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Émission 1235 - Apocalypse 1.1

Diffusé le 19 septembre 2016 - ::

Introduction

Introduction

On dit qu’un jour, alors qu’il était premier ministre, Winston Churchill a décrit l’ancienne Union soviétique comme un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme. C’est un peu comme ça que beaucoup de chrétiens perçoivent le livre de l’Apocalypse. Rendus perplexes par ses images grandioses et son symbolisme surprenant, ils évitent d’étudier ce livre, pensant qu’il n’est que pour les théologiens de haute voltige, et encore, car même Jean Calvin, qui est le plus grand écrivain de la Réforme puisqu’il a rédigé des commentaires sur tous les autres livres de la Bible, eh bien il a laissé de côté l’Apocalypse. Pour sa défense, il faut dire qu’à son époque, l’urgence n’est pas de comprendre les événements qui vont se dérouler à la fin des temps, mais de définir le salut par la foi seule.

Les réformateurs se soucient d’enseigner que toutes les exigences morales de la loi de l’Ancien Testament et toutes les cérémonies contraignantes liées à la pratique du judaïsme ont été accomplies par la venue du Sauveur et sa mort rédemptrice sur la croix. Celui qui est la vie s’est manifesté , écrit l’apôtre Jean (1Jean 1.2), d’abord en la personne de Jésus, puis dans l’Église, par l’action régénératrice du Saint-Esprit. Le croyant de la Nouvelle Alliance ne vit pas, comme l’Israélite, dans l’attente du salut à venir ; il contemple la croix du Rédempteur qui a tout accompli pour lui.

Cependant, l’Apocalypse apporte aux croyants la consolation et un puissant soutien dans les épreuves qu’ils traverseront tout au long de leur vie, surtout s’ils sont en proie à la persécution. Ce livre annonce les jugements que Dieu exercera sur ce monde hostile qui s’attaque à l’Église et menace de l’écraser (Apocalypse 6 ; 8 ; 9 ; 14.6-20 ; 16 ; 17 ; 18 ; 19). Il dépeint le triomphe des élus de toute nation, qui reviennent de la grande tribulation, et la victoire finale du règne du Christ, célébrée par les cantiques célestes des rachetés (Apocalypse 7.9-12 ; 14.1-5 ; 19.1-10).

L’Église est appelée à de cruelles souffrances, mais elle répond par des louanges à son Chef qui est plus fort que le Prince de ce monde et elle se réjouit d’avance du jour où les ravages du péché seront réparés, où la communion de l’homme avec Dieu, parfaitement rétablie, fera oublier à l’exilé du jardin d’Éden, les amères douleurs qui ont été les conséquences de sa chute (Apocalypse 2.7 ; 22.1-5).

La fin de l’Apocalypse correspond ainsi au commencement de la Genèse ; le cycle des destinées de l’humanité est achevé ; le mal est vaincu ; la justice et la miséricorde éternelles ont triomphé ; les mystères de la vie sont expliqués ; tout est accompli ; les révélations de Dieu sont closes.

Non seulement l’Apocalypse est le dernier des livres inspirés par le Saint-Esprit, mais il complète et achève le cercle des grandes vérités bibliques commencées dans la Genèse. Les principales sont les suivantes : la Genèse, le premier livre, révèle le commencement de la race humaine dans un environnement paradisiaque, mais l’Apocalypse, le dernier livre, dévoile l’éblouissant royaume de Dieu à venir. Le premier montre pourquoi Dieu a refusé à l’homme le droit de manger du fruit de l’arbre de vie (Genèse 3.22-24) mais le dernier annonce que l’homme pourra un jour manger de ce fruit (Apocalypse 22.2). La Genèse décrit le premier acte de rébellion de l’homme contre Dieu mais l’Apocalypse promet qu’un jour il vivra en pleine harmonie avec son Créateur. La Genèse rapporte le premier meurtre, Caïn qui tua Abel, ainsi que toute une liste de péchés, mais l’Apocalypse promet une cité où :

Rien d’impur ne pourra y pénétrer. Nul homme qui se livre à des pratiques abominables et au mensonge n’y entrera. Seuls y auront accès ceux qui sont inscrits dans le livre de vie de l’Agneau (Apocalypse 21.27).

