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Émission 471 - 2 Chroniques 1.1-2.4

Diffusé le 20 octobre 2008 - ::

Introduction

Introduction

De nos jours, il suffit de porter une blouse blanche pour inspirer confiance. Au cours du 20e siècle, les habitants des pays industrialisés ont de plus en plus été impressionnés par les nouvelles découvertes et leurs applications technologiques. Ce respect est dû au fait que nous croyons que les scientifiques sont des gens extrêmement rationnels, cartésiens dirais-je, et qu'ils conduisent leurs recherches selon des critères d'objectivité absolus. C'est ce qui leur permet d'arriver à des conclusions non biaisées et dignes de foi.

Dans la réalité, les choses ne sont pas aussi nettes, car il a été prouvé que les hypothèses de départ déterminent déjà en partie ce qu'on va obtenir comme résultat parce qu'il est tout simplement impossible à l'homme d'être totalement objectif. C'est aussi ce qui explique que les biographies d'un même homme composées par plusieurs écrivains peuvent ne pas tellement se ressembler.

C'est la même chose dans l'Ancien Testament où l'histoire de la royauté en Israël est répétée selon deux visions différentes des choses, chaque auteur adoptant une perspective qui est fonction du message qu'il désire faire passer à ses contemporains. C'est ainsi que les livres des Rois racontent l'histoire d'Israël selon le point de vue humain. L'auteur explique que la chute et la destruction de Samarie, capitale d'Israël Nord, et de Jérusalem, celle du royaume de Juda, sont les preuves du juste jugement de Dieu sur son peuple qui a rompu l'alliance conclue avec leurs ancêtres.

Les livres des Chroniques, par contre, regardent les mêmes événements à partir du ciel, selon une perspective divine. La réalité sur terre est bien la même : la nation a été emmenée en captivité et un nombre très réduit de rapatriés rentre au pays pour le reconstruire. Face à ce scénario déprimant, le chroniqueur veut montrer que dans sa grâce l'Éternel n'a pas abandonné son peuple, et qu'il accomplira éventuellement toutes ses promesses. C'est ce qui explique aussi pourquoi il commence son premier livre avec une longue généalogie qui va d'Adam jusqu'à David, la lignée qui conduira au Messie. En effet, le Nouveau Testament commence par ces paroles : Généalogie de Jésus-Christ, Fils de David.

Dans le premier livre des Chroniques, le roi David a rassemblé tout ce qui était nécessaire à la construction du Temple. Il a même prévu son fonctionnement avec les hommes nécessaires à qui il a assigné leurs tâches respectives. Tout est fin prêt pour ce grand chantier. En mettant l'emphase sur David et sa descendance, la prêtrise et le Temple, le chroniqueur voulait encourager les Juifs revenus d'exil. Il leur communique que malgré le châtiment divin, Israël a encore un futur glorieux. En décrivant la prêtrise comme une fonction royale, le chroniqueur prépare ses lecteurs à la venue du Messie, préfiguré par David et qui sera issu de sa lignée. En effet, Jésus-Christ est d’ores et déjà notre grand-prêtre, et il deviendra aussi le roi de toute la terre lorsqu'il reviendra pour établir le millénium.

Dans le second livre des Chroniques, l'auteur décrit le règne de Salomon dans toute sa gloire avec la construction du Temple comme pierre d'angle de son règne. Mais à cause de ses nombreuses femmes d'origine étrangère, ce grand roi va sombrer dans l'idolâtrie, ce qui va entraîner le jugement de Dieu, la scission du royaume.

Les livres des Rois racontent l'histoire des deux monarchies telle qu'elle s'est passée, sans arrondir les angles. Le royaume du Nord, appelé Israël, fut dirigé par des souverains qui furent tous infidèles à l'alliance avec l'Éternel. Le syncrétisme religieux y connut son apogée, ce qui entraîna le jugement divin et la destruction d'Israël par les Assyriens en 722 av. J-C. Le royaume du Sud, appelé Juda, du nom de la tribu dominante, fut également dirigé par de mauvais rois, mais aussi par 5 qui sont qualifiés de bons.

Le chroniqueur, lui, ignore complètement le royaume du Nord et s'intéresse uniquement à Juda, celui du Sud, car les rois qui comptent aux yeux de Dieu sont ceux issus de la dynastie de David, parce que c'est de sa descendance que naîtra le Christ. Sous l'autorité des rois fidèles à l'Éternel, Juda a connu plusieurs réveils spirituels. Le chroniqueur s'y attarde, parce que toujours selon la perspective divine, les retours du peuple aux termes de l'alliance sont les événements les plus importants qui ont marqué les règnes des rois fidèles de Juda.

