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Émission 1255 - Apocalypse 6.1-6.2

Diffusé le 17 octobre 2016 - ::

Chapitre 6

Introduction

La guerre est une chose terrible.

C’est en tout cas ce que m’ont dit ceux qui dans ma famille l’ont vécue. On espère que chaque guerre sera la dernière et c’est toujours vrai jusqu’à ce que la suivante éclate. Depuis toujours, les hommes aspirent à la paix sur terre.

Mais, a dit l’Éternel, il n’y a pas de paix pour les méchants ! (Ésaïe 48.22 ; comparez Ésaïe 57.21).

Selon les Écritures, le monde va inexorablement non pas vers la paix et l’unité, mais vers une ultime guerre cataclysmique, appelée la campagne d’Harmaguédon (Apocalypse 16.14-16). Jusqu’à ce temps de grande détresse, notre monde continuera comme il est, avec quelques hauts et beaucoup de bas. Et puis on aura deux à trois ans de paix incertaine, quelque chose comme une absence de conflits. Mais les tensions qui n’ont jamais cessé entre certaines régions du monde finiront par l’emporter et la situation mondiale se détériorera rapidement ; des conflits éclateront tandis que la criminalité grimpera en flèche.

À cela s’ajouteront des catastrophes naturelles sans précédent, des tremblements de terre avec tsunamis, des famines et des épidémies. Une crise économique et financière étouffera tous les systèmes de production et précipitera le monde dans le chaos. Ces calamités, aussi terribles soient-elles, ne marqueront pourtant que le début du déchaînement de la colère de Dieu sur une humanité rebelle. Les prophètes de l’Ancien Testament ont parlé de ce temps de jugement à venir. Jérémie écrit :

Malheur ! Quel jour terrible ! Il n’y en a pas d’autre semblable à celui-là ! C’est un temps de détresse pour les descendants de Jacob, mais ils en seront délivrés (Jérémie 30.7).

Quant à Ésaïe, il décrit le jugement des nations en disant :

L’Éternel est en colère contre l’ensemble des nations, il est furieux contre toutes leurs troupes, il les voue à lui-même : il les livre au massacre. Leurs victimes seront abandonnées, l’odeur de leurs cadavres se répandra, leur sang ruissellera sur les montagnes (Ésaïe 34.2-3).

Dans les chapitres quatre et cinq du livre de l’Apocalypse, nous avons eu le privilège d’accompagner Jean dans les coulisses de la Création et de l’histoire humaine. Nous avons vu les préparatifs pour le jugement que le Seigneur va exécuter contre les impies.

Dans le chapitre quatre, on a vu le trône de Dieu et la Trinité était présente. On assiste aussi à un concert de louanges adressées à Dieu de la part de diverses créatures. Le Père et le Fils, le Père ou le Fils sont adorés en tant que Créateur.

Dans le chapitre cinq, Jésus-Christ le Fils est adoré parce qu’il est le Rédempteur de la création et des hommes. Il reçoit de Dieu le Père un rouleau scellé de sept sceaux qui contient le titre de propriété de la terre ainsi que les détails sur la manière dont le Seigneur va reprendre possession de ce qui lui revient de droit.

À partir du chapitre six, le décor change. Mais avant de le lire, il serait intéressant de comparer les sept sceaux qui vont être ouverts avec la prophétie de Daniel. En effet, l’ange Gabriel est venu le voir pour lui faire une révélation extraordinaire concernant les temps de la fin. Il lui a dit :

L’oint (Celui qui a été choisi) conclura une alliance ferme avec un grand nombre pendant une septaine et, à la moitié de la septaine, il fera cesser le sacrifice et l’offrande. Dans le Temple sera établie l’abominable profanation, et cela durera jusqu’à ce que l’entière destruction qui a été décrétée s’abatte sur le dévastateur (Daniel 9.27).

Comme aucun fait historique ne correspond aux événements décrits à partir de l’ouverture des sceaux du chapitre six, c’est bien que leur accomplissement est futur, et la septaine mentionnée par l’ange ne peut que parler de la période finale de sept ans de jugements, aboutissant à la seconde venue de Jésus-Christ sur terre.

Il faut donc rappeler qu’à partir du chapitre six, tous les événements que Jean voit se dérouler devant lui sont prophétiques, qu’ils n’ont pas encore eu lieu et sont à venir. En effet, la révélation aux sept Églises est présentée comme ce qui est. Puis après cela (Apocalypse 4.1), après les lettres aux Églises, vient la vision des chapitres 4 et 5. C’est ce qui va arriver ensuite (Apocalypse 1.19), selon ce que dit le Seigneur à Jean. Puisqu’au début du chapitre 5 il est question d’un livre scellé, c’est que les sceaux n’ont pas encore été brisés et donc qu’ils le seront plus tard.