Le premier livre sacré explique que le péché de l’homme est à l’origine de toutes les tragédies humaines, de tous les malheurs des hommes, de la maladie et de la mort, mais le dernier livre sacré déclare :

Il (Dieu) essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni plainte, ni souffrance. Car ce qui était autrefois a définitivement disparu (Apocalypse 21.4).

La Genèse nous révèle que l’Éternel a maudit l’homme et la création (Genèse 3.15-18), mais l’Apocalypse promet :

Il n’y aura plus aucune malédiction (Apocalypse 22.3).

La Genèse nous fait découvrir le diable pour la première fois et le présente comme le tentateur de l’homme (Genèse 3.1-18), mais l’Apocalypse décrit sa fin et son châtiment éternels (Apocalypse 20.10). Le premier livre sacré annonce qu’un jour la tête de Satan serait écrasée (Genèse 3.15), et le dernier livre sacré le montre défait et vaincu à tout jamais (Apocalypse 19.20).

L’Apocalypse est le récit du voyage d’un visionnaire dans le monde divin et dans les coulisses de l’histoire. Il traite de la question-clé héritée des prophètes de l’Ancien Testament : le triomphe de Dieu sur le règne apparemment victorieux du mal. Si je néglige l’Apocalypse, je me prive d’un riche trésor de vérités divines car il se déclare inspiré de Dieu (Apocalypse 1.2), et quelqu’un a compté qu’environ les trois quarts de ses versets se rapportent à l’Ancien Testament qui est également d’inspiration divine. Avec l’Évangile selon Matthieu et la lettre aux Hébreux, l’Apocalypse de Jean fait partie des livres du Nouveau Testament qui se réfèrent constamment aux textes de l’Ancienne Alliance. Comme ce livre s’inscrit dans la longue histoire du rapport de Dieu avec Israël et les nations, pour le comprendre, il est nécessaire de tenir compte de cet enracinement et de cette perspective.

L’Apocalypse révèle Dieu le Père dans toute sa gloire et sa majesté, le décrivant comme saint, sage, Tout-Puissant, éternel, maître de l’univers, et juge impartial (Apocalypse 4.8, 10-11 ; 6.10 ; 7.12). Ce livre confirme aussi les profondeurs de la dépravation humaine. En effet, bien que l’humanité impie soit sous le jugement de la colère dévastatrice de Dieu, au lieu de renoncer à leurs pratiques coupables, les hommes s’endurcissent toujours davantage et refusent de se repentir (Apocalypse 9.20-21 ; 16.9, 11).

C’est dans l’Apocalypse qu’on trouve le résumé le plus clair et le plus concis de la doctrine de la rédemption. On y lit :

Jésus-Christ (est) le témoin digne de foi, le premier-né d’entre les morts et le souverain des rois de la terre. Il nous aime, il nous a délivrés de nos péchés par son sacrifice, il a fait de nous un peuple de rois, des prêtres au service de Dieu, son Père (Apocalypse 1.5-6).

Le ministère des anges tient également une place très importante dans l’Apocalypse puisqu’on y trouve le quart de tous les versets faisant référence aux esprits. Ce livre met aussi l’Église de Jésus-Christ en garde contre les dangers du péché et des compromis avec le monde (chap. 2–3), et enseigne comment adorer Dieu comme il se doit, en esprit et en vérité (chap. 4–5).

