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Émission 1256 - Apocalypse 6.3-6.8

Diffusé le 18 octobre 2016 - ::

Chapitre 6

Versets 3-4

Il est difficile de comprendre comment le monde et ses grands peuvent être si facilement bernés. C’est pourtant exactement ce qui est arrivé dans les années 30. Adolf Hitler avait décrit en détail sa haine des Juifs et ses projets de conquête dans son livre, intitulé, Mein Kampf , qui fut publié en 1924, soit 15 ans avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, et aussi incroyable que cela puisse paraître, la France et l’Angleterre persistèrent à croire Hitler quand il se proclamait un homme de paix.

Ils sont restés sans rien faire lorsqu’il a aboli le Traité de Versailles en reprenant possession de la Rhénanie qui avait été démilitarisée après la Première Guerre mondiale, pour ensuite annexer l’Autriche, la région montagneuse des Sudètes qui va de l’est de l’Allemagne à la Pologne, et la Tchécoslovaquie.

Dans une tentative désespérée pour éviter la guerre, Neville Chamberlain, le premier ministre de la Grande-Bretagne de l’époque, a rencontré le dictateur nazi à Munich, en 1938. À son retour, un Chamberlain triomphant a brandi un bout de papier où figurait une promesse de paix de la main d’Hitler, qui selon lui garantissait «  la paix avec l’honneur (la paix pour notre époque)  ». Quand, dans la Chambre des Communes, Winston Churchill s’est levé pour déclarer que l’Angleterre venait de subir une défaite totale et non mitigée, il s’est fait huer par les membres du Parlement.

La tromperie d’Hitler fut quasi universelle car très rares étaient ceux qui discernaient les véritables intentions du dictateur. Ce n’est qu’après l’invasion de la Pologne en septembre 1939 que les alliés ont enfin compris, mais il était désormais trop tard pour éviter la catastrophe. Un scénario semblable se produira à la fin des temps, mais le nouvel Hitler sera l’Antichrist.

Je continue à lire dans le chapitre six de l’Apocalypse.

Quand l’Agneau ouvrit le deuxième sceau, j’entendis le deuxième être vivant dire : – Viens ! Un autre cheval sortit : il était rouge feu. Son cavalier reçut le pouvoir de bannir la paix de la terre pour que les hommes s’entretuent, et une grande épée lui fut donnée (Apocalypse 6.3-4).

Apparemment, les êtres vivants qui sont chérubins de leur état sont tous les quatre des généraux et c’est maintenant au tour du deuxième, d’envoyer ses troupes au combat. La couleur du second cheval évoque la guerre, ce que confirme son cavalier qui reçoit le pouvoir de bannir la paix de la terre . Au cours de la première moitié de la Tribulation, la paix illusoire que l’Antichrist a manigancée disparaît dans le brasier d’un conflit mondial. Jésus l’a prédit quand il a dit :

Vous entendrez parler de guerres et de menaces de guerre. Attention ! ne vous laissez pas troubler par ces nouvelles, car cela doit arriver, mais ce ne sera pas encore la fin (Matthieu 24.6).

Les hommes s’entre-tueront avec férocité, et les armes actuellement disponibles permettent d’imaginer combien les massacres seront terribles.

À ce deuxième cavalier, on donne une grande épée ( machaira ). En réalité, le mot pour « épée » désigne le poignard qui équipait les légionnaires, et qui était également l’arme de prédilection des assassins. Le mot « grande » s’applique donc à l’intensité et à l’étendue des combats qui enflamment le monde.

La volonté de l’Antichrist d’être le maître du monde et de le rester par tous les moyens déclenchera des conflits qui dureront pendant la majeure partie de la Tribulation. Une fois que la guerre aura éclaté, l’Antichrist qui sera le chef de la confédération occidentale se lancera corps et âme dans la bataille afin de tenter de conserver son pouvoir autocratique. Il sera aussi rusé à la guerre qu’il l’a été à instaurer une fausse paix. Le prophète Daniel écrit :

Sa puissance ira en croissant, mais non par sa propre force. Il causera d’incroyables ravages et réussira dans tout ce qu’il entreprendra ; il exterminera de puissants adversaires et décimera les membres du peuple saint (Daniel 8.24 ; comparez Apocalypse 6.9 ; Matthieu 24.9).

Le roi agira à sa guise, il s’enorgueillira et se croira plus grand que tous les dieux, même plus grand que le Dieu des dieux, il proférera des blasphèmes inouïs contre lui et il parviendra à ses fins jusqu’à ce que la colère divine soit parvenue à son comble (Daniel 11.36).

