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Émission 359 - Actes 26:9 - 27:3

By Chemins de VIE
Créé 15/05/2008 - 05:00

Chapitre 26

Versets 9-12

Je suis frappé par le fait que le temps continue inexorablement sa course ; il ne m'attend pas. Si sur une gare j'hésite et ne monte pas dans le train sur le point de partir, dès que le coup de sifflet sera donné, les dés sont jetés à tout jamais. Je ne prendrais jamais ce train à cette heure-ci et ce jour-là. L'apôtre Paul ne manquait jamais les occasions d'annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. En n'importe quelle circonstance, il n'hésitait pas, et jamais il n’est arrivé trop tard. Il avait le sens de sa destinée. Dans le chapitre 26 du livre des Actes, une nouvelle opportunité se présente à lui pour donner son témoignage, et il ne la rate pas.

Versets 13-18

Je continue à lire .

J'étais en chemin et il était environ midi. C'est alors, ô roi, que j'ai vu, venant du ciel, une lumière plus éclatante que celle du soleil. Elle m'enveloppait de son éclat ainsi que mes compagnons de voyage. Nous sommes tous tombés à terre, et j'entendis une voix qui me disait en araméen : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Tu te blesses toi-même en te rebiffant contre l'aiguillon. » Je demandai : « Qui es-tu, Seigneur ? » Et le Seigneur dit : « Je suis Jésus, que tu persécutes. Mais lève-toi, tiens-toi debout. Car je te suis apparu pour que tu sois mon serviteur, pour témoigner aux hommes que tu m'as vu et leur dire ce que je te ferai encore voir par la suite. Je t'ai choisi du milieu du peuple juif et des païens, vers lesquels je t'envoie. Tu devras leur ouvrir les yeux et les faire passer des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan à Dieu pour qu'en croyant en moi, ils reçoivent le pardon de leurs péchés et une part d'héritage avec ceux qui appartiennent à Dieu » (Actes 26.13-18).

C'est la troisième fois dans le livre des Actes qu'est racontée la conversion de Paul. Sa vie en fut totalement chamboulée. Auparavant, il avait mis sa confiance en la religion juive, mais après avoir rencontré le Seigneur face à face, il abandonna tout ce judaïsme bigot dans lequel il s'était enfermé. Ce récit fait ressortir quelques traits saillants de ce qui lui est arrivé. Il dit d'abord qu'il fut très impressionné par la lumière plus éclatante que le soleil qui l'enveloppa. Ensuite, il précise que le Seigneur s'adressa à lui en araméen, un dialecte hébreu qui était la langue du peuple dans laquelle Jésus et ses disciples conversaient. Il affirme aussi que c'est le Seigneur lui-même qui l'a chargé de la mission d'annoncer la lumière du Christ aux païens.

C'est en croyant en lui qu'ils sortiront des ténèbres et passeront du pouvoir de Satan à Dieu. D'autre part, et toujours par la foi en lui, ils recevront le salut sous ses deux aspects : c'est-à-dire le pardon des péchés et la vie éternelle. Par ailleurs, dans ses écrits, l'apôtre affirme, d'une part, qu'il était nécessaire qu'il ait vu le Christ, car il devait être témoin de sa résurrection et d'autre part qu'il avait été choisi pour cette mission envers les non-Juifs avant même sa conversion, parce qu'il était honnête, profondément consciencieux, et qu'il avait les qualifications nécessaires pour répondre à l'appel que Dieu lui avait fait d'être son représentant auprès des païens.

Versets 19-23

Je continue le texte.

Ainsi, ô roi Agrippa, je n'ai pas désobéi à cette vision venue du ciel. Mais je me suis adressé d'abord aux habitants de Damas et à ceux de Jérusalem, puis à ceux de toute la Judée, et enfin aux païens, et je leur ai annoncé qu'ils devaient changer, se convertir à Dieu et traduire ce changement par des actes. Et c'est pour cette raison que les Juifs se sont emparés de moi dans la cour du Temple et qu'ils ont essayé de me tuer. Mais j'ai été protégé par Dieu jusqu'à ce jour et je suis donc encore là pour apporter mon témoignage aux gens d'humble condition comme aux personnages importants. Et ce que je déclare, ce n'est rien d'autre que les événements dont les prophètes et Moïse ont annoncé l'accomplissement : c'est-à-dire que le Christ souffrirait, et qu'il serait le premier à ressusciter des morts pour annoncer la lumière du salut, non seulement au peuple juif, mais aussi aux païens (Actes 26.19-23).

