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Émission 1228 - Malachie 2.17-3.1

Diffusé le 8 septembre 2016 - ::

Chapitre 2

Verset 17

Il fut une époque où le divorce état rare et vu comme une tare. Mais les temps ont bien changé. Aujourd’hui, on se prête et on s’échange comme des biens de consommation. Sous le régime de l’Ancien Testament, les divorces étaient, semble-t-il, une initiative du mari et la loi de Moïse ne précise pas pour quelles raisons un homme pouvait répudier sa femme. Il s’ensuit qu’au cours des siècles, les rabbins et les écoles rabbiniques ont adopté des positions très diverses allant d’un extrême à l’autre. Certains autorisaient le divorce uniquement en cas d’adultère (Shammai) tandis que d’autres le permettaient pour presque n’importe quelle raison (Hillel) y compris une maladie qui rendait la femme rituellement impure et qui donc interdisait les rapports sexuels (Lévitique 15.25-33). Cependant, la loi de Moïse a eu le mérite d’obliger le mari à rédiger un document officiel et d’articuler ses griefs en écrivant noir sur blanc la raison pour laquelle il ne voulait plus de sa femme.

Au premier siècle, le pharisien moyen croyait normal de pouvoir se débarrasser de son épouse d’une façon arbitraire, pour n’importe quelle raison. Les chefs religieux se sont d’ailleurs opposés à Jésus sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres. Si la loi de Moïse est vague, le Seigneur, lui, a été précis et il a bien mis les points sur les I. Je lis le passage :

Des pharisiens s’approchèrent de lui avec l’intention de lui tendre un piège. Ils lui demandèrent : – Un homme a-t-il le droit de divorcer d’avec sa femme pour une raison quelconque ? Il leur répondit : – N’avez-vous pas lu dans les Écritures qu’au commencement le Créateur a créé l’être humain homme et femme et qu’il a déclaré : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront plus qu’un ? Ainsi, ils ne sont plus deux ; ils font un. Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni. Mais les pharisiens objectèrent : – Pourquoi alors Moïse a-t-il commandé à l’homme de remettre à sa femme un certificat de divorce quand il divorce d’avec elle ? Il leur répondit : – C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de divorcer d’avec vos épouses. Mais, au commencement, il n’en était pas ainsi. Aussi, je vous déclare que celui qui divorce et se remarie, commet un adultère – sauf en cas d’immoralité sexuelle (Matthieu 19.3-8).

Jésus a été très clair. Si Dieu a bien institué le mariage, il n’a jamais voulu le divorce, et s’il le permet, c’est uniquement parce que l’homme et la femme sont méchants, des êtres malfaisants. De plus, la seule raison valable que Jésus invoque est l’adultère. Pourquoi donc ? La raison tient au fait que la relation sexuelle, telle que Dieu l’a conçue dans le mariage, est lourde de sens. C’est le sacrement marital par lequel les deux époux deviennent un. De plus, l’exultation que procure cet acte sacré est une image du ravissement spirituel que connaîtront les croyants dans leur union à Jésus-Christ dans les cieux. L’adultère est grave parce qu’il détruit l’alliance que les époux ont contractée.

Soit dit en passant qu’avec la croissance de la pornographie et les rencontres sur internet, il semble qu’on puisse aussi commettre l’adultère à distance. Cependant, même quand il y a eu trahison, l’époux lésé n’est pas obligé de se séparer de son conjoint infidèle ; il peut choisir de rester dans la relation et y mettre des conditions. Chaque cas est unique et les situations souvent épineuses. Comme elles sont très difficiles à gérer, surtout quand il y a de jeunes enfants, il est judicieux de faire appel à un conseiller spécialisé qui soit croyant.

Non seulement les pharisiens avaient une vue très large du divorce, mais les disciples également, car après l’enseignement de Jésus, ils lui ont dit :

Si telle est la situation de l’homme par rapport à la femme, il n’est pas intéressant pour lui de se marier (Matthieu 19.10).

En d’autres mots, si on ne peut pas se débarrasser de son épouse pour un oui ou pour un non, autant ne pas s’encombrer d’une femme. Mais Jésus leur a répondu que ne reste pas célibataire qui veut, uniquement ceux qui ont reçu ce don (Matthieu 19.11-12). L’apôtre Paul a confirmé les paroles du Seigneur quand il écrit :

J’aimerais […] dire aux veufs et aux veuves que c’est une bonne chose de continuer à vivre seul, comme moi. Toutefois, s’ils ne peuvent pas se maîtriser en ce domaine, qu’ils se marient, car mieux vaut se marier que de se consumer en désirs insatisfaits (1Corinthiens 7.8-9).