Il envahira aussi le Pays Magnifique et de nombreux peuples succomberont. […] Il étendra sa domination sur différents pays, et l’Égypte elle-même ne lui échappera pas (Daniel 11.41-42).

À partir de l’ouverture du second sceau, c’est la guerre et elle ne cessera vraiment qu’au retour de Jésus-Christ, qui, lui, établira une paix durable.

Verset 5

Je continue le texte.

Quand l’Agneau ouvrit le troisième sceau, j’entendis le troisième être vivant dire : – Viens ! Et voici que je vis venir un cheval noir. Son cavalier tenait une balance dans la main (Apocalypse 6.5 ; auteur).

Tandis que l’Agneau ouvre le troisième sceau, la voix puissante du troisième chérubin retentit. En donnant l’ordre au troisième cheval et au cavalier de venir, il lance ses troupes à l’assaut du monde.

En disant : Et voici , Jean exprime sa surprise ; il est choqué, semble-t-il, par la scène sinistre qui est devant lui. Ce cheval noir est de très mauvais augures car dans les Écritures, cette couleur correspond à la famine et au deuil. Ce sont les conséquences logiques d’une guerre mondiale et de catastrophes naturelles, car les réserves de nourriture sont détruites ainsi que les champs et ceux qui les cultivent. Jésus a aussi prédit cette famine à venir quand il a dit :

On verra se dresser une nation contre une nation, un royaume contre un autre ; il y aura des famines et des tremblements de terre en divers lieux (Matthieu 24.7).

Ces catastrophes seront les plus graves que l’humanité a jamais connues.

Le cavalier tient une balance, ce qui est une façon d’indiquer que le rationnement sera l’une des conséquences de la famine. Chaque fois qu’il y a une guerre, c’est le même scénario, les gens souffrent de la faim ; il se crée des camps de réfugiés et les gens font la queue pour un peu de nourriture.

Verset 6

Je continue le texte.

Et j’entendis comme une voix venant du milieu des quatre êtres vivants ; elle disait : – Un litre de blé au prix d’une journée de travail et trois litres d’orge pour le même prix. Quant à l’huile et au vin, épargne-les ! (Apocalypse 6.6).

Dès qu’apparaissent le cheval noir et son cavalier, Jean entend une voix qui provient des quatre êtres vivants. Mais comme ils se tiennent autour du trône (Apocalypse 4.6), il s’agit probablement de la voix de Celui qui est assis sur le trône (Apocalypse 4.2-3). Dieu parlera à nouveau au moment de l’ouverture du cinquième sceau (Apocalypse 6.11).

La voix de Dieu nous rappelle que les jugements apocalyptiques émanent de lui et combien cette famine sera dévastatrice. Littéralement le texte dit : Une mesure de blé pour un denier, et trois mesures d’orge pour un denier . Le denier était le salaire moyen d’un ouvrier pour une journée de travail, et selon l’historien grec Hérodote, une mesure était la ration journalière d’un soldat, et valait à peu près un litre, ce qui ne suffirait pas pour une famille. Quant à l’orge, il a une faible valeur nutritionnelle et sert surtout à nourrir le bétail.

Tout ça pour dire que la guerre a créé une inflation galopante et que les gens perçoivent maintenant un salaire crève-la-faim qui ne leur permet guère de subsister et encore moins d’acheter de l’huile ou du vin, des denrées qui seront disponibles à ceux qui ont de l’argent.

La Tribulation commence donc par une fausse paix qui est rapidement suivie de guerres et de famines. Nous sommes à peu près à la moitié des sept années de Tribulation, mais le pire est encore à venir.

Versets 7-8 a, b

Je continue le texte.

Quand l’Agneau ouvrit le quatrième sceau, j’entendis la voix du quatrième être vivant dire : – Viens ! Et je vis venir un cheval verdâtre. Son cavalier s’appelle « La Mort » et il était suivi du séjour des morts (Apocalypse 6.7-8 a, b ; auteur).

Jésus ouvre le sceau suivant et le quatrième chérubin général lance ses troupes à l’assaut de l’humanité.

Ici encore, Jean exprime son étonnement devant la scène qui est devant lui, et il y a effectivement de quoi avoir la chair de poule parce que ce cavalier est des plus macabres puisqu’il s’agit de la mort . Le texte ne pourrait pas être plus concis, et une lame effilée ne pourrait pas être plus tranchante. Avec le quatrième sceau, nous entrons dans la grande tribulation .

