendaient coupables de plusieurs manières. Premièrement par leur silence approbateur quand les Israélites venaient au temple pour offrir un animal mal en point ; deuxièmement par leur vie personnelle, leur façon de vivre qui était hautement condamnable. En effet, d’après les livres d’Esdras et de Néhémie, les prêtres ont été les premiers à divorcer leur femme israélite pour la remplacer par une étrangère qui appartenait à l’un des peuples voisins. Le prêtre Esdras écrit :

Quelques chefs d’Israël m’abordèrent en disant : – Ni le peuple d’Israël, ni les prêtres, ni les lévites ne se sont séparés des gens du pays et n’ont rompu avec leurs pratiques abominables. Ils se sont conduits exactement comme les Cananéens, les Hittites, les Phéréziens, les Yebousiens, les Ammonites, les Moabites, les Égyptiens et les Amoréens, car ils ont épousé les filles de ces étrangers et les ont données en mariage à leurs fils. Ainsi la descendance sainte s’est mêlée aux peuples de ces pays. Les chefs et les dirigeants se sont les premiers rendus coupables d’une telle infidélité (Esdras 9.1-2).

Un peu plus loin dans son livre, Esdras donne les noms de tous les hommes qu’il savait s’être rendus ainsi coupables et peut-être s’agit-il uniquement de ceux qui ont refusé de se repentir et de s’amender. À tout seigneur tout honneur, Esdras commence par écrire les noms des descendants de Lévi, prêtres et Lévites, puis c’est le tour des musiciens qui célèbrent l’Éternel pendant le culte, comme quoi l’hypocrisie n’est pas une invention récente. Enfin, il termine avec les noms des Israélites ordinaires. Quand on considère cette longue liste (Esdras 10.18-43), il y a de quoi être impressionné. Et ce qui surprend le plus est que Esdras ne craint pas de terminer son livre en écrivant noir sur blanc tous ces noms. Puis il conclut en disant :

Tous ces hommes avaient épousé des femmes étrangères, et plusieurs en avaient eu des enfants (Esdras 10.44).

Étant donné que l’apôtre Pierre dit que la Parole du Seigneur demeure éternellement (1Pierre 1.25 ; comparez Ésaïe 40.8), on peut supposer que la liste noire écrite par Esdras ne sera jamais effacée, et donc, que ces hommes portent une tache indélébile qui les marque comme de grands pécheurs devant l’Éternel.

À l’époque de Jésus, les Samaritains pratiquaient un mélange de judaïsme et de paganisme. Or, d’après les écrits de l’historien juif Josèphe, il semblerait que la religion syncrétiste des Samaritains ait été créée par des prêtres renégats. Ce seraient ceux, qui après l’exil ont épousé des femmes idolâtres mais refusé de s’en séparer. Obligés de quitter le judaïsme, ils ont alors fabriqué leur propre système religieux. Le gouverneur Néhémie écrit qu’ un des fils de Yoyada et petit-fils d’Éliashib, le grand-prêtre, était devenu le gendre de Sanballat, le Horonite. C’est pourquoi je le chassai loin de moi (Néhémie 13.28).

Les prêtres dont parle Malachie méritent les reproches les plus sévères parce qu’ils ont vraiment tout fait pour irriter l’Éternel. En commettant ces fautes, ils ont déshonoré Dieu et violé l’alliance qu’il avait conclue avec Lévi leur ancêtre. L’Éternel n’étant donc plus lié par ce contrat, il avait retiré sa bénédiction et les descendants de Lévi étaient les premiers à en souffrir. Comme ils occupaient une position d’autorité, le mal que commettaient les prêtres était très grave parce que dans leur chute, ils entraînaient avec eux le petit peuple qui était ignorant de la loi. Dans un troupeau de moutons, si ceux qui sont en tête se jettent dans le précipice, tout le reste suit parce qu’ils sont stupides. C’est triste à dire, mais les êtres humains sont tous pareils.

Verset 9

Je continue le texte de Malachie.

Alors, de mon côté, je vous ai livrés au mépris et au dédain de tout le peuple, puisque vous, vous ne suivez pas les voies que j’ai prescrites et que vous ne prêtez pas attention à la loi (Malachie 2.9 ; SEM ; autre traduction).

À l’époque de Malachie, la gloire et l’honneur qui étaient inhérents au ministère sacerdotal avaient muté en disgrâce et dédain. L’état spirituel et moral des prêtres était des années-lumière de l’état idéal voulu par Dieu.

Précédemment, le Seigneur a dit aux prêtres :

Vous m’outragez lorsque vous dites : « La table du Seigneur est méprisable, et ce qu’elle nous rapporte en aliments est vraiment dérisoire » (Malachie 1.12).

Comme les prêtres méprisent la table de l’Éternel , Dieu les a rendus méprisables aux yeux du peuple qui ne leur apporte pas les dîmes dont ils ont besoin pour vivre. En réalité, cette sentence est très légère parce que selon la loi, toute profanation des sacrifices offerts à l’Éternel était passible de la peine de mort (Nombres 18.32).

La conduite coupable des prêtres à l’époque de Malachie n’était pas une première dans l’histoire d’Israël ; en fait, cette dérive a commencé très tôt. Déjà du temps où Éli était le grand prêtre de la nation, cet homme a perdu le contrôle de sa famille. Il avait deux fils Hophni et Phinéas qui étaient prêtres et qui profitaient de leur fonction pour s’enrichir sur le dos des Israélites et même ils couchaient avec les femmes qui se rassemblaient à l’entrée de la tente de la Rencontre, dit un texte (1Samuel 2.22). Mais comme Éli était vieux et ne voulait pas faire de vagues, quand il a su comment ses fils se comportaient, il a réagi très mollement à leur égard. Alors un jour, un prophète est venu lui dire :

Pourquoi donc méprisez-vous les sacrifices et les offrandes qui me sont destinés et que j’ai ordonné d’offrir dans ma demeure ? Pourquoi honores-tu tes fils plus que moi en vous engraissant des meilleurs morceaux des sacrifices que mon peuple Israël vient m’offrir ? Puisqu’il en est ainsi, voici ce que moi, l’Éternel, le Dieu d’Israël, je déclare : « J’avais promis à ta famille et à celle de tes ancêtres que vous seriez toujours chargés du service devant moi. Mais à présent, moi l’Éternel, je le déclare : c’est fini ! Car j’honorerai ceux qui m’honorent, mais ceux qui me méprisent seront à leur tour couverts d’opprobre » (1Samuel 2.29-30).

Que ce soit envers le juge Éli, envers les prêtres du temps de Malachie, ou aujourd’hui envers n’importe qui, l’Éternel rend mépris pour mépris.