Paul donne tout d'abord un aperçu général de son ministère. Il prêcha en premier lieu aux Juifs puis aux païens. Ensuite, il fait une déclaration qui donne l'essentiel du contenu de sa prédication et l'ordre de mission qu'il a reçu et rempli avec l'aide de Dieu. Il affirme aussi que son message est l'accomplissement des prophéties de l'Ancien Testament. Celles-ci se sont réalisées grâce à la mort et la résurrection du Christ, et par cette nouvelle façon de vivre qu'on appelle La Voie.

Versets 24-29

Je continue le texte.

Paul en était là dans sa défense, quand Festus s'écria : — Tu es fou, Paul ! Ton grand savoir te fait perdre la tête ! — Non, Excellence, répondit Paul, je ne suis pas fou. Tout ce que je dis est vrai et sensé. D'ailleurs, le roi Agrippa est au courant de ces faits, et c'est pour cela que je peux lui en parler avec assurance. Aucun de ces événements ne lui échappe, j'en suis sûr, car ce n'est pas en secret qu'ils se sont produits. Crois-tu aux prophètes, roi Agrippa ? Oui, je le sais, tu y crois. Alors Agrippa dit à Paul : — Encore un peu et tu vas me persuader que tu as fait de moi un chrétien ! — Qu'il s'en faille de peu ou de beaucoup, reprit Paul, je prie Dieu que non seulement toi, mais encore tous ceux qui m'écoutent en cet instant, vous deveniez comme je suis moi-même, à l'exception de ces chaînes ! (Actes 26.24-29).

C'est ainsi que se termine le discours de l'apôtre Paul. L'ancien pharisien orgueilleux qui enchaînait les chrétiens est lui-même dans les fers. Ce n'est pas que cela le trouble vraiment, mais il ne souhaite à personne son état de prisonnier. Les paroles de Paul étaient si sincères et sa conviction si forte que le gouverneur Festus en est renversé. Il en perd même son latin croyant que son prisonnier délire. Son attitude s'explique par le fait que sa perspective du monde était celle de la philosophie grecque qui n'admet pas la possibilité de la résurrection. Mais Paul ne se laisse pas décontenancer et s'adresse à nouveau à Agrippa qui lui suit très bien le raisonnement de l'apôtre, car il connaissait non seulement le judaïsme, mais aussi les faits spécifiques à la Voi e, comme la mort et la résurrection du Christ.

L'appel de Paul au roi le trouble profondément, car il se trouve acculé au pied du mur. Puisqu'il dit accepter les paroles des prophètes, il est forcé d'admettre que Jésus-Christ avait accompli leurs prédictions. Il était presque convaincu et presque chrétien, mais «  presque  » a exactement les mêmes conséquences éternelles que «  pas du tout  ». Ou bien quelqu'un est né de nouveau, ou il ne l'est pas ; ou je fais entièrement confiance à Jésus-Christ, ou je ne crois pas en lui. C'est l'un ou l'autre, il n'y a pas de juste milieu. Parce que Jésus-Christ est vraiment ressuscité d'entre les morts, il siégera sur le Grand Trône blanc lors du Jugement dernier. Ce passage se trouve dans le livre de l'Apocalypse que je cite :

Ensuite je vis un grand trône blanc et celui qui y était assis. Le ciel et la terre s'enfuirent loin de sa présence. Ils disparurent sans laisser de trace. Je vis les morts, les grands et les petits, comparaissant devant le trône. Des livres furent ouverts. On ouvrit aussi un autre livre : le livre de vie. Les morts furent jugés (Apocalypse 20.11-12).

Il y a aussi un autre prisonnier que l'apôtre Paul, je veux parler de vous et de moi. Si je me suis prosterné devant lui et que je l'ai accepté comme Sauveur et Seigneur, mes fautes ont été effacées, sinon, j'aurais à lui rendre des comptes.

Versets 30-32

Je finis ce chapitre.

Là-dessus, le roi se leva, et le gouverneur, Bérénice, ainsi que tous ceux qui avaient siégé avec eux l'imitèrent. En se retirant, ils se disaient les uns aux autres : — Cet homme n'a rien fait qui mérite la mort ou la prison. Et Agrippa dit à Festus : — Il aurait pu être relâché s'il n'avait pas fait appel à l'empereur (Actes 26.30-32).