C’est dans l’Apocalypse qu’on trouve le plus de détails concernant la fin des temps car elle décrit la dernière situation politique du monde ; elle trace la carrière de l’Antichrist, le dictateur le plus puissant de toute l’histoire de l’humanité. Elle mentionne l’enlèvement de l’Église dans les cieux, brosse le tableau de la période de tribulation qui durera sept ans, dont la deuxième moitié appelée la grande Tribulation (Apocalypse 7.14 ; comparez Matthieu 24.21), suivie de la seconde venue de Christ qui se mêle à la plus grande bataille de l’histoire de l’humanité appelée Harmaguédon, qui est l’ultime triomphe de Jésus-Christ sur Satan, et qui est suivi de son règne terrestre de mille ans.

Après cette bataille a lieu le dernier jugement des pécheurs, appelé le jugement du grand trône blanc, ainsi que la situation finale des non-croyants dans le lac de feu, et des rachetés qui habiteront le nouveau ciel et la nouvelle terre.

Mais au-delà de ces nombreux enseignements, le livre de l’Apocalypse est avant tout la Révélation de Jésus-Christ (Apocalypse 1.1). D’ailleurs le titre du livre apokalupsis signifie dévoilement , divulgation . Quand le vieux Siméon est venu au temple alors que l’enfant Jésus était présenté au Seigneur, il a prophétisé sur lui et a dit :

Il est la lumière pour éclairer les nations, il sera la gloire d’Israël ton (son) peuple (Luc 2.32).

L’apôtre Paul utilise le mot apokalupsis pour parler de la révélation de vérités spirituelles (Romains 16.25 ; Galates 1.12 ; Éphésiens 1.17 ; 3.3), de la manifestation des fils de Dieu (Romains 8.19), et de Jésus-Christ quand il reviendra (2Thessaloniciens 1.7 ; 1Pierre 1.7). Le mot traduit par apocalypse décrit toujours ce qui était préalablement caché et qui est maintenant visible. L’apôtre Jean décrit Jésus-Christ au moyen de nombreux adjectifs et même des phrases entières. C’est ainsi que Jésus est le témoin digne de foi, le premier-né d’entre les morts et le souverain des rois de la terre (Apocalypse 1.5), l’alpha et l’oméga (Apocalypse 1.8 ; 21.6) ; « le premier et le dernier » (Apocalypse 1.17) ; « le Vivant » (Apocalypse 1.18) ; « celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite et qui marche au milieu des sept chandeliers d’or » (Apocalypse 2.1) ; « celui qui tient l’épée aiguisée à double tranchant » (Apocalypse 2.12) ; « le Fils de Dieu, dont les yeux sont comme une flamme ardente et les pieds comme du bronze » (Apocalypse 2.18) ; « celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles » (Apocalypse 3.1) ; « le Saint, le Véritable ; celui qui tient la clé de David, celui qui ouvre et nul ne peut fermer, qui ferme, et nul ne peut ouvrir » (Apocalypse 3.7) ; « celui qui s’appelle Amen, le témoin digne de foi et véridique, celui qui a présidé à toute la création de Dieu » (Apocalypse 3.14) ; « le lion de la tribu de Juda, le rejeton de la racine de David » (Apocalypse 5.5) ; « Maître saint et véritable » (Apocalypse 6.10) ; « Fidèle et Véritable » (Apocalypse 19.11). De nombreuses fois, Jésus est appelé l’Agneau (Apocalypse 5.6 ; etc.) et encore « la Parole de Dieu » (Apocalypse 19.13) ; « Roi des rois et Seigneur des seigneurs » (Apocalypse 19.16) ; et « le rejeton et la postérité de David, l’étoile brillante du matin » (Apocalypse 22.16).

Le livre de l’Apocalypse affirme également la divinité de Jésus-Christ car on voit qu’il possède les attributs et les prérogatives de Dieu, comme la souveraineté (Apocalypse 1.5) ; l’éternité (Apocalypse 1.17-18) ; le droit de juger les hommes (Apocalypse 2.23 ; 19.11), et de décider qui vivra et qui mourra (Apocalypse 1.18 ; 2.23). Il reçoit aussi l’adoration (Apocalypse 5.13) et règne depuis le trône de Dieu (Apocalypse 22.1, 3). Enfin, le livre de l’Apocalypse affirme que Jésus est l’égal de Dieu le Père, car il lui applique des passages de l’Ancien Testament qui décrivent l’Éternel (Deutéronome 10.17 et Apocalypse 19.16 ; Proverbes 3.12 et Apocalypse 3.19 ; Daniel 7.9 et Apocalypse 1.14 ; Ésaïe 44.6 et Apocalypse 1.18 ; Apocalypse 1.8 et Apocalypse 22.12-13).