Malheureusement, l'idolâtrie du royaume du Sud finira par déclencher le jugement de l'Éternel sur la nation qui sera envahie par les Babyloniens et emmenée en captivité en 586 av. J-C. Le chroniqueur ne dit pas un mot de cet exil. Par contre, il termine son livre en mentionnant le décret du roi perse Cyrus qui autorise les Juifs à retourner dans leur pays.

Chapitre 1

Verset 1

Je commence maintenant à lire le second livre des Chroniques.

Salomon, fils de David, affermit son autorité sur son royaume, et l'Éternel, son Dieu, était avec lui et il lui donna un très grand prestige (2Chroniques 1.1).

L'expression «  Salomon affermit son autorité  » apparaît plusieurs fois dans les livres des Chroniques. C'est un euphémisme, une façon de dire que le nouveau roi s'est débarrassé de tous ceux qui entravaient sa route. Les Chroniques évitent de raconter des événements qui font désordre, comme ici qui suggère que certains en Israël étaient opposés au nouveau souverain. Les détails sordides de Salomon exécutant ses adversaires avaient déjà été décrits dans les livres des Rois et étaient connus des Israélites. Alors, pourquoi les répéter ? Ça ne ferait que remuer le couteau dans la plaie.

Quoi qu'il en soit, Salomon est maintenant bien installé au pouvoir et jouit d'une grande autorité parce qu'il avait été expressément désigné par l'Éternel pour remplacer David. En effet, il y a tout à parier que celui-ci aurait préféré que ce soit son fils Absalom qui lui succède parce qu'il lui ressemblait, mais tel n'a pas été le choix de Dieu.

Versets 2-3

Je continue le texte.

Le roi convoqua tout Israël : les chefs de « milliers » et de « centaines », les juges, et les notables de tout Israël, les chefs de groupe familial. Salomon se rendit avec toute l'assemblée au haut-lieu de Gabaon, car c'est là que se trouvait la tente de la Rencontre de Dieu que Moïse, le serviteur de l'Éternel, avait fabriquée dans le désert (2Chroniques 1.2-3).

Le chroniqueur décrit Salomon comme un nouveau David en montrant qu'il a le même comportement cultuel que son père. C'est à Gabaon, à 10 km au nord-ouest de Jérusalem que se trouvait le Tabernacle, le Temple portable et démontable que les Hébreux avaient fabriqué pour la traversée du désert. Il était utilisé par Moïse et le grand-prêtre Aaron pour s'approcher de Dieu et le consulter.

Versets 4-6

Je continue en compressant.

Mais le coffre de Dieu avait été transporté par David ; il avait, en effet, dressé pour lui une tente à Jérusalem. Devant le tabernacle se trouvait l'autel de bronze que Salomon et l'assemblée recherchaient. Le roi se rendit à l'autel de bronze devant l'Éternel, à la tente de la Rencontre, et il y offrit mille holocaustes (2Chroniques 1.4-6).

L'autel des holocaustes était fabriqué en bronze, d'où son nom. C'est là que les animaux étaient immolés, leur sang répandu à terre, puis ils étaient dépecés selon un rite complexe décrit ailleurs. Ces sacrifices permettaient aux Israélites de communier avec l'Éternel, car selon les Écritures, nul homme ne peut s'approcher de Dieu sans que du sang innocent soit d'abord versé pour ses fautes. Cet autel de bronze préfigurait la croix sur laquelle le Christ s'offrit en sacrifice pour les péchés du monde. C'est par son intermédiaire et par lui seul que je peux rencontrer Dieu. Les Évangiles nous rapportent que Jésus a dit :

Nul ne vient au Père que par moi (Jean 14.6).

Versets 7-10

Je continue le texte.

Cette nuit-là, Dieu apparut à Salomon et lui dit : — Demande ce que tu désires que je t'accorde. Salomon répondit à Dieu : — Tu as témoigné une grande bienveillance à mon père David et tu m'as fait régner à sa place. Maintenant, Éternel Dieu, veuille tenir la promesse que tu as faite à mon père David puisque tu m'as fait régner sur un peuple nombreux comme les grains de poussière de la terre. Accorde-moi donc maintenant la sagesse et la connaissance nécessaires pour que je sache comment me conduire à la tête de ce peuple. Car, qui pourrait gouverner ton peuple qui est si grand ? (2Chroniques 1.7-10).

L'Éternel fit plusieurs promesses à Abraham. Je lis le premier volet :

Je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les grains de poussière de la terre ; si l'on peut compter les grains de poussière de la terre, alors on pourra aussi compter ta descendance (Genèse 13.16).

