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Émission 50 - Genèse 36-37.34

Diffusé le 5 mars 2012 - ::

Chapitre 36

Introduction

Les démocraties se vantent d’être les seuls systèmes politiques qui permettent à un simple citoyen d’accéder aux plus hautes fonctions de l’État. C’est une exagération, car dans la réalité c’est le pouvoir de l’argent qui décide de l’élection du président américain, tandis qu’en France le dessus du gratin provient de certaines grandes écoles et bénéficie aussi du piston nécessaire. Même dans la Rome antique, un esclave pouvait devenir aristocrate. Dans les pays où le monopole du pouvoir était absolu, il n’était pas possible de prendre la place du despote en place, cependant dans l’Égypte ancienne un esclave hébreu est devenu le numéro deux du royaume.

Chapitre 37

Introduction

Dans le chapitre 37 de la Genèse, l’auteur poursuit l’histoire de la lignée d’Abraham, d’Isaac et de Jacob rebaptisé Israël. Il va consacrer tout le reste de la Genèse à la quatrième grande personnalité de ce livre : Joseph, le onzième fils de Jacob et premier-né de Rachel, son épouse préférée. En fait, davantage de chapitres sont consacrés à Joseph qu’à Abraham, Isaac ou Jacob. Il occupe même plus de place que toute l’histoire du monde depuis la création jusqu’à la tour de Babel qui nous est racontée dans les 11 premiers chapitres de la Genèse. L’auteur nous donne autant de détails sur la vie de Joseph parce qu’il établit un parallèle entre ce personnage tout à fait hors du commun et Jésus-Christ.

Versets 1-4

Je commence à lire.

Jacob s’établit au pays de Canaan où son père avait séjourné. Voici l’histoire de la famille de Jacob. Joseph, âgé de 17 ans, gardait les moutons et les chèvres avec ses frères. Il avait passé son enfance avec les fils de Bilha et de Zilpa, femmes de son père. Il rapportait à leur père leurs mauvais propos. Israël aimait Joseph beaucoup plus que tous ses autres fils, car il l’avait eu dans sa vieillesse. Il lui fit une tunique splendide. Ses frères virent que leur père le préférait à eux tous ; alors ils le prirent en haine, et ils ne pouvaient plus lui parler aimablement (Genèse 37.1-4).

Contrairement à son frère Ésaü qui a émigré hors du pays promis, Jacob, à la suite d’Abraham et d’Isaac, s’y installe et y sera enseveli. Cette référence à Canaan ouvre le dernier cycle narratif de l’histoire des patriarches qui concerne Joseph. Le favoritisme de Jacob à son égard est fortement accentué ; il lui a fabriqué un vêtement princier, bigarré, de fine laine ample et à manches longues. Comme tout petit frère qui se respecte, Joseph fait office d’agent de liaison entre son père et ses demi-frères. Il fait aussi bureau de renseignements en rapportant leurs mauvais coups, ce qu’ils disent et ce qu’ils font, s’ils fument un joint, s’ils jurent comme des charretiers et ce genre de gaminerie assez peu édifiant, mais qui fait partie du répertoire ordinaire des petits frères et sœurs.

Joseph est encore naïf, et imbu de sa personne à cause de l’attention toute spéciale que lui porte son père ; il se croit important, trop même, ce qui va lui valoir son long séjour en Égypte. Ce qui est difficile à comprendre et à peine croyable dans cette affaire, c’est l’attitude de Jacob décidément très fruste dans ses rapports avec ses fils. Il n’est pas fin pour un sou et suit ses pulsions naturelles sans trop songer aux conséquences. Sans approuver son favoritisme, on le comprend puisque Joseph est le premier-né de sa femme préférée. Pourtant, Jacob savait par expérience comment les choses tournaient mal dans une famille divisée par des coalitions parent-enfant. Son propre père Isaac préférait son frère Ésaü, tandis que sa mère Rébecca n’avait d’yeux que pour lui.

Faisant fi de la promesse que Dieu lui avait faite, Jacob et sa mère montèrent un complot pour ravir à Ésaü la bénédiction patriarcale. Bien que le coup ait marché, l’opération fut un véritable fiasco puisque Jacob dut s’enfuir devant la furie de son frère qui voulait se venger et dut s’exiler pendant 20 ans. Qu’à cela ne tienne, Jacob se comporte comme son père Isaac ce qui va faire des jaloux.

Versets 5-11

Je continue.