Nous arrivons maintenant au quatrième oracle de Malachie. Depuis la vision d’Abdias (Abdias 15-21), tous les prophètes qui l’ont suivi ont parlé de la venue de ce grand jour où la volonté des hommes se soumettra à celle de Dieu. Alors il exercera sa souveraine justice pour juger les uns et accorder le salut éternel aux autres.

Au temps de Malachie, mais c’est également vrai à toutes les époques, les Israélites avaient une vision du monde qui était très simple. Ils le divisaient en deux et appliquaient le jugement aux païens, et le salut à eux-mêmes. Et comme les anciens prophètes avaient rattaché le retour de l’exil babylonien aux tableaux majestueux du Jour de l’Éternel qu’ils peignaient, les Israélites veulent tout, tout de suite, et surtout la prospérité promise. Mais cette vue simpliste ne correspond pas à la réalité des Juifs qui au 5e siècle avant notre ère habitent la Palestine. En effet, ils voient les années passer sans que l’avenir glorieux qu’ils attendent se réalise ; alors, ils sont gagnés d’impatience. Ne voyant pas plus loin que le bout de leur nez, ils choisissent d’ignorer d’autres paroles prophétiques comme celles d’Ésaïe qui écrit :

L’Éternel attend le moment de vous faire grâce et il se lèvera pour vous manifester sa compassion, car l’Éternel est un Dieu juste. Heureux tous ceux qui se confient en lui ! (Ésaïe 30.18).

Devenus cyniques, ces Juifs regardent l’Éternel leur Dieu d’un mauvais œil et le calomnient. Cela dit, tous les Israélites ne sont pas des pleurnichards car les hommes pieux sont expressément nommés, distincts (Malachie 3.16, 20) de ceux qui murmurent.

Je finis le chapitre deux de Malachie.

Vous lassez l’Éternel par vos discours, et puis vous demandez : – En quoi te lassons-nous ? C’est parce que vous dites : – Quiconque fait le mal est bien vu de l’Éternel. Il a plaisir à ces gens-là. Ou bien encore : – Où est le Dieu de la justice ? (Malachie 2.17).

Ici encore, la question, en quoi te lassons-nous , montre combien certains Israélites sont insensibles à leur état de péché (comparez Malachie 1.6-7 ; 2.14). Ils fatiguent l’Éternel à force de contester son action dans le monde, et dans leur arrogance, ils osent l’accuser d’injustice, disant qu’il favorise les mécréants et oublie son peuple. Par leurs paroles, ils montrent combien leur culpabilité est grande. Non seulement ils ne font pas confiance en Dieu et n’ont pas foi en ses promesses, mais ils l’outragent.

Cependant, l’Éternel va répondre aux accusations qu’on lui lance en annonçant la venue de son jugement (Malachie 3.1-5) et ce sont ceux qui mettent en doute sa justice qui le subiront.

Les Juifs qui se plaignent sont ceux qui envient la prospérité que l’Éternel accorde aux peuples païens qui les entourent, et c’est cette profonde insatisfaction de leur part, qui est le point de départ du quatrième oracle de Malachie

Les impies qui prospèrent malgré ou à cause de leur conduite ignoble, alors que ceux qui essaient de mener une vie juste sont dans la détresse, est un problème vieux comme le monde, et qui revient plusieurs fois dans l’Ancien Testament. Il était plus prononcé pour les Israélites que pour les croyants aujourd’hui parce que l’Éternel avait promis des bénédictions matérielles à son peuple s’il lui obéissait (Deutéronome 28). C’est vrai, mais ces promesses étaient essentiellement adressées à la nation tout entière. Or, comme celle-ci se compose d’un mélange d’hommes pieux et de personnages ignobles, au niveau du Juif moyen, c’est la grande confusion.

Le problème se complique encore et nous concerne également, quand on sait que ce que l’homme considère bien ou mal, comme un héritage ou un accident, peut et va se manifester dans la vie d’un individu sans qu’il y soit pour quelque chose. En effet, comme témoignage de sa bonté, Dieu étend sa bénédiction autant sur le juste que sur le méchant (Matthieu 5.45 ; Actes 14.17), et d’autre part, tous les hommes souffrent des conséquences du péché universel (Genèse 3.16-19 ; Ecclésiaste 2.17-23). Et pour amplifier encore davantage le dilemme de la souffrance du juste, il faut y rajouter une dimension supplémentaire qui est la lutte de Satan contre Dieu, qui si elle a lieu dans le monde céleste nous affecte plus ou moins directement comme le montre bien le livre de Job.