Le mot grec traduit par « verdâtre » ( chlôros ) a donné les mots chlorophylle et chlore en français, parce que c’est un vert pâle tirant sur le jaune. Il peut aussi être rendu par vert à propos de la végétation. Dans l’Évangile selon Marc, on lit que Jésus ordonna de faire asseoir la foule par groupes sur l’herbe verte (Marc 6.39) ; et plus loin dans l’Apocalypse, il est question de plantes vertes (Apocalypse 8.7 ; 9.4).

La couleur du cheval décrit la pâleur de la mort, qui est la conséquence inévitable d’une guerre mondiale, d’une famine à grande échelle et de catastrophes naturelles. La scène est rendue encore plus sinistre par la présence du séjour des morts (comparez Apocalypse 1.18 ; 20.13-14) qui joue le rôle du fossoyeur qui débarrasse les cadavres derrière la mort.

La mort, mais d’où vient-elle ? L’apôtre Paul écrit que la mort est le salaire que verse le péché (Romains 6.23), sa conséquence en quelque sorte. Paul dit aussi :

Par un seul homme, le péché est entré dans le monde et par le péché, la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes parce que tous ont péché (Romains 5.12).

Adam fut le premier homme créé et il a choisi de se rebeller contre son Créateur qui l’avait pourtant mis en garde de ne pas désobéir. L’Éternel lui avait dit :

Mange librement des fruits de tous les arbres du jardin, sauf du fruit de l’arbre du choix entre le bien et le mal. De celui-là, n’en mange pas, car le jour où tu en mangeras, tu mourras (Genèse 2.16-17).

Littéralement, Dieu a dit : tu mourras de mort , c’est très emphatique. Mais Adam et Ève n’ont pas tenu compte de cet avertissement solennel ; telle est l’origine du péché. Quant à la mort, sa conséquence, c’est non seulement la fin du corps mais aussi la séparation d’avec Dieu.

La mort s’est étendue à tous les descendants d’Adam et Ève parce que nous étions solidaires avec eux dans le péché qu’ils ont commis. C’est un peu difficile à concevoir et je vais donner un exemple. Jeune fille, ma mère vivait dans un village proche de Mulhouse où elle a connu mon père pendant la guerre. Ils se sont mariés et sont allés vivre dans une autre région. Quand ils ont quitté l’Alsace, je les ai suivis alors que je n’étais pourtant pas né. Ce qu’ils ont fait, je l’ai fait.

De la même manière, les êtres humains étaient présents, en puissance, en Adam, qui est le chef de la race. En tant que tête fédérale, Adam est le représentant de la race humaine. À ce titre, sa désobéissance a été celle de tous ses descendants. Toute l’humanité passée, présente et à venir s’est rendue coupable comme un seul homme de la première désobéissance d’Adam. En d’autres mots, j’ai moi aussi commis le même péché qu’Adam et Ève. Comme ils ont été condamnés à la mort, celle-ci s’est étendue à toute la race humaine et un jour je vais mourir.

Tout ça est un peu dur à avaler j’en conviens parce qu’a priori ça ne semble pas juste. Mais c’est l’Éternel qui décide et nous savons qu’il est parfaitement juste. Il aurait pu s’il avait voulu, nous placer tous dans le jardin d’Éden et nous faire subir le même test qu’à Adam. Aurais-je mieux fait que lui ? Je ne pense pas et Dieu non plus. Je suis donc juridiquement coupable devant Dieu, et les problèmes ne s’arrêtent pas là, car la désobéissance d’Adam a perverti son cœur et son âme, et depuis Adam et Ève, cette tare passe des parents aux enfants.

Nos premiers parents ont contaminé leurs descendants en leur transmettant une nature déchue, rebelle contre Dieu. Cette tare a continué d’une génération à l’autre jusqu’à ce que je naisse. Puis j’ai moi-même transmis ma nature déchue à mes enfants et eux ont fait de même et ainsi de suite jusqu’au jour où Dieu tirera un trait sur l’humanité.

À côté de ma culpabilité en Adam, j’ai donc une nature déchue capable de faire ce qui est mal et elle me vient tout droit de nos premiers parents. Ce n’est pas tout, car en troisième lieu, je suis personnellement responsable et coupable des fautes que je commets quand je choisis de faire ce qui est mal.

La mort a trois composantes : physique, spirituelle et aussi éternelle. La première concerne le corps qui retourne à la terre et aux vers. La seconde exprime l’état de séparation entre Dieu et l’être humain. Dès la naissance, il n’existe aucune relation entre la créature et son Créateur. L’homme est dressé contre Dieu à cause de sa nature rebelle qu’il a héritée d’Adam. Voilà pourquoi l’apôtre Paul écrit aux Éphésiens qu’ils étaient morts avant de croire en Jésus-Christ (Éphésiens 1.5).