Toujours avant de commencer la lecture du chapitre six, il est utile de rappeler où se trouvent les croyants de la Nouvelle Alliance, ceux qui au travers les siècles ont appartenu à Jésus-Christ. Dans la lettre aux chrétiens de Thyatire, l’enlèvement de l’Église est encore à venir car Jésus dit :

Tenez fermement ce que vous avez jusqu’à ce que je vienne (Apocalypse 2.25).

Ces paroles concernant la venue de Jésus sont ambiguës. Selon le contexte, elles font d’abord référence au jugement des apostats, mais en second lieu, elles semblent aussi faire allusion au retour de Jésus dans les airs pour chercher son Église.

Dans la lettre aux croyants de Philadelphie, l’enlèvement de l’Église est précisé car Jésus dit :

Je te garderai à l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde entier pour éprouver tous les habitants de la terre. Je viens bientôt, tiens ferme ce que tu as pour que personne ne te ravisse le prix de la victoire (Apocalypse 3.10-11).

À partir du chapitre quatre de l’Apocalypse, il n’est plus fait d’allusion aux Églises, c’est comme si elles avaient disparu ou n’existaient plus. En fait, et comme je l’ai dit, les croyants ont effectivement tous quitté ce monde pour rejoindre Jésus dans les cieux, où ils sont représentés par les 24 vieillards ou anciens. L’enlèvement de l’Église tel qu’il nous est présenté par l’apôtre Paul (1Thessaloniciens 4.13-18 ; 1Corinthiens 15.51-58) a eu lieu avant que Jean ne pénètre dans le ciel par la porte qui lui fut ouverte (Apocalypse 4.1) et donc avant l’ouverture du premier sceau qui enclenche les sept années de Tribulation.

Maintenant, il faut aussi rappeler que si les croyants sont délivrés de ce châtiment universel, ce n’est pas parce qu’ils sont sages comme des images, gentils et adorables comme des enfants de chœur. Pas du tout car ce sont des pécheurs coupables devant Dieu comme le reste des hommes, mais ils ont été sauvés par la grâce de Dieu. Par contre, tous ceux qui auront rejeté Jésus-Christ subiront l’épreuve du feu de la Tribulation.

L’ouverture des sept sceaux, qui commence à partir du chapitre six, correspond bien à la chronologie des événements de la Tribulation que Jésus a donnée dans son discours sur la fin des temps que nous rapporte l’Évangile selon Matthieu (chap. 24–25).

Chaque fois qu’un sceau est brisé, un jugement divin frappe le monde. Le premier sceau n’est pas un fléau mais une courte période de fausse paix. Jésus en parle aussi quand il met en garde ses disciples contre les faux christs trompeurs qui en feront la promotion (Matthieu 24.4-5 ; Apocalypse 6.1-2).

Le deuxième sceau décrit une guerre mondiale que Jésus a prédite (Matthieu 24.6-7 ; Apocalypse 6.3-4).

Le troisième sceau parle d’une famine (Matthieu 24.7 ; Apocalypse 6.5-6) et dans son discours, Jésus y ajoute des tremblements de terre, ce qui représente diverses catastrophes naturelles.

Le quatrième sceau fait apparaître la mort qu’entraînent toutes les catastrophes (Matthieu 24.7-9 ; Apocalypse 6.7-8).

Le cinquième sceau montre des martyrs, ce dont Jésus a également parlé (Matthieu 24.9-10, 16-22 ; Apocalypse 6.9-11).

Pendant l’ouverture du sixième sceau, le soleil et la lune s’obscurcissent et les étoiles tombent du ciel, exactement comme Jésus l’avait annoncé (Matthieu 24.29 ; Apocalypse 6.12-14)

Le septième sceau n’est pas la fin de la Tribulation car il déclenche les sept jugements des trompettes (Apocalypse 8.1-11.19), et la septième trompette (Apocalypse 11.15) amène les sept coupes de la colère de Dieu (Apocalypse 16.1-21). Tous ces jugements cataclysmiques et toute la dévastation qu’ils produiront conduisent à la seconde venue de Jésus-Christ sur terre, qui vient pour établir son royaume et régner comme Maître absolu (Matthieu 24.32–25.13 ; Apocalypse 6.15-17).