S’il arrive qu’une personne souffre à cause de son propre péché, ou de celui de ses ancêtres dans les cas d’occultisme, la plupart du temps, il est impossible de savoir exactement pourquoi une tragédie arrive à telle personne ou pourquoi le malheur s’acharne sur telle autre. Nous connaissons tous des cas de détresse pour lesquels il n’y a aucune réponse au pourquoi ; j’en ai toute une liste. Je ne sais pas s’il existe une situation plus poignante que celle de quelqu’un qui se tient la tête et en pleurant dit : Mais qu’est-ce que j’ai donc fait au Bon Dieu ? J’ai vu ça chez un membre de ma famille et d’y repenser, ça me tord encore les boyaux.

La vie n’est pas juste et le méchant qui prospère paraît tellement injuste qu’il rend perplexe les meilleurs des hommes. Cette grave question est abordée par au moins cinq livres de l’Ancien Testament (Job 21.7-26 ; 24.1-17 ; Psaumes 37 ; 73.1-14 ; Ecclésiaste 8.14 ; Jérémie 12.1-4 ; Habaquq 1). Bien qu’aucun d’entre eux ne donne de réponse, dans chaque cas, la question de la justice de Dieu est traitée en la désolidarisant du présent et en la projetant dans l’avenir lointain. C’est à la fin de l’histoire humaine que tout un chacun devra rendre des comptes au Juge suprême. Alors, la justice triomphera et toutes les pendules seront remises à l’heure. Dieu exercera ses jugements contre les méchants et récompensera les justes dans son royaume.

Mais quelqu’un dira : Je ne suis pas croyant mais je n’ai rien contre Dieu . Entre les bons et les justes d’un côté, et les mécréants et les impies de l’autre, il y a effectivement une zone grise très étendue où se trouvent la plupart des gens, qu’ils soient indifférents à l’égard de Dieu, bien-pensants ou religieux. Cependant, pour le Seigneur, cette majorité qu’on pourrait qualifier de silencieuse, parce qu’elle ne fait pas de vagues, est du mauvais côté. Jésus a dit :

Celui qui n’est pas avec moi, est contre moi, et celui qui ne se joint pas à moi pour rassembler, disperse (Matthieu 12.30 ; comparez Luc 11.23).

En d’autres mots, ne pas s’engager aux côtés du Seigneur, c’est comme prendre position contre lui. Voilà des paroles à méditer !

Chapitre 3

Verset 1 a

Nous arrivons maintenant au chapitre trois qui continue le quatrième oracle de Malachie. Je commence à le lire.

Et bien je vais envoyer mon messager pour aplanir la route devant moi (Malachie 3.1 a).

La venue de l’Éternel sera précédée par un messager qui la préparera, ce que le prophète Ésaïe avait déjà annoncé quand il a dit :

On entend une voix qui crie dans le désert : « Dégagez un chemin pour l’Éternel, nivelez dans la steppe une route pour notre Dieu ! » (Ésaïe 40.3).

Malachie s’est inspiré des paroles d’Ésaïe et l’apôtre Jean les cite également (Jean 1.23).

Plus loin, le messager qui doit précéder la venue de l’Éternel est appelé Élie le prophète (Malachie 3.23). Il ne s’agit pas d’Élie qui a exercé un ministère dans le royaume israélite des 10 tribus du nord à l’époque du roi Achab (1Rois 17.1), mais d’un Élie comme lui, un nouvel Élie.

Les Évangiles citent le texte de Malachie et font donc de Jean Baptiste le messager-précurseur annoncé ainsi que le nouvel Élie (Matthieu 11.10 ; Marc 1.2 ; Luc 1.76). Jean Baptiste a préparé la voie de Jésus (Matthieu 3.3 ; Luc 3.4 ; Jean 1.23) en prêchant la repentance, en annonçant que l’obstacle entre l’Éternel et son peuple était son péché. Trois années plus tard, Jésus a enlevé le péché du monde en l’expiant sur la croix.

C’est l’Éternel qui déclare : je vais envoyer mon messager pour aplanir la route devant moi , mais comme ce messager-précurseur est Jean Baptiste, celui qui parle ne peut être que Jésus. Ici, il est donc clairement identifié à l’Éternel lui-même qui vient pour établir son règne sur terre.