Cette promesse, vieille de plus de 1 000 ans, est maintenant accomplie au début du règne de Salomon, du moins en ce qui concerne la descendance physique d'Abraham. Comme je l'ai déjà amplement fait remarquer, dans les Textes Sacrés, les paroles de nature prophétique ont très souvent un double accomplissement.

Selon l'enseignement de l'apôtre Paul dans le Nouveau Testament, les véritables fils d'Abraham sont ceux qui ont la même foi que lui, ceux qui sont circoncis de cœur et non de la chair. Dans ce sens, le nombre des croyants qui ont placé leur confiance en l'Éternel au cours des siècles ne peut être compté. Salomon, quant à lui, fait preuve d'une grande intelligence en demandant la sagesse à Dieu. Il a certainement été guidé par l'exhortation que lui avait faite son père David avant de mourir. Je la rappelle :

Maintenant, mon fils, que l'Éternel soit avec toi, afin que tu réussisses à bâtir le Temple de l'Éternel, ton Dieu, comme il l'a dit à ton sujet. Oh ! que l'Éternel t'accorde de la sagesse et de l'intelligence pour obéir à la Loi de l'Éternel ton Dieu lorsqu'il t'établira sur Israël ! Oui, tu réussiras, si tu veilles à obéir aux ordonnances et aux lois que l'Éternel a prescrites à Moïse pour Israël (1Chroniques 22.11-13).

Maintenant, Salomon dit à Dieu : Ce dont j'ai besoin c'est la sagesse et la connaissance.

Versets 11-12

Je continue le texte.

Alors Dieu dit à Salomon : — Puisque c'est là le désir de ton cœur, et que tu ne demandes ni richesses, ni trésors, ni gloire, ni la mort de tes ennemis, que tu ne demandes même pas une longue vie, mais que tu demandes la sagesse et la connaissance nécessaires pour gouverner mon peuple sur lequel je t'ai fait régner, eh bien, je t'accorde la sagesse et la connaissance, et, de surcroît, des richesses, des trésors et la gloire comme n'en a jamais eus aucun roi avant toi et comme n'en aura aucun après toi (2Chroniques 1.11-12).

C'est ce texte qui explique d'où Salomon tenait sa sagesse proverbiale ainsi que la splendeur de son règne. Ce que le jeune roi n'a pas demandé, c'est qu'il conserve un cœur pur et demeure fidèle à l'Éternel. Il aura certes la sagesse de gouverner et de rendre la justice, mais il va aussi violer l'alliance. D'une part, il rendra un culte à des faux dieux que ses femmes étrangères adoraient, et d'autre part, il amassera toujours plus de richesses et de chevaux venus d'Égypte.

Versets 13-17

Je finis ce chapitre en compressant.

Après cela, Salomon quitta le haut-lieu de Gabaon où il était allé devant la tente de la Rencontre, et il revint à Jérusalem. Il régna alors sur Israël. Salomon se procura des chars et des hommes d'équipage pour ses chars : 1 400 chars et 12 000 hommes d'équipage. Il les cantonna dans les villes de garnison ainsi qu'auprès de lui à Jérusalem. Le roi rendit l'argent et l'or aussi communs que les pierres à Jérusalem. Les chevaux de Salomon étaient importés d'Égypte par convois ; une caravane de marchands du roi allait les chercher par convois, contre leur prix. Chaque char qu'ils importaient d'Égypte coûtait 600 pièces d'argent et chaque cheval 150 pièces. Ces marchands en importaient dans les mêmes conditions pour tous les rois des Hittites et pour les rois de Syrie (2Chroniques 1.13-17).

Contrairement au premier livre des Rois, le chroniqueur ne fait pas la démonstration de la sagesse de Salomon dans l'organisation politique de son royaume, sa façon de rendre la justice, ou dans ses recherches intellectuelles, car somme toute, ce sont là des activités humaines. C'est par la construction du Temple que le jeune roi va révéler sa sagesse et son intelligence. L'auteur met également en avant la richesse, la splendeur et la gloire du règne de Salomon parce qu'ils sont la réalisation de la promesse que l'Éternel lui a faite. Fidèle à lui-même, il ne décrit que les activités du roi qui ont un rapport avec Dieu, soit en bien comme l'accomplissement des paroles divines, soit en mal comme les désobéissances à la Loi.

