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Émission 1241 - Apocalypse 1.17-2.2

Diffusé le 27 septembre 2016 - ::

Chapitre 1

Versets 17-18

Il y a de cela bien des années, j’ai été sollicité par une veuve parce qu’elle était effrayée par une apparition de l’autre monde. Elle m’a raconté qu’elle invoquait son défunt mari à l’aide d’un vêtement lui ayant appartenu, mais au lieu que ce soit lui qui apparaisse, c’était une figure grotesque. Je me souviens encore qu’à l’écouter, j’en avais la chair de poule.

L’apôtre Jean n’a pas vu un être maléfique comme cette veuve, mais le Christ ressuscité, et pourtant, lui aussi a été terrifié.

Je continue à lire dans le premier chapitre du livre de l’Apocalypse.

Quand je le vis, je tombai à ses pieds, comme mort. Alors il posa sa main droite sur moi en disant : – Cesse d’avoir peur. Moi, je suis le premier et le dernier, le vivant. J’ai été mort, et voici : je suis vivant pour l’éternité ! Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts (Apocalypse 1.17-18 ; auteur).

À plusieurs reprises, pendant son ministère terrestre, Jésus a dû tranquilliser ses disciples terrorisés, comme lors de sa transfiguration (Matthieu 17.2 ; comparez Marc 9.3), quand il a marché sur les eaux (Matthieu 14.27), ou lorsqu’il est apparu au milieu d’eux après la résurrection (Luc 24.37-40).

Quand Jésus décline son identité à Jean, il utilise un je suis emphatique parce qu’il s’identifie au Je suis (celui qui suis) de l’Éternel quand il s’est présenté à Moïse dans l’histoire du buisson ardent qui ne se consumait pas (Exode 3.14). Jésus affirme donc par là son égalité avec Dieu le Père.

Jésus dit aussi : je suis le premier et le dernier . Cette façon de s’identifier est équivalente à je suis l’alpha et l’oméga qui désigne Dieu, et elle décrit aussi l’Éternel dans l’Ancien Testament. En effet, dans une prophétie d’Ésaïe, Dieu dit :

Moi, je suis le premier et je suis le dernier, et en dehors de moi, il n’y a pas de dieu (Ésaïe 44.6 ; comparez Ésaïe 48.12).

Jésus va se présenter encore deux fois comme le premier et le dernier (Apocalypse 2.8 ; 22.13).

Finalement, en disant : Moi, je suis… le vivant, Jésus revendique son égalité avec Dieu car dans toutes les Écritures c’est un titre pour l’Éternel, celui et le seul qui n’a pas été créé, et qui subsiste de lui-même. Dans son Évangile, Jean rapporte que Jésus a dit à ses adversaires :

Comme le Père possède la vie en lui-même, il a accordé au Fils d’avoir la vie en lui-même (Jean 5.26).

Dans les Écritures, Jésus est souvent identifié à l’Éternel, Dieu, ou l’Ange de l’Éternel. Quand toutes les fausses divinités auxquelles bien des hommes se confient auront disparu, Jésus seul demeurera. Il a toujours été et continuera d’être pour l’éternité. Dans l’Apocalypse, la dignité du Christ ressuscité est équivalente à celle de Dieu. Mais cette élévation ne l’empêche pas d’être proche des siens et de prendre soin d’eux.

Jésus affirme aussi être celui qui détient les clés de la mort et du séjour des morts , une prérogative qui appartient à Dieu seul. Il a autorité sur les morts et sur le lieu où ils se trouvent. La mort, notre plus grande ennemie, et la résurrection, notre espérance, sont entre les mains du Seigneur de gloire qui dans son humanité a trouvé la mort, mais qui est maintenant ressuscité et vivant aux siècles des siècles.

L’auteur de l’Épître aux Hébreux affirme qu’en se revêtant de chair et de sang, Jésus s’est identifié à nous et qu’ il l’a fait pour réduire à l’impuissance, par la mort, celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et pour délivrer tous ceux qui étaient réduits à l’esclavage leur vie durant par la peur de la mort (Hébreux 2.14-15). Comme c’est Jésus qui contrôle la mort et le séjour des morts, les croyants n’ont pas à les craindre. De plus, le Seigneur a déclaré :

Je suis la résurrection et la vie. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s’il meurt (Jean 11.25).

Beaucoup d’entre nous font un complexe de culpabilité et parfois, il ressort sous forme de maladies. En effet, je crains que quelqu’un me montre du doigt et dise : Tu es coupable ! Évidemment que je le suis ! Mais l’apôtre Paul répond à cette peur existentielle quand il écrit :

Qui accusera encore les élus de Dieu ? Dieu lui-même les déclare justes. Qui les condamnera ? Le Christ est mort, bien plus : il est ressuscité ! Il est à la droite de Dieu et il intercède pour nous (Romains 8.33-34).