Verset 1 b

Je continue le texte.

Et, soudain, il viendra pour entrer dans son Temple, le Seigneur que vous attendez (Malachie 3.1 b).

Cette prophétie s’insère dans un ensemble de plusieurs autres. Zacharie dit que l’Éternel viendra habiter Jérusalem (Zacharie 8.3). Ésaïe voit les pans du vêtement du Seigneur remplir le Temple (Ésaïe 6.1). Ézéchiel annonce le retour de la gloire de Dieu dans le Temple (Ézéchiel 43.1-5) qui est donc rebâti car nous sommes au début du millénium. Jésus vient prendre possession de sa maison où sera son trône et d’où il gouvernera les nations.

L’expression le Seigneur que vous attendez ou désirez est ironique. Malachie semble dire : Vous n’avez aucune idée de ce que sera cette venue tant réclamée, car elle ne répondra pas du tout à votre attente .

Cette prophétie de la venue du Seigneur dans son Temple s’est déjà accomplie une première fois, même si ce fut en catimini, lors de la présentation de l’enfant Jésus au Temple de Jérusalem, car selon la loi de Moïse, tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur (Luc 2.23).

Verset 1 c

Je continue le texte.

Le Seigneur que vous attendez c’est l’Ange de l’alliance, appelé de vos vœux. Le voici, il vient, déclare l’Éternel, le Seigneur des armées célestes (Malachie 3.1 c ; auteur).

En hébreu, le même mot peut être traduit par « ange » ou « messager ».

L’expression l’Ange de l’alliance ou Messager de l’alliance , n’apparaît qu’ici dans l’Ancien Testament. Ce messager est différent du premier qui le précède et qui est Jean-Baptiste. Ce second messager ou ange est évidemment Jésus comme je l’ai déjà dit. Dans l’Ancien Testament, il est souvent identifié à l’Ange de l’Éternel qui est la manifestation de la seconde personne de la Trinité.

Les phrases parallèles le Seigneur que vous attendez et l’Ange de l’alliance appelé de vos vœux ne sont pas qu’ironiques. Il est bien vrai que beaucoup d’Israélites voulaient que le Seigneur vienne pour des raisons égoïstes, pour qu’il écrase leurs ennemis et les rende prospères, mais peu importe, sa venue est absolument certaine parce que les prophètes l’ont annoncée.

Jésus est appelé l’Ange de l’alliance parce qu’il a pour mission de contracter les alliances entre Dieu et son peuple (Lévitique 26.9-13), et c’est aussi lui qui a guidé les Hébreux dans le désert. Ésaïe l’appelle littéralement l’ange de sa face , c’est-à-dire la face de l’Éternel (Ésaïe 63.9). Dans les livres de Moïse et dans celui de Zacharie, il porte le nom d’Ange de l’Éternel qui est à la fois identifié à l’Éternel et distinct de lui. En Jésus se réalisent toutes les promesses faites sous l’Ancienne Alliance, et dans le livre des Hébreux du Nouveau Testament, il est appelé le médiateur d’une alliance nouvelle (Hébreux 9.15).

L’annonce, Le voici, il vient , signifie qu’il s’approche et non pas qu’il est à la porte. Depuis Abraham et jusqu’à Jésus, tous les jours, Dieu faisait un pas de plus en vue de sa venue et de son union parfaite avec l’humanité en la personne du Messie. Le voici, il vient est le point d’orgue des prophéties messianiques de l’Ancien Testament, dont l’idée fondamentale est le rapprochement progressif de Dieu avec l’homme.

Parce que Dieu est miséricordieux, il a envoyé Jésus sur terre une première fois comme Sauveur. Mais tous ceux qui ne l’acceptent pas comme tel, peu importe la raison, devront le rencontrer comme leur juge. L’apôtre Jean écrit :

Ce n’est pas le Père qui prononce le jugement sur les hommes ; il a remis tout jugement au Fils, afin que tous les hommes honorent le Fils au même titre que le Père. Ne pas honorer le Fils, c’est ne pas honorer le Père qui l’a envoyé (Jean 5.22-23).

Jésus sera assis sur le grand trône blanc et tous les hommes de tous les temps qui ne l’ont pas accepté comme leur sauveur seront jugés et punis selon la façon dont ils auront vécu. Puis ils seront tous jetés dans l’étang de feu pour y subir la peine qui leur aura été infligée en fonction de leurs œuvres (Apocalypse 20.11-15). Voilà bien des paroles qui font réfléchir.