En troisième lieu, l’homme qui n’accepte pas Jésus comme Sauveur est voué à la mort éternelle qui exprime un état de séparation définitive et irrévocable. Cet état est appelé la seconde mort vers la fin du livre de l’Apocalypse (Apocalypse 20.14).

Verset 8 c

Je continue le texte.

Il leur fut donné (à la Mort et au séjour des morts) le pouvoir sur le quart de la terre de faire périr les hommes par l’épée, la famine, les épidémies et les bêtes féroces (Apocalypse 6.8 c).

La mort tue et le séjour des morts qui ne dit jamais « assez » (Proverbes 27.20 ; 30.16) engrangent les cadavres. La mission de ce quatrième cavalier résume celles des trois premiers, car les calamités des versets précédents conduisent à cette hécatombe. Ce quatrième sceau fait le point sur le nombre de victimes comptabilisées jusqu’à présent à cause des guerres, des famines, des épidémies et des bêtes féroces (comparez Ézéchiel 14.21). Si le quatrième sceau était ouvert aujourd’hui, la disparition du quart de l’humanité équivaudrait à environ 1,8 milliard de morts. Étant donné le nombre d’armes nucléaires, chimiques et biologiques stockées dans le monde, ce chiffre effroyable est tout à fait plausible.

Les gens périront par l’épée, la famine, les épidémies et les bêtes féroces . Le mot traduit par « épidémies » ( thanatos ) signifie mort , mais il englobe aussi les morts dus aux armes biologiques et chimiques, ainsi que les catastrophes naturelles, ce que Jésus a prédit dans son discours sur la fin des temps (Matthieu 24.7). Les épidémies ont toujours fait plus de victimes que les catastrophes naturelles et même les guerres.

Entre 1918 et 1919, par exemple, la grippe espagnole a fait 30 millions de victimes, soit trois fois plus que le nombre de soldats qui ont trouvé la mort au cours de la Première Guerre mondiale. Par ailleurs, à la même époque, plusieurs millions de personnes ont été emportés par le typhus en Russie, en Pologne et en Roumanie. La guerre entraîne des famines ou une sous-alimentation qui offre un terrain favorable aux épidémies.

La mention de bêtes féroces peut paraître curieuse étant donné que la plupart des animaux susceptibles d’être dangereux pour l’homme, comme le loup ou l’ours par exemple, se trouvent isolés dans des régions plus ou moins inhabitées. Mais cela n’est vrai que dans les pays fortement industrialisés. Il y a encore beaucoup d’endroits dans le monde où les animaux sauvages font des ravages dans la population locale.

De plus, chez nous, il ne faut pas oublier le rat, qui se multiplie à une vitesse vertigineuse dans les villes quand les conditions s’y prêtent, comme en temps de guerre. Les rats dévorent les stocks de nourriture et propagent des maladies comme la peste noire ou bubonique qui, au 14e siècle, a décimé le quart de la population européenne.

Depuis cette vision de Jean, rien ne s’est produit dans l’histoire qui puisse être l’accomplissement de l’ouverture de ces quatre sceaux, et ces jugements ne sont que les premières douleurs de l’enfantement (Matthieu 24.8), car le pire est encore à venir avec trois sceaux, les trompettes et les coupes. Le monde impie va apprendre à ses dépens ce que signifie «  Il est terrible de tomber entre les mains du Dieu vivant ! » (Hébreux 10.31). Pendant la grande Tribulation, la mort et le séjour des morts vont chevaucher de par le monde sans la moindre retenue au point où Jésus a dit :

Vraiment, si le Seigneur n’avait pas décidé de réduire le nombre de ces jours, personne n’en réchapperait ; mais, à cause de ceux qu’il a choisis, il abrégera ce temps de calamité (Matthieu 24.22).

Aujourd’hui, beaucoup de journaux quotidiens ont une rubrique nécrologique avec une liste partielle de ceux qui ont rencontré la dame à la faux, parce que depuis Adam, la mort règne. Cependant, l’apôtre Paul a prophétisé :

Le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort (1Corinthiens 15.26).

Alors se trouvera réalisée cette parole de l’Écriture : La victoire totale sur la mort a été remportée. Ô mort, qu’est devenue ta victoire ? Ô mort, où est ton dard ? (1Corinthiens 15.54-55).

Effectivement, vers la fin de l’Apocalypse, après le jugement du grand trône blanc, on lit :

La mort et le séjour des morts furent précipités dans l’étang de feu (Apocalypse 20.14).