Ailleurs, Paul écrit aussi que mourir consiste à quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur , ce qui de loin est le meilleur (2Corinthiens 5.8 ; Philippiens 1.23).

Le Christ glorifié décrit par Jean, et par Matthieu et Marc lorsqu’il fut transfiguré, est très différent de l’homme de douleur (Ésaïe 53.3) qui est présenté dans les Évangiles. L’apôtre Paul écrit :

Lui qui, dès l’origine, était de condition divine, ne chercha pas à profiter de l’égalité avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, et il a pris la condition du serviteur. Il se rendit semblable aux hommes en tous points […]. Il s’abaissa lui-même en devenant obéissant, jusqu’à subir la mort, oui, la mort sur la croix (Philippiens 2.6-8).

Verset 19

Je continue le livre de l’Apocalypse.

Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, et ce qui va arriver ensuite (Apocalypse 1.19).

Jean a tellement été ébahi par la vision de Jésus glorifié, qu’il en a la tête qui tourne. Alors, et pour la seconde fois (comparez Apocalypse 1.11), Jésus lui dit de garder sa plume en main et d’écrire, premièrement, ce qu’il vient d’expérimenter et qui est maintenant du passé (chap. 1) ; deuxièmement, la vision présente et qui concerne les sept Églises d’Asie (chap. 2–3), et troisièmement, Jean doit consigner par écrit les événements futurs qui conduiront à la seconde venue de Jésus-Christ, ainsi que tout ce qui arrivera ensuite (chap. 4–22).

Ce troisième volet est le plus important du livre. Cependant, le lecteur ne doit pas se focaliser sur les cavaliers, les anges qui déclenchent les jugements, ou sur les deux bêtes, car tous ne font que passer. Il est bien plus important de garder les yeux fixés sur le Christ glorifié qui était qui est et qui vient (Apocalypse 1.8), et qui est le même hier, aujourd’hui, et pour toujours (Hébreux 13.8). Ce découpage en trois parties du livre de l’Apocalypse est aussi son plan logique.

Alors que les approches, allégorique, symbolique ou historique, donnent lieu à des myriades d’interprétations possibles, l’approche littérale permet au livre de former un tout cohérent qui permet d’harmoniser les événements de la fin des temps avec ceux de la fin du premier siècle.

Verset 20

Je finis le chapitre premier.

Mais d’abord voici quel est le secret des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite et des sept chandeliers d’or : les sept étoiles sont les messagers des sept Églises et les sept chandeliers les sept Églises (Apocalypse 1.20 ; auteur).

Comme c’est souvent le cas dans l’Apocalypse, Jean présente d’abord le symbole d’une vision et ensuite son interprétation. En grec, le même mot signifie « anges » ou « messagers ». Ici, les sept étoiles symbolisent les chefs spirituels humains des sept Églises, et chacun d’eux représente sa communauté.

Quand Jean rédige le livre de l’Apocalypse, ces sept Églises d’Asie existent vraiment, mais chacune est aussi un type de christianisme qui est présent dans le monde à toutes les époques de l’histoire. Ces sept Églises ont été providentiellement choisies par Dieu car il y en avait bien d’autres dans l’Empire romain, et certaines étaient plus importantes que celle d’Éphèse, la plus grande des sept.

Chapitre 2

Introduction

Ces Églises sont citées selon un ordre géographique. Un coursier se rend d’abord à Éphèse et délivre une copie du livre de l’Apocalypse aux responsables de l’assemblée. Ensuite, il se dirige vers le nord et va à Smyrne, puis il continue vers le nord-est et arrive à Pergame. Enfin, il descend vers le sud-est où il rend visite tour à tour à Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée. Sur ces sept Églises, cinq sont réprimandées par le Seigneur pour avoir toléré le péché sous une forme ou sous une autre et qui peut être plus ou moins grave.

Bien que les sept lettres soient différentes, elles comportent certains points communs. Chaque fois que Jésus s’adresse à une Église, il s’identifie en utilisant une bribe de phrase ou une image de la vision que Jean a reçue de lui. Ce sont donc les propres paroles du Seigneur qui introduisent chaque lettre, et en plus, elles sont en rapport avec son contenu. Ensuite, Jésus dit à chaque Église qu’il connaît ses œuvres, puis il donne une parole d’encouragement suivie d’une exhortation. Six lettres sur les sept incluent un éloge, et cinq, un avertissement. Aux Églises de Smyrne qui est l’Église martyre, et de Philadelphie, l’Église missionnaire, Jésus n’a que des éloges à leur adresser. Par contre, à Laodicée qui est l’Église apostate renégate, Jésus n’a que des reproches à lui adresser.