Joseph fit un rêve et le raconta à ses frères, qui ne l’en détestèrent que davantage. Il leur dit, en effet : Écoutez, je vous prie, ce songe que j’ai eu. Nous étions en train de lier des gerbes dans les champs. Soudain, ma gerbe s’est dressée et s’est tenue debout ; les vôtres se sont placées autour d’elle et se sont prosternées devant elle. Ses frères lui dirent : Prétendrais-tu devenir notre roi et nous gouverner ? Et ils le détestèrent de plus belle à cause de ses songes et de ses propos. Il eut encore un autre rêve qu’il raconta également à ses frères : Voici, leur dit-il, j’ai encore fait un rêve. J’ai vu le soleil, la lune et onze étoiles se prosterner devant moi. Il raconta également ce rêve à son père qui le réprimanda et lui dit : Qu’as-tu rêvé là ? T’imagines-tu que moi, ta mère et tes frères, nous allons nous prosterner en terre devant toi ? Ses frères étaient jaloux de lui : mais son père garda ce fait en mémoire (Genèse 37.5-11).

Benjamin étant encore très jeune, Joseph était pour Jacob le souvenir en chair et en os de Rachel et son petit chouchou ; il le choyait, le protégeait, était tout attentionné pour lui. Jacob avait reporté son affection sur le fils aîné de sa douce et tendre Rachel aux grands yeux d’agates, partie trop vite dans l’autre monde. Joseph ne se rendait pas bien compte de la situation dans laquelle il se trouvait vis-à-vis de ses frères et il se sentait en parfaite sécurité grâce à l’amour que lui témoignait son père. Qu’il fasse des rêves, c’est une chose ; mais qu’il aille tout raconter à qui veut ou ne veut pas l’entendre est très maladroit.

Au vu de la jalousie maladive de ses 10 demi-frères, Joseph a jeté de l’huile sur le feu. Il dévoile tout parce qu’à 17 ans, le fils préféré du patriarche riche et béni ne craint personne ; ça lui monte à la tête et lui permet de se mettre en valeur. Bien sûr, ses frères voient la chose d’un très mauvais œil, car ils comprennent parfaitement ce que leur dit Joseph et même s’ils n’en croient pas un mot, ils sont quand même vexés. Ces douze fils sont les fondateurs de la nation d’Israël ; ça commence plutôt mal. Jacob non plus n’apprécie pas ce rêve et adresse des reproches à son garçon ; il n’a pas plus l’intention que ses autres fils ou Léa, la mère adoptive de Joseph, de se courber devant lui. Cependant, tout au long de sa vie, Jacob a lui aussi eu des révélations par le biais de songes, alors il ne sait que penser de ce que lui raconte Joseph et conserve donc cet incident en mémoire.

Versets 12-17

Je continue.

Les frères de Joseph allèrent faire paître les troupeaux de leur père dans la région de Sichem. Israël dit à Joseph : Je veux t’envoyer trouver tes frères qui font paître les troupeaux à Sichem. Joseph répondit : Eh bien, j’y vais. Son père lui dit : Va voir comment se portent tes frères et si tout se passe bien pour les troupeaux. Tu m’en rapporteras des nouvelles. Il l’envoya donc depuis la vallée d’Hébron et Joseph se rendit à Sichem. Un homme l’y rencontra, alors qu’il errait dans la campagne. Il lui demanda : Que cherches-tu ? Je cherche mes frères, lui dit-il, peux-tu me dire où ils font paître leurs troupeaux ? Ils sont partis d’ici, lui répondit l’homme, et je les ai entendu dire : Allons vers Dotân. Joseph partit donc à la recherche de ses frères et les trouva à Dotân (Genèse 37.12-17).

La famille habite Hébron, une localité qui est à environ 40 km au sud de Jérusalem. Les frères sont censés faire paître leurs troupeaux à Sichem, à 80 km au nord du campement familial. Jacob est peut-être inquiet de savoir ses fils à proximité d’une ville où il y a quelques années ils ont massacré tous les habitants ; on le comprend. Il envoie donc Joseph pour s’assurer que tout va bien. Celui-ci, très obéissant, s’y rend, mais a quelque mal à trouver ses frères, car cette région est très accidentée. Il rencontre un brave homme qui le renseigne et finit par les trouver dans une ville qui est encore 20 km plus au nord. Donc finalement, les onze frères sont maintenant à 100 km au nord de Hébron où ils habitent.

Versets 18-22

Je continue.