Dans le discours de Jésus que nous rapporte Matthieu, le Seigneur compare les jugements de la Tribulation aux douleurs de l’enfantement (Matthieu 24.8), une idée que l’apôtre Paul reprend pour décrire cette même période (1Thessaloniciens 5.3). Chez une femme sur le point d’accoucher, ces douleurs augmentent en fréquence et en intensité. Pareillement, les jugements et leurs dévastations s’intensifieront avec l’ouverture des sceaux, l’apparition des trompettes et des coupes, et il en sera ainsi jusqu’au retour du Seigneur Jésus dans la gloire.

Les quatre premiers sceaux couvrent la période que Jésus a décrite comme étant « les premières douleurs de l’enfantement ». Hormis le premier qui sera une fausse paix, les trois suivants seront terribles, et pourtant, ces jugements ne seront que les préliminaires et un avant-goût des trois sceaux suivants à l’ouverture desquels, Dieu donnera libre cours à sa colère.

Pendant la Tribulation, plusieurs facteurs vont jouer, qui expliquent l’intensité et la férocité des événements et des jugements.

Premièrement, le Saint-Esprit ne va plus restreindre le mal, ce qui fait que la méchanceté de l’homme va pouvoir se manifester pleinement, et les forces démoniaques se déchaîner, littéralement. Le Saint-Esprit sera présent sur terre comme il l’a toujours été depuis le premier jour de la création mais en spectateur en quelque sorte. Lorsqu’à la Pentecôte, l’Église est née, le Saint-Esprit a commencé à remplir un nouveau rôle ; il unissait chaque croyant au corps du Christ qui est son Église. Il habitait dans l’esprit du croyant et le dirigeait dans sa vie.

Deuxièmement, pendant la Tribulation, l’Église en tant que lumière du monde et sel de la terre (Matthieu 5.13-14) aura disparu. Or, sa présence était un frein au mal. Le témoignage des croyants sera néanmoins remplacé par celui des 144 000 Juifs (Apocalypse 7.4) et des deux personnages descendus du ciel (Apocalypse 11.3).

Troisièmement, sachant que ses jours sont comptés avant d’être enfermé, Satan va se démener pour contrecarrer autant qu’il le peut les projets de Jésus-Christ. En même temps, Dieu va rallonger sa laisse et le laisser faire beaucoup de mal, ce qui sera une autre forme de jugement divin contre ce monde.

Quatrièmement, Dieu va ajouter ses propres jugements aux dévastations causées par le diable et l’Antichrist.

Alors que les chapitres quatre et cinq nous permettent de voir avec Jean ce qui se passe dans le royaume de Dieu et les préparatifs de la Tribulation, à partir du chapitre six, les caméras sont braquées sur la terre. Le centre des opérations est sur le trône du troisième ciel mais c’est ici-bas qu’ont lieu les jugements de Dieu destinés à mâter une humanité rebelle. Le psalmiste écrit :

Avec un sceptre de fer, tu les soumettras ; comme des vases d’argile, tu les briseras (Psaumes 2.9).

Les âmes sensibles vont peut-être froncer les sourcils, mais si quelqu’un a une meilleure idée pour réprimer la révolte permanente de l’homme contre son Créateur, qu’il se fasse connaître. En effet, si Jésus revenait aujourd’hui de la même manière qu’il est venu il y a deux mille ans, serait-il mieux accepté par le monde qu’il le fut par les Juifs ? Qui va lui céder son fauteuil de président, de premier ministre, ou de dictateur ? Personne.

Verset 1

Je commence maintenant à lire le chapitre six du livre de l’Apocalypse.

Puis je vis l’Agneau ouvrir le premier des sept sceaux et j’entendis l’un des quatre êtres vivants dire d’une voix de tonnerre : – Viens ! (Apocalypse 6.1).

Après avoir reçu de son Père le titre de propriété de la terre (Apocalypse 5.7), l’Agneau et Seigneur Jésus brise le premier sceau. À chaque ouverture, une partie du rouleau est exposée, mais au lieu d’être lu, ce qui est écrit est exécuté sur-le-champ. Dès que ce sceau est brisé, Jean entend une voix fracassante qui dit : Viens ! On aurait cru un coup de tonnerre ; c’est l’un des quatre êtres vivants qui a parlé. Ce chérubin assume le rôle d’un général d’armée.

Verset 2

En réponse à cet ordre, Jean dit :

Et je vis venir un cheval blanc. Son cavalier était armé d’un arc. Une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre (Apocalypse 6.2).

Les quatre premiers sceaux suscitent l’apparition de chevaux montés. C’est ce qu’on a coutume d’appeler les quatre cavaliers de l’Apocalypse. Dans les Écritures, les chevaux sont associés à la majesté, à la guerre, la conquête, et sont un signe de triomphe. Après une victoire militaire, le général romain chevauchait un cheval blanc, et ses captifs enchaînés suivaient derrière lui.