Verset 1

Je commence maintenant à lire le chapitre deux de l’Apocalypse.

Au messager de l’Église d’Éphèse, écris : Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite et qui marche au milieu des sept chandeliers d’or (Apocalypse 2.1 ; auteur).

La première Église à être dans le collimateur du Seigneur est Éphèse, sans doute à cause de son importance. C’était une ville portuaire située à la confluence de l’Est et de l’Ouest, et à la jonction de quatre grandes voies romaines. À la fin du 1er siècle, Éphèse compte entre trois et cinq cent mille habitants, ce qui en fait la plus grande ville de la province d’Asie.

Le géographe Strabon, contemporain de Jésus-Christ, appelle Éphèse le marché d’Asie et c’est dans cette ville que se trouve l’une des sept merveilles du monde antique : le temple dédié à la déesse Diane aussi appelée Artémis. Quatre fois plus grand que le Parthénon d’Athènes, ce temple grouillait de milliers de prêtres, eunuques, esclaves, prostituées sacrées, musiciens, danseurs, et adorateurs hystériques. Il servait aussi de banque et de galerie d’art ; il fut détruit par les Goths (en 256).

Tous les ans au printemps, on honorait la déesse Diane par un festival qui durait un mois et qui comprenait des manifestations athlétiques, musicales et théâtrales. La façon dont on lui rendait un culte était ignoble, et elle-même était représentée par une monstruosité aux seins multiples.

Les Éphésiens ont d’abord entendu la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ grâce au couple Priscille et Aquilas (Actes 18.18-19), qui étaient devenus amis et compagnons d’œuvre de Paul. Puis le prédicateur Apollos s’est joint à eux. Il était originaire d’Alexandrie.

C’était un homme très éloquent, qui connaissait très bien les Écritures. Il avait été instruit de la Voie du Seigneur et parlait avec enthousiasme de Jésus. L’enseignement qu’il apportait sur lui était d’une grande exactitude. Mais il ne connaissait que le baptême de Jean. […] Quand Priscille et Aquilas l’eurent entendu, ils le prirent avec eux et lui expliquèrent plus précisément la voie de Dieu (Actes 18.24-26).

L’apôtre Paul séjourna brièvement à Éphèse à la fin de son deuxième voyage missionnaire (Actes 18.19-21), mais c’est au cours de son troisième qu’il évangélisa cette ville. Après avoir baptisé un groupe de disciples de Jean Baptiste (Actes 19.5), il œuvra trois ans à Éphèse (Actes 20.31). Plus tard, Timothée, son protégé, exerça les fonctions de pasteur dans l’Église (1Timothée 1.3). Deux autres compagnons de Paul, Onésiphore (2Timothée 1.16, 18) et Tychique (2Timothée 4.12), ont également œuvré à Éphèse. L’apôtre Jean y passa lui-même plusieurs années avant d’être déporté sur Patmos. Mais après la mort de l’empereur Domitien, il y retourna pour y finir ses jours.

Le ministère de Paul dans Éphèse eut une influence considérable non seulement sur la ville, mais aussi sur toute la province d’Asie. En effet, dans le livre des Actes, on lit :

Tous les habitants de la province d’Asie, tant Juifs que Grecs, entendirent la Parole du Seigneur (Actes 19.10).

Tout porte donc à croire que c’est à cette époque que les six autres Églises furent fondées.

Sous le ministère de l’apôtre Paul, la conversion à Jésus-Christ d’un grand nombre d’Éphésiens mettait gravement en péril le commerce lucratif des artisans de la ville qui fabriquaient des objets religieux liés au culte de la déesse Diane. Leur chef fomenta une émeute qui se termina dans un chaos. Je lis le passage :

Un bijoutier, nommé Démétrius, fabriquait de petits temples d’Artémis en argent et procurait aux artisans de sa corporation des gains considérables. Un jour, il les convoqua tous, ainsi que les ouvriers qui vivaient de la même industrie. Il leur dit : – Mes amis ! Vous savez bien que nous devons notre prospérité à l’exercice de notre métier. Or, vous voyez ce qui se passe – ou vous en entendez parler : non seulement à Éphèse, mais dans presque toute la province d’Asie, ce Paul a remué de grandes foules. Il les a persuadées que les divinités fabriquées par des hommes ne sont pas de vrais dieux. Ce n’est pas seulement notre corporation qui risque d’être discréditée, mais le temple de la grande déesse Artémis lui-même pourrait y perdre toute sa renommée. […] À ces mots, les auditeurs devinrent furieux et se mirent à scander : – Grande est l’Artémis d’Éphèse ! Bientôt, toute la ville fut en effervescence. […] L’assemblée se tenait dans la plus grande confusion. Les gens hurlaient, mais personne ne criait la même chose, et la plupart ne savaient pas pourquoi ils étaient venus (Actes 19.24-32).