Les frères l’aperçurent de loin. Avant qu’il ne soit près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir. Voilà le maître-rêveur qui arrive, se dirent-ils les uns aux autres. C’est le moment ! Allez, tuons-le et jetons-le dans une citerne, nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré. On verra bien alors ce qu’il advient de ses rêves ! Lorsqu’il entendit cela, Ruben chercha à sauver Joseph. Il dit : Ne portons pas atteinte à sa vie ! Ne répandez pas le sang ! Jetez-le dans cette citerne qui se trouve dans le désert, mais ne portez pas la main sur lui ! Il avait l’intention de le sauver pour le renvoyer à son père (Genèse 37.18-22).

Le temps passé loin de la maison n’avait pas atténué la haine et la jalousie des frères envers Joseph ; la tension entre eux et lui va atteindre son paroxysme. Ils voulaient bien sûr se venger de cette suffisance arrogante qu’ils discernaient dans les rêves de Joseph, mais aussi de leur père Jacob qui a ouvertement exprimé sa préférence pour lui. Tant qu’ils étaient à proximité de leur père et dans sa zone d’influence, leur respect envers lui protégeait Joseph, mais aussi loin de la maison tout peut arriver et c’est justement ce qui va se passer.

Précédemment, Jacob n’avait vu venir ni le viol de sa fille, ni le massacre qui s’en suivit des habitants de la ville de Sichem par ses fils. Ici encore il ne se doute de rien, n’imaginant pas que ses fils soient capables d’un acte aussi vil. Le moins qu’on puisse dire est que Jacob manque singulièrement de perspicacité ou bien, bourru et têtu, il n’a pas voulu voir les signes avant-coureurs qui présageaient le drame. Ruben, qui s’était fait remarquer en violant la servante de Rachel, apparaît cette fois-ci sous un bon angle. En tant que fils aîné, il se sent responsable de tous ses frères et en particulier du plus jeune et vulnérable. Sans lui, Joseph aurait été perdu ; les autres lui auraient fait la peau sans aucune hésitation tellement ils le haïssaient. L’intention de Ruben était de venir le délivrer plus tard et de le rendre à leur père.

En arrière-plan, dans les coulisses, Dieu veille et s’est arrangé pour que les choses se passent de manière à ce que Joseph ne soit pas assassiné et qu’ainsi il puisse accomplir son plan pour la famille d’Israël porteur de la promesse faite à Abraham, renouvelée à Isaac puis à Jacob. Ces frères jaloux et méchants sont les ancêtres de la nation d’Israël. Tout comme Jacob, ils n’étaient sans doute pas les pires qui soient, mais certainement pas, non plus, meilleurs que les autres peuplades alentour. Il semble qu’à cette époque le cœur de pierre était le dénominateur commun de tous les hommes. Dieu ne choisit pas nécessairement ses serviteurs en fonction de leur grandeur d’âme, mais selon les objectifs qu’il s’est fixés.

Versets 23-28

Je continue.

Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique splendide. Ils se saisirent de lui et le jetèrent au fond de la citerne qui était vide ; il n’y avait pas d’eau dedans. Puis ils s’assirent pour manger. En regardant au loin, ils aperçurent une caravane d’Ismaélites venant de la région de Galaad et dont les chameaux étaient chargés de gomme, de baume et de myrrhe, qu’ils transportaient en Égypte. Alors Juda dit à ses frères : Quel intérêt avons-nous à tuer notre frère et à cacher sa mort ? Vendons-le plutôt aux Ismaélites. Ne portons pas la main sur lui, car c’est notre frère, il est de même sang que nous. Ses frères furent d’accord et, lorsque les marchands madianites passèrent, ils hissèrent Joseph hors de la citerne et le vendirent aux Ismaélites pour vingt pièces d’argent. Ceux-ci l’emmenèrent en Égypte (Genèse 37.23-28).

D’abord, Joseph est jeté dans une citerne qui avait été creusée dans le sol pour recueillir les eaux de pluie. Le fond était plus large que l’ouverture ce qui rendait toute fuite impossible ; Joseph était donc fait comme un rat. Mais comme toujours, Dieu veillait et cette caravane composée de Madianites et d’Ismaélites passe au bon moment. Ces deux petits groupes qui habitaient le pays de Canaan étaient des descendants d’Abraham ; ils vivaient et travaillaient ensemble en se consacrant très tôt au commerce qui à cette époque était déjà très développé entre ce qui est aujourd’hui le Liban et l’Égypte.