Comme dans l’ensemble des Écritures, dans le livre de l’Apocalypse, la majorité des louanges sont adressées à Dieu le Père. Cependant, l’Agneau, c’est-à-dire Jésus-Christ, est loué seul deux fois (Apocalypse 5.9-10, 12) et le Père et l’Agneau reçoivent ensemble des louanges trois fois (Apocalypse 5.13 ; 7.10 ; 15.3-4).

En ce qui concerne l’auteur du livre de l’Apocalypse, quatre fois il déclare être Jean (Apocalypse 1.1, 4, 9 ; 22.8), laissant entendre ainsi qu’il est si connu de ses lecteurs qu’il ne ressent pas la nécessité de s’identifier de manière plus précise. De toute façon, l’Église primitive était unanime pour affirmer que Jean l’apôtre est l’auteur de l’Évangile, des épîtres qui portent son nom et de l’apocalypse.

Le premier témoignage incontestable de l’existence de l’Apocalypse et de sa composition par Jean, l’apôtre, est celui de Justin Martyr, qui séjourna à Éphèse vers l’an 135. Dans son Dialogue avec Tryphon, écrit entre 150 et 160, Justin dit:

Chez nous, un homme du nom de Jean, l’un des apôtres du Christ, a prophétisé, dans la révélation qui lui fut faite (Apocalypse 20.1-6), que ceux qui auront cru à notre Christ passeront mille ans à Jérusalem ; après quoi arrivera la résurrection générale, et en un mot éternelle, pour tous sans exception, puis le jugement (chap. 81).

Étant donné que Justin a vécu à Éphèse, dont l’Église est l’une des sept à qui le livre de l’Apocalypse s’adresse, son témoignage revêt une importance capitale.

À peu près à la même époque que Justin (années 100 à 150), on trouve dans les écrits gnostiques des passages de l’Apocalypse et ils sont attribués à Jean, frère de Jacques et fils de Zébédée.

Toujours au second siècle, on a le témoignage d’Irénée qui fut évêque de Lyon et qui avait passé sa jeunesse en Asie Mineure. Dans son ouvrage Contre les hérésies (IV.20.11), il fait de fréquentes allusions à l’Apocalypse ; il en tire une série de citations puis déclare :

Jean aussi, le disciple du Seigneur, dit des choses dans le livre de l’Apocalypse, lorsqu’il contemple l’avènement sacerdotal et glorieux du royaume de Dieu. Plus loin dans le même ouvrage, il ajoute que, si quelqu’un devait examiner de près les choses que les prophètes ont dites au sujet des temps de la fin, ainsi que les choses que Jean, le disciple du Seigneur, a vues dans l’Apocalypse, il découvrira que les nations seront frappées des mêmes fléaux universels que ceux dont fut frappée l’Égypte en particulier (Contre les hérésies, IV.30.4).

Toujours dans le même ouvrage et pour combattre la variante du chiffre de la bête que certains prétendaient être 616 au lieu de 666 (Apocalypse 13.18), Irénée invoque le témoignage de ceux qui ont vu Jean face à face (5.30). Pour nous, le témoignage d’Irénée est précieux parce que cet homme, d’une part, avait été disciple de Polycarpe, lui-même disciple de Jean, et d’autre part, était originaire de Smyrne, une ville dont l’Église compte parmi celles auxquelles Jean adresse ce livre.