L’impact du christianisme à Éphèse était tellement grand que l’emblème de la croix fut gravé sur les quatre immenses piliers qui bordaient l’entrée du port. Ils étaient dédiés aux quatre évangélistes Matthieu, Marc, Luc et Jean. Aujourd’hui l’un des quatre piliers est encore debout.

Quand l’apôtre Jean rédige la lettre à Éphèse, cela fait quarante ans que le ministère de Paul a pris fin, et la plupart des croyants de la première génération ne sont plus de ce monde, et ceux de la seconde génération n’ont pas la ferveur de leurs pères. Jésus se présente à eux comme Celui qui marche au milieu des sept chandeliers d’or , ce qui veut dire qu’il étudie, examine, mesure, évalue chaque assemblée et qu’il connaît parfaitement leur situation.

Versets 2-3

Je continue le texte de l’Apocalypse.

Je connais ta conduite, la peine que tu prends et ta persévérance. Je sais que tu ne peux pas supporter les méchants : tu as mis à l’épreuve ceux qui se prétendent apôtres et qui ne le sont pas, et tu as décelé qu’ils mentaient. Tu as de la persévérance, tu as souffert à cause de moi et tu ne t’es pas lassé (Apocalypse 2.2-3).

Quand Jésus dit : « Je connais » ( oida ), il décrit une connaissance complète. Ce verbe est utilisé dans chacune des lettres (Apocalypse 2.9, 13, 19 ; 3.1, 8, 15) car il est évident que le Seigneur sait tout de chaque Église et sur chacun de nous.

Jésus félicite les croyants d’Éphèse pour leur travail ( kopos ). En grec, ce mot décrit un dur labeur, un effort acharné. Ces hommes et ces femmes se donnent sans compter. Ils n’ont pas la mentalité d’un spectateur mais sont constamment et en même temps, au four et au moulin en quelque sorte.

Jésus les complimente aussi à deux reprises pour leur persévérance ( hupomonê ) car ils bravent les difficultés et supportent les persécutions avec courage ; il les loue encore parce qu’ils condamnent les hommes mauvais, et pour leur aptitude à discerner les faux jetons. De toute évidence, les Éphésiens avaient pris au sérieux les avertissements de l’apôtre Paul concernant ceux qui enseignent la fausse doctrine. À son disciple Timothée, il écrit :

En partant pour la Macédoine, je t’ai encouragé à demeurer à Éphèse pour avertir certains de ne pas enseigner de doctrines étrangères à la foi. Qu’ils cessent de porter leur intérêt à des récits de pure invention et à des généalogies interminables. Des préoccupations comme celles-ci font naître des spéculations au lieu de nous aider dans les responsabilités que Dieu nous confie dans l’œuvre de la foi (1Timothée 1.3-4).

Cependant, l’Esprit déclare clairement que, dans les derniers temps, plusieurs se détourneront de la foi parce qu’ils s’attacheront à des esprits trompeurs et à des enseignements inspirés par des démons. Ils seront séduits par l’hypocrisie de prédicateurs de mensonges dont la conscience est comme marquée au fer rouge (1Timothée 4.1-2).

Plus tard, l’apôtre Paul a convoqué les responsables de l’Église d’Éphèse et leur a dit :

Veillez donc sur vous-mêmes et sur tout le troupeau de l’Église que le Saint-Esprit a confié à votre garde. Comme de bons bergers, prenez soin de l’Église de Dieu qu’il s’est acquise par son sacrifice. Je le sais : quand je ne serai plus là, des loups féroces se glisseront parmi vous, et ils seront sans pitié pour le troupeau. De vos propres rangs surgiront des hommes qui emploieront un langage mensonger pour se faire des disciples (Actes 20.28-30).

Et effectivement, Jésus mentionne la présence d’enseignants de mensonge dans les quatre premières Églises auxquelles il s’adresse (Apocalypse 2.2, 6, 14, 15, 20), et cette situation n’a fait qu’empirer depuis l’époque de Jean.