Claudius Lysias, l'officier romain de Jérusalem et le gouverneur Festus avaient déjà affirmé que Paul n'était coupable de rien. Maintenant, c'est au tour du roi Agrippa, un homme puissant, car bien vu à la cour impériale, de confirmer. Son innocence était parfaitement établie, mais suite à son appel à César, ce cas appartenait à la haute cour impériale. Festus n'avait plus le pouvoir ni d'innocenter ni de condamner. La volonté de Dieu était que Paul aille à Rome. Il y avait du travail pour lui dans la capitale de l'Empire. Un peu plus de deux ans s'étaient écoulés depuis que l'apôtre avait mis les pieds dans le guêpier de Jérusalem. Il y était venu pour célébrer la fête de la Pentecôte et pour remettre personnellement à l'Église l'offrande destinée aux pauvres.

Malgré sa bonne volonté de réaffirmer son attachement à la Loi, il est accusé à tort d'avoir profané le temple et il échappe de justesse à un assassinat grâce à l'intervention musclée des soldats romains. Ensuite, il s'est retrouvé en prison et enchaîné. Mais grâce à tout ça, il a eu l'occasion de s'adresser à différents auditoires, réaffirmant sa fidélité à la foi de ses ancêtres et expliquant sa mission auprès des païens. Il s'est d'abord exprimé devant la foule déchaînée qui s'est calmée quelques instants pour l'écouter, puis devant le Grand-Conseil juif qui ne voulut rien entendre. Il parvient cependant à convaincre les Romains qu'il n'est pas une menace pour l'Empire, et que les accusations qui sont portées contre lui sont d'ordre théologique et centrées sur l'espérance de la résurrection. Emmené à Césarée, il échappe de justesse à un complot. Là, il se défend devant le gouverneur Félix qui disparaît dans les tractations politiques de l'Empire.

Paul se défend ensuite devant Festus, le nouvel homme fort de la Judée. Mais comme celui-ci veut le lâcher aux Juifs, il fait usage de son droit de citoyen romain et fait appel à César. Gêné par ce choix, Festus demande conseil à Agrippa qui forme avec sa sœur un couple des plus pittoresques. Devant ce roi et tous les notables de la Palestine, Paul délivre alors son sermon le plus brillant, enjoignant ses auditeurs de placer leur foi et leur espérance en Jésus-Christ. À présent, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ va faire son chemin jusqu'à Rome.

Chapitre 27

Introduction

Et c'est ainsi que nous arrivons au chapitre 27 du livre des Actes qui raconte comment Paul s'est rendu dans la capitale de l'Empire. Ce fut un périple plutôt mouvementé puisqu'il subit une terrible tempête suivie d'un naufrage. Ce récit est à peu près l'équivalent moderne d'une poursuite automobile dans un film à grand spectacle. Cette traversée en long de la Méditerranée est en fait le 4e voyage missionnaire de l'apôtre.

En effet, bien que dans les chaînes, Paul se montra tout aussi actif et libre de propager la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Il témoigna de la personne et de l'œuvre du Christ avec autant de zèle et de fidélité que lors de ses précédentes campagnes. Plus tard, alors qu'il est en prison, il écrira une lettre à l'Église de Philippes, en Macédoine dans laquelle il dira :

Je veux que vous sachiez, frères, que ce qui m'est arrivé a plutôt contribué aux progrès de l'Évangile (Philippiens 1.12).

Comme je l'ai déjà dit, ce périple sera différent des autres, puisque l'apôtre va le faire aux frais de la princesse, étant donné qu'il est un prisonnier de droit commun de l'Empire. Le récit détaillé de cette traversée, rédigé sous forme de journal de bord, est le point culminant de l'ensemble des écrits de Luc, l'Évangile plus le livre des Actes. L'auteur utilise beaucoup de termes techniques qui sont particuliers à la navigation.

C'est d'ailleurs la description la plus exacte et la plus précise que nous possédions d'une traversée en bateau datant du monde antique. Ce récit épique rappelle l'histoire de Jonas et la baleine. En effet, comme Paul, le prophète survécut à une tempête grâce à une intervention miraculeuse puis prêcha la repentance dans une grande capitale païenne. Embarquons donc pour suivre de près le voyage de l'apôtre Paul le plus passionnant qui nous est rapporté.

Verset 1

Je commence à lire.

Quand il fut décidé que nous partirions en bateau pour l'Italie, on confia Paul et quelques autres prisonniers à la garde d'un officier du bataillon impérial, nommé Julius (Actes 27.1).