Les trois résines odoriférantes mentionnées — la gomme, le baume et la myrrhe — étaient utilisées pour les soins médicaux, la préparation des momies, le culte des fausses divinités et la fabrication de teinture. Cela dit, le trafic d’esclaves était l’une de leurs principales ressources. Cette caravane tombe donc à brûle-pourpoint et Juda qui commence à avoir quelques remords bondit sur l’occasion ; il veut sauver la vie de son jeune frère et réussit à convaincre les autres. Finalement, Joseph est échangé contre des espèces sonnantes : 20 pièces d’argent étaient à cette époque le prix du marché pour un mâle âgé de 5 à 20 ans, et le resteront pendant plusieurs siècles.

Des inscriptions archéologiques confirment que les Égyptiens étaient friands d’esclaves en provenance du pays de Canaan. Donc, tout le monde est content ; les fils de Jacob sont sûrs qu’ils n’entendront plus jamais parler de ce jeune frère rêveur et prétentieux. Esclave en Égypte était une existence de mort-vivant. Cette histoire en rappelle une autre ; elle préfigure le complot des autorités religieuses juives contre le Christ. Mais lui, contrairement à Joseph, fut mis à mort après avoir été trahi par Judas l’un de ses disciples, pour la misérable somme de 30 pièces d’argent.

Versets 29-33

Je continue.

Quand Ruben retourna à la citerne, il n’y trouva plus Joseph. Alors il déchira ses vêtements en signe de désespoir. Il alla trouver ses frères et leur dit : Le garçon n’y est plus ! Que vais-je faire maintenant ? Alors ils égorgèrent un bouc, prirent la tunique de Joseph et la trempèrent dans le sang du bouc. Ils envoyèrent la tunique splendide à leur père en disant : Voici ce que nous avons trouvé. Reconnais-tu ou non la tunique de ton fils ? Jacob la reconnut et s’écria : La tunique de mon fils ! Une bête féroce l’a dévoré ! Joseph a été mis en pièces ! (Genèse 37.29-33).

Ruben n’était pas présent quand Joseph fut vendu ; mais maintenant, c’est trop tard et il est obligé de marcher dans la combine des autres. Ils fabriquent donc une histoire pour tromper Jacob avec le sang d’un bouc. Cette ruse rappelle celle qu’avait utilisée Jacob pour berner son père Isaac sur sa véritable identité ; il avait alors usé d’un subterfuge semblable, se recouvrant les bras et le cou d’une peau de chèvre pour se faire passer pour son frère Ésaü poilu afin d’obtenir la bénédiction patriarcale. Jacob a dupé son père au moyen d’une peau d’un animal et il est lui-même trompé par le sang d’une bête. Cet épisode illustre un principe des Textes Sacrés que j’ai déjà énoncé et qui dit :

Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi (Galates 6.7).

La plupart des gens croient pouvoir échapper à leurs mauvaises actions parce que souvent un long intervalle sépare les semailles de la moisson. Néanmoins, ce principe demeure ; il est exprimé d’une autre manière dans un des livres de l’Ancien Testament ; je le lis.

Celui qui creuse une fosse y tombera, et celui qui renverse une muraille sera mordu par un serpent. Celui qui remue des pierres en sera blessé (Ecclésiaste 10.8-9).

Verset 34

Je continue le texte.

Alors Jacob déchira ses vêtements et mit un tissu de sac sur ses reins. Il porta longtemps le deuil de son fils (Genèse 37.34).

Comme Ruben précédemment, Jacob déchire ses vêtements ; cette action signifiait la consternation, la calamité ou le deuil. En réalité, on défaisait la couture au-dessus de l’épaule sur une courte longueur afin de pouvoir la raccommoder parce qu’à cette époque les habits étaient précieux. Jadis, chez nous, les gens endeuillés s’habillaient tout en noir puis, plus tard, portèrent seulement un bandeau noir autour du bras.

Ça ne se fait plus guère, car tout ce qui rappelle que nous ne sommes que poussière, a été banni parce que ça fait désordre dans une culture où comme je l’ai déjà dit, les valeurs prônées sont la beauté, la jeunesse et le plaisir. Si on ne voit pas la mort, elle n’existe pas. En pratiquant cette politique de l’autruche, nous vivons un gros mensonge, car dans les ténèbres, la dame à la faux a les regards sur moi et je sais qu’un jour j’aurais sa visite.