L'Éternel a rendu Salomon riche, mais il en voulait toujours plus. Alors, il a utilisé sa puissance et sa position géopolitique pour faire un fric monstre grâce à un commerce des plus juteux. Tôt dans son règne, le roi a désobéi à un texte de la Loi de Moïse que je cite :

Vous établirez alors sur vous le roi que l'Éternel votre Dieu aura choisi. Ce roi ne devra pas avoir une importante cavalerie, et il ne renverra pas le peuple en Égypte pour s'y procurer des chevaux en grand nombre. Car l'Éternel vous a dit : « Vous ne retournerez plus par ce chemin-là. » Qu'il ne prenne pas un grand nombre de femmes, pour qu'il ne se corrompe pas. Qu'il n'amasse pas non plus de grandes quantités d'argent et d'or (Deutéronome 17.16-17).

Ce texte est remarquable, on le croirait avoir été écrit spécifiquement pour Salomon qui commence par multiplier le nombre de ses chevaux et accumuler une immense fortune, tout comme les despotes de notre époque. Plus tard, il va collectionner les femmes, 1 000 en tout, comme on le ferait des timbres. Cependant et jusqu'ici, le chroniqueur s'est avant tout attaché à décrire Salomon comme un roi pieux, fidèle à l'Éternel et jouissant de sa bénédiction, tout comme David son père.

Chapitre 2

Verset 1

Nous voici arrivés au deuxième chapitre qui commence le long récit de la construction du Temple. Mais à la différence du livre des Rois, le chroniqueur ne décrit pas le palais luxueux que Salomon s'est fait ériger. Je commence à lire.

Salomon décida de bâtir un Temple en l'honneur de l'Éternel et un palais royal pour lui-même. Salomon enrôla 70 000 hommes pour le transport des matériaux, 80 000 hommes pour extraire et tailler les pierres dans la montagne et 3 600 contremaîtres pour surveiller les travaux (2Chroniques 2.1).

Au vu du nombre d'ouvriers, ce chantier est comme une énorme fourmilière. Cependant, dans l'histoire de l'humanité, il y a eu des projets beaucoup plus grands, comme le programme de construction du pharaon qui a mis les Hébreux en esclavage, ou encore la muraille de Chine de 5 000 km de long.

Versets 2-3

Je continue.

Salomon envoya des messagers à Houram, le roi de Tyr, pour lui dire : — Veuille faire pour moi ce que tu as fait pour mon père David, à qui tu as fourni des cèdres pour qu'il puisse se construire un palais afin d'y habiter. À présent, je vais bâtir un Temple en l'honneur de l'Éternel, mon Dieu, et qui lui sera consacré. Nous y brûlerons devant lui des parfums aromatiques, nous y disposerons en permanence les rangées de pain qui doivent être exposés devant lui, et nous lui offrirons des holocaustes matin et soir. Nous y célébrerons les jours de repos, les nouvelles lunes et les fêtes cultuelles de l'Éternel notre Dieu. Ceci sera accompli à perpétuité en Israël (2Chroniques 2.2-3).

Quelles magnifiques résolutions de la part de Salomon qui veut obéir à la Loi de Moïse à la lettre. On se croirait au jour de l'An où tous ceux qui sont bien intentionnés s'engagent à faire mieux dans un domaine ou dans un autre de leur vie pour l'année à venir. Houram et David étaient alliés et amis, mais les relations avec Salomon seront plus difficiles.

Versets 4-5

Je continue le texte.

Le Temple que je vais bâtir sera grand, car notre Dieu est plus grand que tous les dieux. Mais qui donc serait capable de bâtir un Temple à sa mesure, alors que le ciel dans toute son immensité ne peut le contenir ? Et moi-même, qui suis-je pour ériger un Temple pour l'Éternel ? Je peux tout au plus construire un lieu où l'on brûlera des sacrifices devant lui (2Chroniques 2.4-5).

Comme je l'ai déjà dit, Salomon ne croyait nullement que le Créateur du ciel et de la terre allait habiter ce Temple. C'était simplement un lieu de rencontre, un endroit où le roi allait offrir des sacrifices afin d'avoir accès à l'Éternel.

Aujourd'hui, il n'est plus nécessaire d'immoler des animaux. La justice parfaite de Dieu a été entièrement satisfaite par le sacrifice du Christ, l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. C'est ce qui a ouvert tout grand le portail du royaume de Dieu à quiconque s'approche de lui par l'intermédiaire de Jésus. Il est le chemin qui conduit au ciel ; la porte qui ouvre le paradis, la seule et unique source de la vie éternelle. C'est ce qu'il a dit de lui-même. Je le cite :

Le chemin c'est moi, parce que je suis la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi. Je suis la porte par où passent les brebis ; Je suis la résurrection et la vie. Celui qui place toute sa confiance en moi vivra, même s'il meurt (Jean 14.6 ; 10.7 ; 11.25-26).