Luc avait quitté Paul au moment où la petite troupe atteignit Jérusalem, et pendant les deux années de l'emprisonnement de l'apôtre, il ne nous donna aucun signe de vie. Mais maintenant le revoilà puisqu’à partir d'ici, le récit se fait à la première personne du pluriel. Paul fut embarqué ainsi que d'autres prisonniers qui eux allaient à Rome pour finir dans les jeux du cirque au Colisée, soit comme gladiateurs, soit en pâture aux bêtes sauvages ; une charmante perspective. Les condamnés à mort de toutes les parties de l'Empire étaient ainsi acheminés à Rome pour distraire les citoyens.

La surveillance des prisonniers avait été confiée à l'officier supérieur Julius qui était à la tête d'un bataillon impérial, c'est-à-dire constitué de troupes d'élite. D'après l'historien juif Josèphe, il était habituellement stationné à Césarée. Ce détail est important parce qu'il signifie que cet officier était présent dans la salle du trône lorsque Paul exposa sa situation devant le roi Agrippa, raconta son cheminement spirituel, et annonça la résurrection de Jésus-Christ. Il a tout entendu et comme nous le verrons il s'est pris d'amitié pour Paul. Tout ce que nous apprendrons sur Julius est positif. Il est remarquable que Paul ait toujours imposé le respect des officiels romains avec lesquels il a été en contact. Il en fut ainsi de Sergius Paulus à Jérusalem, Gallion, le haut magistrat de la ville de Corinthe, les gouverneurs Félix et Festus, et maintenant Julius.

Paul a marqué son temps de plus d'une manière ; prisonnier ou pas, au fur et à mesure que le voyage progressera, son avis comptera davantage en ce qui concerne les décisions à prendre. La vie que menait Paul était extraordinaire. En général, il vivait sans confusion, sans incertitude et sans frustration. Il était un homme serein en communion quasi permanente avec Dieu.

Verset 2

Je continue.

Nous nous sommes embarqués sur un navire d'Adramytte, qui devait se rendre dans les ports d'Asie Mineure, et nous sommes partis. Nous avions avec nous Aristarque de Thessalonique en Macédoine (Actes 27.2).

Adramytte était le port d'attache de ce bateau. Ça se trouve au nord-ouest de la Turquie sur la côte de la mer Égée. Il effectuait son dernier voyage avant la saison hivernale pendant laquelle il resterait ancré à cause du danger de la mer. À cette époque, il n'y avait pas de lignes régulières et directes d'une ville à une autre. Pour faire un voyage de la Judée jusqu'à Rome, il fallait emprunter plusieurs navires. Paul en a pris trois. Aristarque de Thessalonique et Luc sont les seuls compagnons chrétiens qui accompagnèrent Paul pendant ce voyage.

Verset 3

Je continue.

Le lendemain, nous avons fait escale à Sidon. Julius, qui témoignait une grande bienveillance à Paul, lui a permis alors de se rendre chez ses amis pour recevoir leur aide (Actes 27.3).

Tout le livre des Actes est truffé de noms de personnages et de lieux qu'on retrouve, pour la plupart, dans des documents historiques. C'est un peu pénible parce que je n'y suis jamais allé moi à ces endroits ; et ces gens, je ne les connais pas. Luc, l'auteur de ce livre, était un homme avisé, soucieux du détail à n'en plus finir, et précis dans ses descriptions. Mais pourquoi nous embarrasser en cherchant la petite bête ? Parce que si tout ce qu'il disait d'objectif pouvait être vérifié, alors il y a de fortes chances que la trame de l'histoire soit tout aussi exacte, y compris les événements extraordinaires et miraculeux qu'il nous relate. Car la foi n'est pas une élucubration d'esprit, elle est ancrée dans le réel, l'ici et maintenant, dans l'histoire et la géographie, dans les dates et des noms qui en eux-mêmes, tout seuls ne présentent effectivement que peu d'intérêt.

Donc, Paul et son équipe quittèrent Césarée et abordèrent à Sidon, 100 km plus au nord ; aujourd'hui, c'est Sayda sur la côte libanaise. Il se trouve que l'apôtre y avait des amis. Décidément, il s'en était fait dans tout l'Empire. De plus, l'officier devait avoir une pleine confiance en lui pour le laisser aller en ville à son gré, car s'il s'était échappé, pour Julius, c'était couic ! Il y laissait sa tête. Paul était certes la victime d'une injustice flagrante, mais au regard de Rome, il n'était qu'un prisonnier de droit commun qui risquait fort la peine capitale. Et pourtant, les événements n'avaient aucune prise sur l'apôtre ; au contraire, c'est lui qui contrôlait tout. Décidément, même aujourd'hui au 21e siècle, dans notre société occidentale où tant de monde s'affiche comme victime, Paul demeure encore un exemple de ce qu'est vivre pleinement.


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