Plus tard dans la vision, Jean voit venir un cheval blanc et il dit :

Son cavalier s’appelle « Fidèle et Véritable ». Il juge avec équité, il combat pour la justice (Apocalypse 19.11).

Comme il s’agit alors de Jésus-Christ, on pourrait penser qu’ici, à l’ouverture du premier sceau, c’est déjà le Seigneur. Mais ce n’est guère possible. En effet, étant donné que c’est Jésus qui ouvre le rouleau scellé, il ne va pas être en même temps le cavalier en question. Je sais bien que le Seigneur peut être à plusieurs endroits à la fois, mais ça ne colle pas vraiment avec la vision de Jean.

D’une part, ici, le cavalier porte une couronne reçue en récompense ( stephanos ), alors que plus loin dans le livre, le cavalier « Fidèle et Véritable » porte plusieurs diadèmes royaux ( diadêmas  ; Apocalypse 19.12). D’autre part, ici, ce cavalier est armé d’un arc alors que Jésus porte une épée (Apocalypse 19.15). En troisième lieu, Jésus revient sur terre en vainqueur à la fin de la Tribulation et non pas au début.

Alors qui est-ce ? Beaucoup de commentateurs pensent qu’il s’agit de l’Antichrist. Cette idée est séduisante et c’est presque la bonne réponse mais pas tout à fait. En effet, les trois autres cavaliers qui suivent le cheval blanc ne sont pas des individus mais des drames ; ce sont respectivement la guerre, la famine et la mort (Apocalypse 6.3-8). Il est donc préférable de voir dans le premier cavalier quelque chose d’impersonnel qui précède la guerre provoquée par le deuxième cavalier. Ce cheval blanc est un état de paix, mais une paix trompeuse, un sentiment de fausse sécurité car en réalité, c’est une guerre froide.

Ce cavalier au cheval blanc a un arc mais apparemment pas de flèches, et il porte une couronne qu’il a dû recevoir, non pas suite à une victoire militaire, mais pour ses succès politiques. Cet homme est l’Antichrist qui a réussi à imposer la paix par la ruse, de vaines promesses, l’intimidation et des menaces (comparez Jérémie 14.13-14 ; 2Thessaloniciens 2.9-11). Il a promis un âge d’or marqué par la paix et la prospérité et il est arrivé à convaincre le monde qu’il pouvait tenir son pari.

Alors, dans un geste de gratitude, on l’honore et on l’élève au rang de chef suprême et bien sûr, il reçoit le prix Nobel de la paix. Parce que le monde aspire désespérément à la paix à n’importe quel prix, il sera la proie de l’Antichrist, le dictateur à la solde de Satan.

La Tribulation commence donc par un temps de paix qui précède les destructions massives qui vont suivre. Tant les accolades que la paix seront de courte durée, et céderont la place à la guerre, la famine, les catastrophes naturelles, les épidémies et à la mort.

Selon le prophète Daniel, l’Antichrist trompera en particulier Israël, avec qui il signera une alliance ferme de sept ans (Daniel 9.27). Cet accord de paix et de protection militaire durera moins de trois ans et demi, car, écrit Daniel :

À la moitié de la septaine (des sept ans), il fera cesser le sacrifice et l’offrande. Dans le Temple sera établie l’abominable profanation, et cela durera jusqu’à ce que l’entière destruction qui a été décrétée s’abatte sur le dévastateur (Daniel 9.27).

La paix trompeuse que l’Antéchrist avait établie prendra fin subitement quand il profanera le Temple de Jérusalem, qui de toute évidence, aura donc été reconstruit. Cet homme trahira Israël et persécutera les Juifs (Matthieu 24.4-10). L’apôtre Paul écrit :

Lorsque les gens diront : « Maintenant règne la paix ! Maintenant nous sommes en sécurité ! », alors précisément, la ruine fondra subitement sur eux, comme les douleurs saisissent la femme enceinte, et aucun n’échappera (1Thessaloniciens 5.3).

Il n’y aura jamais de paix durable sur notre pauvre terre avant que le Prince de la paix n’établisse son royaume de mille ans (Apocalypse 20.1-6).

L’apôtre Jean a aussi vu qu’à ce premier cavalier, une couronne lui fut donnée . Le temps passif du verbe est important car il rappelle que même quand le mal se déchaîne, les événements tragiques sont sous le contrôle du Dieu souverain qui est et reste le véritable chef d’orchestre ; c’est toujours lui qui dans l’ombre mène le bal.