Au second siècle de notre ère et à cause des persécutions, les chrétiens cherchent dans l’Apocalypse les consolations dont ils ont besoin. Les Églises de Lyon et de Vienne dans le Dauphiné adressent alors une lettre aux Églises d’Asie Mineure pour leur raconter la fermeté avec laquelle leurs martyrs ont enduré la persécution en l’an 177. Or, ce document emprunte à l’Apocalypse certaines de ses images.

Ils écrivent par exemple que cette persécution est l’œuvre de «  la bête  » (Apocalypse 13), que ceux qui l’ont subie sont «  les fidèles de Christ qui suivent l’Agneau partout où il va  » (Apocalypse 14.4). Mais par humilité, ils ne s’approprient pas le titre de martyrs, le réservant à Christ, «  le témoin digne de foi, le premier-né d’entre les morts et le souverain des rois de la terre ; celui qui a présidé à toute la création de Dieu  », deux citations du livre de l’Apocalypse (Apocalypse 1.5 ; 3.14). Ils écrivent encore que le sang répandu des martyrs «  excitait toujours plus la fureur du légat et du peuple, semblable à la colère d’une bête  ».

Vers la fin du deuxième ou au début du 3e siècle, le théologien et père de l’Église Tertullien (150/160-220) déclare :

Car nous professons aussi qu’un royaume nous a été promis sur la terre, mais avant le ciel, mais dans un autre état, parce que venant après la résurrection, pour mille ans, dans une cité produite par l’œuvre divine, la Jérusalem descendue du ciel ; c’est elle que l’apôtre appelle notre mère d’en haut (comparez Galates 4.26) […] Ézéchiel l’a connue, l’apôtre Jean l’a vue (comparez Apocalypse 21.2) (Contre Marcion, III.24).

À la même époque, toujours à la fin du deuxième ou au début du 3e siècle, Clément d’Alexandrie (150-220), un autre père de l’Église, fait remarquer que c’est l’apôtre Jean qu’on a exilé sur l’île de Patmos. Or, comme l’Apocalypse a été rédigée sur Patmos par Jean (Apocalypse 1.9), il ne peut s’agir que de l’apôtre.

Un peu plus tard, d’autres célèbres théologiens comme Origène (185-254) au 3e siècle, puis Marius Victorinus au 4e , admettent comme un fait établi que l’apôtre Jean est l’auteur de l’Apocalypse. Tous ces témoignages prouvent qu’il est quasi inconcevable que les premiers chrétiens se soient trompés sur l’identité de l’auteur de ce livre depuis le moment même de sa rédaction.

Pourtant, dans la seconde moitié du 3e siècle, un certain Denys le Grand, évêque de l’Église d’Alexandrie et disciple d’Origène, est troublé parce que beaucoup de chrétiens croient qu’il y aura un jour un royaume terrestre de mille ans. Afin de lutter contre cette vision du futur qu’il ne partage pas, il dit que c’est un autre Jean que l’apôtre qui a écrit l’Apocalypse, et se lance dans une campagne contre la paternité de l’apôtre Jean. Ses arguments reposent principalement sur la différence de style et de vocabulaire entre, d’une part, l’Évangile et les épîtres de Jean, et d’autre part, le livre de l’Apocalypse.

Denys le Grand s’est appuyé sur un ouï-dire selon lequel «  on dit qu’il y a à Éphèse deux tombeaux et que l’un et l’autre sont dits de Jean  » (cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique , VII.XXV). Sous l’influence des objections de cet homme, l’Église d’Orient hésita jusqu’au 5e siècle à reconnaître l’autorité apostolique de l’Apocalypse. Et l’Église de Syrie s’opposa également longtemps à ce livre (ainsi qu’à 2Pierre, 2Jean, 3Jean et Jude) au point où il ne se trouve pas dans la plus ancienne version syriaque du Nouveau Testament (Peshitta ; fin 4e siècle). Cette page de l’histoire nous rappelle que certains livres du Nouveau Testament ont dû subir l’épreuve du temps avant d’être reconnus comme inspirés de Dieu.